Indymedia Grenoble

Espoir dans le mouvement actuel

jeudi 6 décembre 2018 par Cerise et Grenade

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Le mouvement des gilets jaunes a commencé suite à une augmentation des taxes sur l’essence. C’est une mesure fiscale injuste, certes, puisque les plus touchés sont ceux qui font de longs trajets en voiture pour aller travailler, mais bien édulcorée de bons sentiments écologiques, je ne pensais pas qu’elle remue les foules et je ne me sentais pas moi-même suffisamment indignée pour manifester. Cependant, d’autres revendications sont venues étoffer cette colère, concernant la baisse des retraites et l’injustice fiscale notamment. Et l’Etat n’a pas trouvé mieux que d’envoyer les CRS, comme d’habitude… Sauf que depuis quelques années, les manifestations sont violemment réprimées et leurs revendications, simplement ignorées. Progressivement, le peuple qui constitue ces cortèges réalise à quel point son pouvoir démocratique est bafoué, il organise des moyens de secours pour ses blessés et même des ripostes violentes en réponse à la violence policière. L’image de l’affreux casseur qui décrédibilise le mouvement des honnêtes citoyens pacifiques, que les medias principaux ressassent aux mémères agrippées à leur poste de radio, trompe de moins en moins de gens. Et le mépris de l’Etat pour le point de vue des manifestants pacifiques établie l’action directe comme un moyen bien plus efficace de se faire entendre, et même indispensable. En parallèle de cette évolution des pratiques de lutte, les idées se forgent :

Face au mépris des gouvernants pour leurs propres promesses de campagne, et les engagements pour lesquels ils ont été élus ; Face à une distribution du travail aberrante où 80% de la population « active » voit sa vie et sa santé entièrement dévorées par le travail alors que les 20 autres pourcents sont maintenus au chômage et dans la misère afin d’aneantir la dignité des travailleurs et toute velléité d’amélioration de leurs conditions ; Face à une distribution des richesses absurde ou les impôts payés par les salariés sont redistribues aux entreprises pour embaucher des travailleurs précaires sans sortir un sous ; Face à la montée de la dépendance financière et même de la faim chez ceux-là même qui produisent la nourriture pour tous ; Face à l’utilisation des progrès scientifiques et techniques, et de la hausse de productivité qu’ils ont permise, contre ceux qui les ont financés par leurs impôts, et dans un objectif de croissance économique incompatible avec la nature et l’environnement dont nous dépendons tous ; Face à l’insécurité et à l’intolérance que génèrent les inégalités sociales, et la surveillance de masse qu’elles justifient ; Face à la « société du spectacle » ou l’on ne peut plus se fier à la parole de quiconque parce que la publicité remplace la vérité ; Souvenons-nous que d’autres modes d’organisation ont été proposés par de grands penseurs :
- Prendre les décisions politiques, économiques et sociales par consensus à toutes les échelles de l’organisation sociale. Elire, quand c’est nécessaire, des représentants assignés à une tache ponctuelle et révocables à tout moment.
- Participer à la production chacun selon ses moyens, et selon une répartition efficace qui profite de l’augmentation de productivité pour permettre à tous, partiellement libérés du travail, de s’investir dans des activités de loisirs, de création, de partage, de réflexion…
- Reconnaitre la force des travailleurs, qui ne sont pas des quémandeurs d’emploi, d’aides sociales ou de subventions, mais la source de richesse de la société, cette organisation humaine ayant pour but de permettre à tous de vivre dignement, et qu’ils peuvent en retirer la fierté qu’ils méritent.
- Décider de l’orientation de la science pour qu’elle permette la compréhension du monde, inspire la philosophie et l’humanité, et libère l’Homme de l’obscurantisme religieux, tout en soutenant le progrès technique dans le but d’affranchir l’être humain du travail.

Ce mouvement des gilets jaunes a le mérite d’être né libre des syndicats et partis politiques établis qui visent toujours à maintenir l’organisation sociale qui les a portés au pouvoir. Riches des enseignements et expériences de l’Histoire, profitons-en pour ne pas se limiter à négocier des miettes. Visons un monde juste. « Nous n’avons que nos chaines à perdre ! »



Compléments d'informations :
c’est faux
par anonyme,
le 8 décembre 2018

L’image de l’affreux casseur qui décrédibilise le mouvement des honnêtes citoyens pacifiques, que les medias principaux ressassent aux mémères agrippées à leur poste de radio, trompe de moins en moins de gens. Et le mépris de l’Etat pour le point de vue des manifestants pacifiques établie l’action directe comme un moyen bien plus efficace de se faire entendre, et même indispensable.

Et bien aujourd’hui on a eu la preuve que c’est faux. La plupart des personnes étaient non violente/pacifiste/anti casseur, plusieurs menaces avant même qu’il se passe quelque chose. C’est bon vieux gilets jaunes (sans en faire une généralité) qui ont protégé des fachos. Et bien sur on ne comptera pas les centaines de collabo qui prennent des photos et qui film la manifestation en pensent « être utile au mouvement » même quand tu leur explique gentilement qu’ils donnent surtout plus de pouvoir au système répressif.

Mais bon c’est pas grave hein...

Allez citoyen-ne, on va prendre la pref... mais en douceur svp.

solution : distribution de phalanges ?

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