Indymedia Grenoble

La Casemate, un journaliste, des entreprises de « haute technologie » et la région AURA sont dans un bateau…

lundi 19 mars 2018 par anonyme

[Infos locales] [Sciences / Nécrotechnologies] [Média]

Indymedia Grenoble fonctionne selon le principe de la publication ouverte, c’est à dire que chacun·e peut y publier une contribution (textes photos, liens). Le collectif de modération n’est pas l’auteur des contributions. Celles-ci n’engagent que leurs auteur·e·s. L'équipe d'administration − comme indiqué dans la charte − n’a pas à porter de jugement collectif sur les contenus publiés.

France 3 vient de sortir un article annonçant le prochain possible financement de la réfection de la Casemate par la région Auvergne-Rhône-Alpes. À hauteur de cent-mille euros ! Oui, rien que ça.

Journaliste, sais-tu lire ?

Bon, je pourrais déjà commenter rapidement l’amateurisme certain de l’auteur de l’article, qui enchaîne les erreurs et les raccourcis grossiers.

Je déduis de ma simple capacité à lire que je peux faire un meilleur boulot qu’un personne payée pour faire de l’information.

Pour commencer, il donne le lien de la revendication de l’incendie de la Gendarmerie de Grenoble en septembre dernier. Oui, à la place de la revendication de l’incendie de la Casemate, qui a eu lieu deux moi plus tard.

Plus loin, l’auteur de l’article donne un lien vers ce qu’il présente comme un autre texte des incendiaires présumés… sur Indymedia Nantes. Alors que le texte est le même que celui en réalité publié sur Indymedia Grenoble… mais à un autre endroit que ce qu’il indiquait.

On passera rapidement sur l’utilisation du terme « technophobe », volontairement orienté : après tout la neutralité est un mythe de journaliste et je ne saurais pas lui reprocher. Peut-être aurait-il pu utiliser « techno-critique » ?

Enfin, il écrit que « le site Indymédia récuse l’appellation anarcho-libertaire » en pointant la republication de l’article « Guillotinons les anarcho-libertaires »… Oui sauf que…
- en fait, cet article n’a pas été écrit par l’équipe d’Indymedia Grenoble… et c’est indiqué dans le chapeau de chaque article. Il n’a pas du aller au delà du titre de celui-ci.
- que l’article ne cherche pas à dédouaner Indymedia Grenoble de l’appellation d’« anarcho-libertaire » : il met en exergue le pléonasme, et en critique l’utilisation. Pléonasme que le type de France 3 continue lui-même à utiliser. Peut-être que s’il lit cet article (à condition d’être capable de lire en plus d’écrire trop vite et sans vérification), il cessera d’utiliser ce pléonasme. Incessamment sous peu. Peut-être même au jour d’aujourd’hui. À partir de dorénavant. Après avoir reçu une autorisation préalable de son chef supérieur (c’est important la hiérarchie pour se dédouaner de son incompétente impéritie).

Bref…

Cet article nous apporte quand-même cette information : la Casemate, repère d’« idiots utiles » (dixit le Postillon) va toucher 100 000 balles de plus.

Paye ta Casemate

Alors bon, je ne vais pas défendre ou attaquer sur la pertinence l’incendie de ce bâtiment (d’autant que ça risquerait de faire refuser cet article) au delà de ceci : au final, pragmatiquement, ça se sera avéré contre-productif.

Bon… Par contre ce qui se passe en terme de financement reste critiquable. On a vu ici des gens (des camarades de lutte ?) venir défendre la Casemate comme étant avant tout un lieu de partage de savoir et d’un moyen d’apprendre à s’autonomiser techniquement et à se séparer de grands groupes de type « GAFAM », pour reprendre l’expression à la mode.

Oui… mais non, en fait. Déjà, on pourrait faire des critiques sur la surface. Par exemple, leur site internet embarque des publicités et des traqueurs Google. Okay. Super cohérent.

Ou bien parler − par exemple − de Marion Sabourdy (la « chargée des nouveaux médias » de la Casemate), techno-dépendante, capable de passer plus de temps sur Twitter qu’un Antoine Back amphétaminé, ainsi que de faire des conférences pour dire à quel point son réseau social fétiche, évidemment capitaliste et centralisé est vraiment trop trop bien.

Et ceci n’est justement que la surface d’une structure qui, comme le révélait encore le Postillon est ou a aussi été financé (régulièrement ou épisodiquement) par… Schneider Electric, Enedis, Giant ou STMicroelectronics, le Commissariat à l’énergie atomique, Génération Robots, Xerox, l’Institut des neurosciences, Orange…

Contrairement à ce qui a pu être avancé, la Casemate n’est pas un lieu d’émancipation. À la lumière de ces faits, il faut être naïf pour ne pas le voir. Et dire que certains ont avancé de leur argent personnel pour la Casemate incendié par les vilains anarcho-libertaires.

Ou si elle l’est, c’est dans des marges hyper-restreintes. Si tel n’était pas le cas, elle ne recevrait pas de telles subsides. Si elle en reçoit c’est, au mieux, parce-qu’elle est l’outil de ces entreprise à « produire leur propre critique, à la laisser couler dans son sang pour mieux s’en immuniser ».

Alors bon, que la Casemate soit ainsi un outil du capitalisme numérique, c’est une chose… Qui devient plus gênante quand on se rend compte qu’en 2014 elle engloutissait déjà 1,7 millions d’euros par l’argent public (la Métropole, la ville de Grenoble, la région, l’État, l’Europe).

Fallait-il vraiment engloutir 100 000 balles de plus d’argent régional dans cet outil de promotion ou de « damage control » pour grands noms de l’électronique ? Alors que ces grands noms le financent déjà par ailleurs ?

Mais au fond, c’est parfaitement cohérent avec d’autres politiques régionales menées par Laurent Wauquiez : financer les grosses boîtes, comme récemment en Chine… en espérant un retour sur investissement. Hypothétique. Dont profiteront d’autres moins fortunés par ruissellement (haha). Peut-être. Un jour.

Et si on faisait autre chose de cet argent ? À part nous rendre tous techno-dépendant. Avec l’aide de l’autonomisation-knowledge-washing de la Casemate.

À la théorie du ruissellement, opposons la théorie de l’inondation : une fois le pognon distribué à tous, on pourra renverser le bateau dans lequel sont la Casemate, le journaliste et toutes ces entreprises de merde et la région (liste non exhaustive)… et les y noyer.


Plus d’informations sur le site du Postillon :
- Pour sauver le climat, ils plantent des arbres virtuels ! (Oct / Nov 2015 / N°32)
- Les Makers m’écœurent (Avril-Mai 2017 / N°40)



Ajouter un complément d'information


copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.