Indymedia Grenoble

A la fac de Grenoble, accueil des migrant.e.s et solidairité

mercredi 13 décembre 2017 par anonyme

[Infos locales] [Mouvements lycéens / Etudiants]

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Suite à l’occupation de l’l’amphithéâtre G du bâtiment CLV de l’Université lundi 4 décembre dernier, la direction de l’université propose aux migrant.e.s et aux militant.e.s des locaux chauffés jusqu’au 22 décembre contre l’abandon de l’occupation, et sous entend l’intervention de la police en cas de refus. Au vu de la situation de la majorité des migrants, il est décidé d’accepter la proposition. Une cinquantaine de migrant.e.s et quelques militant.e.s vivent donc depuis mardi dans ces lieux renommés « le Patio solidaire » (qui a désormais une page facebook du même nom).

Le compte rendu de l’assemblée générale du vendredi 8 décembre, co-écrit par les migrant.e.s et les militant.e.s, porte la voix de ce mouvement :

"L’assemblée générale de vendredi dernier fut l’occasion de discuter de la proposition de la préfecture de reloger les occupants du patio dans un centre d’accueil géré par le 115, dans le cadre du plan grand froid. Les occupants, demandeurs d’asile ou non, ont témoigné de leur refus de cette solution jugée insuffisante et criminalisante. En effet, les gymnases ferment la journée, et le contrôle systématique des identités entraine un climat de suspicion qui n’est pas souhaitable pour un public fragilisé qui a besoin d’un espace de vie stable.

Plusieurs demandeurs d’asile se sont exprimés au sujet de leurs vécus. Ils nous ont détaillé la complexité des procédures administratives et bureaucratiques de l’Etat français, pas toujours accessibles à ceux qui ne sont pas francophones. Les demandeurs d’asile ont aussi témoigné de leur parcours très difficile et toujours compliqué par certaines législations, notamment à travers les trois procédures : normale, Dublin et accélérée. Ces procédures sont mises en place en vue de décourager celles et ceux qui cherchent une protection après un exil. C’est pourquoi la lutte que nous menons est politique : elle ne se limite pas aux seules questions d’hébergement à court terme. Ainsi, l’assemblée générale a permis de clarifier nos revendications :

Nous voulons :
- Pouvoir rester au patio après le 23 décembre, bâtiment vide et chauffé, dont l’occupation autogérée demande un investissement très minime de la part de la préfecture et de l’université, si une solution acceptable pour les résident-e-s actuel-le-s n’est pas proposée.
- L’accès pour toutes et tous à un logement et à une vie libre et digne.
- Le droit au travail pour toutes et tous.
- L’arrêt de la procédure Dublin dans l’Union Européenne.
- La libre circulation des demandeurs d’asile dans l’espace Shenghen.
- La prise en charge par l’OFII : Office Français de l’Immigration et de l’Intégration. L’OFII coordonne et anime le Dispositif National d’Accueil (DNA) des demandeurs-euses d’asile et des réfugié-e-s.

Réponse au communiqué de presse de l’université. Compte-tenu de nos revendications, que nous partageons avec les autres mouvements d’occupation en France, nous n’avons pas encore eu de propositions acceptables de la part de la préfecture, c’est pourquoi nous demandons le prolongement de notre autogestion de ces locaux au-delà de l’échéance du 23 décembre. Cette proposition que nous faisons est bien en accord avec les valeurs de solidarité et d’humanisme, réaffirmées par Patrick Lévy, président de la CoMue, ainsi que dans le communiqué de presse de l’UGA du 5 décembre : « cette démarche, conforme aux valeurs de solidarité et d’humanisme de la communauté universitaire, est dans la continuité d’une série d’actions conduite depuis deux ans en faveur des réfugiés ».

Après une semaine passée ensemble, nous observons que notre démarche collective produit une grande richesse d’échange qui ne peut pas exister dans le cadre d’un hébergement d’urgence de type plan grand froid. Humainement, la rencontre entre des individus tous différents génère des liens très forts. Le patio est un lieu spécial, où nous apprenons le vivre ensemble. Les propositions pour l’après 22 décembre restent ouvertes, et nous demandons le soutien des associations, des étudiant-es-s, des syndicats, des collectifs autonomes, de la direction de l’université et de la préfecture pour que notre action puisse vivre.

Les résidents du Patio, les membres des collectifs (la Tambrouille, Patate chaude, Front Social), des associations (DAL 38, RUSF, CISEM, ADA, APARDAP, CIMADE, Médecins du Monde, Amnesty International), le mouvement de la France Insoumise, des syndicats : Solidaire Etudiant, CNT, UNEF, NPA Jeunes, et autres militants divers."



Compléments d'informations :
Pétition
par anonyme,
le 14 décembre 2017

Une pétition lancée Soutien aux exilés habitant le Patio (Saint Martin d’Hères) https://www.change.org/p/le-patio-s...

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