Indymedia Grenoble

Contre la récupération, « chacun doit faire sa part » - Droit de réponse à la brève « des repas pour les migrants »

mercredi 14 février 2018 par anonyme

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps] [Logement / Squats] [Soupe politicienne]

Indymedia Grenoble fonctionne selon le principe de la publication ouverte, c’est à dire que chacun·e peut y publier une contribution (textes photos, liens). Le collectif de modération n’est pas l’auteur des contributions. Celles-ci n’engagent que leurs auteur·e·s. L'équipe d'administration − comme indiqué dans la charte − n’a pas à porter de jugement collectif sur les contenus publiés.

Communiqué du 11/2/2018 « Droit de réponse à la brève « des repas pour les migrants » »

Au nom des habitant.e.s et des militant.e.s du Patio Solidaire (bâtiment vide mis à disposition par l’université à la suite d’une occupation pour héberger les personnes sans logis du fait des carences de l’État), nous souhaitons remercier M. Piolle pour son grand geste.

Malgré l’avis défavorable et motivé des militant.e.s contacté.e.s, une demi-palette de nourriture totalement inadaptée aux besoins du lieu a effectivement été livrée au Patio sur demande expresse de la mairie. Une bonne action comme celle-là vaut bien un communiqué, sans doute, à la gloire d’une mairie « allant bien au-delà de ses compétences », comme le dit son maire !

Le Patio, qui n’a pas vocation à servir de décharge d’accueil du gaspillage des cantines scolaires de la ville, rappelle qu’il s’est ouvert du fait des carences de l’État et du refus de prise en charge par la même mairie des personnes sans logis pour la plupart demandeuses d’asile. Si le Patio Solidaire est reconnaissants des efforts du CCAS pour « rectifier le tir » à l’avenir, il demande néanmoins aux institutions municipales de cesser d’utiliser le Patio, actuellement au maximum de ses capacités d’accueil, pour se délester de la responsabilité des personnes qu’elles ne peuvent prendre en charge, d’autant plus sans nous en prévenir (merci appeler pour demander au 0611249836).

Expulsions de camps d’hébergement d’urgence et de squats d’habitation, refus de mise à disposition de ses bâtiments vides, participation active aux coupures d’énergie juste avant et pendant l’hiver, tentative de domptage et de mise en concurrence des squats sauvages par le biais de conventions indignes, la mairie de la métropole apaisée ne cherche-t-elle pas à racheter à bon compte au Patio sa réputation en matière de logement ?

Si l’engagement de M. le Maire en faveur des « migrant.e.s » est sincère – telles qu’en témoignent ses interviews récentes – celui-ci ne peut-il pas nous assurer de son soutien dans la perspective du 31 mars prochain où les habitant.e.s du Patio, menacés d’expulsion, se retrouveront de nouveau sans le logement auxquels ils ont droit ? Ne peut-il pas œuvrer pour leur permettre un accès effectif à leur droit au logement en dépit de ce qu’il n’a pas fait jusqu’ici ? « Chacun doit faire sa part », il n’est jamais trop tard ! Si à cette fin M. Piolle souhaite passer au Patio, nous l’accueillerons comme il se doit. Si c’est avec des intentions différentes, il lui faudrait prévoir un imperméable.



Compléments d'informations :
reflexion critique
par MD,
le 15 février

Suite à la lecture de votre brève réponse à la ville de Grenoble à propos de la récupération politique via le don des repas pour les habitant.e.s du patio. J’ai une remarque à vous faire sur une phrase qui m’a particulièrement fait gerber en la lisant.

Je cite : « Le Patio, qui n’a pas vocation à servir de décharge d’accueil du gaspillage des cantines scolaires de la ville  ».

Expliquez-nous plus en profondeur le sens de cette phrase particulièrement nauséabond et plaintif à souhait. Moi et d’autres personnes, nous aimerions avoir plus de précision sur le fait que ce don alimentaire soit inadapté aux besoins du Patio. Nous sommes issus du milieu associatif/collectif d’aide alimentaire — solidarité.

Personnellement hormis ça, je suis 100 % d’accord avec le reste de votre texte à propos de la municipalité Piolle. Courage et solidarité avec vous tous.

à MD
par anonyme,
le 17 février

je ne connais pas cette histoire, mais je trouve plutôt naze de refiler de la merde à bouffer aux pauvres et de présenter ça comme un cadeau... notez que la vendre à nos gosse c’est pas terrible non plus hein... quand t’es pauvre et qu’on te donne de "l’aide alimentaire", en général, t’as le choix de rien : si le "charitable bénévole" de l’autre côté du comptoir décide que tu vas bouffer du cassoulet froid pendant une semaine, c’est son choix, son droit, alors c’est sympa de voir des gens pendre le problème dans l’autre sens...

Juste un intérogation, je vais aussi dans votre sens
par MD,
le 18 février

Bonsoir, je suis d’accord que généralement les gros structures associatifs ainsi que la ville de Grenoble refile de temps à autre de la merde en boite aux personnes précaires sans qu’elles est le choix et au bon vouloir de la structure associatif.

Un article de ma main qui va plutôt dans votre sens et qui est critique du mon associatif et de la lutte contre le gaspillage alimentaire : http://lapetitetuile.fr/monde-assoc...

Bonne soirée.

Ajouter un complément d'information


copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.