Indymedia Grenoble

Un petit air de « Tarnac » aujourd’hui 24 avril au tribunal de Gap (05)

mardi 24 avril 2018 par anonyme

[Migrations / Sans-paps] [Répression / Contrôle social] [Autres infos]

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Cet après-midi à Gap, trois personnes sont passées en comparution immédiate pour « aide à l’entrée irrégulière de personnes sur le territoire en bande organisée ».

Samedi une centaine de membres de Génération Identitaire ont bloqué la frontière au Col de l’Echelle sans être inquiétées par les forces de l’ordre. Les forces de l’ordre se sont contentées d’observer, aucun plainte n’a été déposée malgré les dégradations qu’ils ont commis (dans et autour d’un refuge d’altitude en zone protégée) et le fait qu’ils aient d’autorité interdit la libre circulation à la frontière.

Dimanche une marche solidaire s’est spontanément organisée au départ de Clavière (Italie) pour accompagner une trentaine de migrants qui risquaient d’être pris à partie par les "identitaires" restés dans le Briançonnais (Hautes alpes). Parvenus à Montgenève, un cordon de gendarmes barrait la route pour interdire au cortège de passer la ligne frontalière. Ce cordon quasi symbolique a tout d’abord reculé devant les marcheurs avant d’être contourné sans heurts ni violence. L’ensemble des personnes, pour la plus grande part des "non-ressortissants français" est ainsi descendu ensuite jusque Briançon où les migrants ont pu être accueillis par les structures solidaires installées en ville.

En soirée, alors que la manifestation était dissoute, les forces de polices ont mené plusieurs interpellations en ville et six personnes, parmi les quelques 150 participants, ont ainsi été déferées devant le procureur de Gap. Trois ont été retenues, les trois autres n’ayant pas pu être identifiées sur des photos prises lors du passage de la frontière.

Les trois personnes retenues, un suisse, une italienne et un jeune homme ayant la double nationalité suisse et belge ont donc comparu cet après-midi, assisté par deux avocats commis d’office. Une trentaine de personnes solidaires ont pu assister à l’audience après avoir du produire leurs pièces d’identité (qui ont été photocopiées) lors du passage du sas de sécurité…

L’audience a permis d’entendre que ces trois personnes avaient un casier judiciaire vierge, en France comme dans leur(s) pays d’origine, qu’elles étaient inscrites dans des cursus universitaires avec prochainement des examens à passer ou qu’elles devaient tout aussi prochainement être embauchées (comme maître nageur). Aucune marque de délinquance ni d’immoralité d’aucune sorte n’ont pu leur être attribuée par le procureur qui a d’ailleurs répété plusieurs fois « qu’elles étaient fort sympathiques »…

Compte-tenu de la lourdeur de la peine qu’ils encourraient, sept à dix ans (puisque la circonstance aggravante de « bande organisée » a été retenue par le procureur), ce dernier a demandé au tribunal de placer les trois personnes sous mandat de dépôt. Si, selon lui, elles devaient pouvoir assumer leur responsabilité pour avoir participé à ce qu’il considérait comme un grave délit, il considérait par contre que, du fait de leurs nationalités, un simple contrôle judiciaire ne pouvait suffire à garantir qu’elles viennent se présenter lors de leur procès à venir (le 31 mai). Dans le cas où aux juges ne retenaient pas la mise en détention, il a subsidiairement proposé de prononcer ce contrôle judiciaire dont il a dit douter de l’efficacité.

Lors de leur plaidoirie les deux avocats ont très bien su démontrer l’inutilité d’une mise en détention, d’autant que les trois jeunes personnes étaient tout a fait d’accord pour se présenter au procès. Bien que cela n’ait pas été dit lors de l’audience, le fait qu’elles soient déjà représentées par des avocats n’imposait même en rien qu’elles assistent physiquement à ce futur procès.

Après délibération, les juges ont prononcé la mise en détention. L’assistance en est restée abasourdie, tout comme les avocats, pour qui cela représente un précédent juridique, aucune personnes ayant participé à une marche solidaire n’ayant encore jamais été mise en détention provisoire jusqu’à ce jour. Les deux avocats vont voir les recours dont ils disposent pour demander la libération de leurs clients.

Le réseau de citoyens est en alerte.

Tout le monde est choqué.

En dehors d’un positionnement politique cette décision n’a aucun sens et ce positionnement n’augure rien de bon en matière de justice.



Compléments d'informations :
Récit de l’arrestation d’une des personnes jugées sur Vallées en lutte : « Suite à la marche de dimanche, une personne prise pour cible par la police à Briancon »
par anonyme,
le 25 avril

https://valleesenlutte.noblogs.org/...

Ci dessous le détail des faits qui se sont produits dimanche soir à briançon

Deux policiers blessés ? Une farce…

Un dimanche 22 avril, 19 h30, à Briançon

Nous étions cinq personnes attablées à la terrasse de l’Hôtel de la Gare à Briançon. Nous avions quitté le refuge solidaire ou venait de se terminer la marche de Clavière à Briançon avec des exilés coincés là haut depuis quatre jours.

Nous sirotions tranquillement un verre lorsque deux véhicules banalisés se sont garés à proximité. Entre cinq et six policiers, certains en civil, sont descendus et se sont dirigés vers nous d’un pas déterminé.

Ils sont montés sur la terrasse par les deux escaliers y donnant accès, nous encerclant.

Nous étions assis. Le plus gradé d’entre eux nous a stipulé un contrôle d’identité. Surpris, nous avons demandé quel en était le motif. Il a répété que nous devions lui présenter nos papiers.

Nous avons obtempéré, sauf deux d’entre nous qui ne les avaient pas sur eux mais dans leur voiture garées tout près. Les policiers ont ensuite pris des photos des papiers d’identité et ont demandé à l’un d’entre nous de les suivre. Ce dernier leur a demandé pour quelle raison puisqu’il venait de contrôler son identité.

Un des policiers, qui commençait à rougir lui a répondu « on va pas te le répéter deux fois ».

Notre ami a donc sorti son téléphone pour prévenir son avocat qui suit les mouvements de solidarité avec les exilés et… c’est à ce moment là que les policiers lui sont tombé dessus, arrachant son téléphone, le projetant au sol, lui sautant dessus

Face contre terre, coups de matraque, clef de bras, coup de genoux, pouces enfoncés dans les yeux, étranglement… pendant plusieurs minutes une violence extrême s’est abattue sur notre compagnon.

Il hurlait de douleur, nous étions abasourdis.

Une telle violence pour un simple contrôle d’identité…

Un policier resté en retrait leur a même demandé d’y aller moins fort.

Notre ami fut ensuite traîné par les pieds dans les escaliers toujours face contre terre et jeté sur le goudron deux mètres plus loin.

Alerté par les cris, des gens autour sont arrivés en courant et ont récupéré notre compagnon en train de se faire lyncher.

Les policiers ont gazé tout le monde, y compris notre ami gisant au sol.

Il fut finalement porté à bout de bras, le visage tuméfié, en sang, la mâchoire gonflée, respirant difficilement et aveuglé par les gaz lacrymogènes.

Souffrant de multiples contusions, d’un énorme hématome à la mâchoire, d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée, il est parti aux urgences.

Dix jours d’ITT.

Vous avez la monnaie monsieur l’agent ?

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