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Brise-Glace, Grenoble, Capri, c’est fini
envoyé le 13/03/09 Mots-clés  Logement / Squats  Alternatives / Contre-culture 

Le Brise-Glace, deuxième plus ancien squat de Grenoble (après le 102, semble-t-il), va fermer pour une durée indéterminée, et pas un mot, pas une affiche, un article, une banderole, RIEN. Même pas un sticker dans un vernissage, sur un gobelet, dans les chiottes d’un bar.

Ouvert il y a genre 15 ans et occupé depuis par des ateliers et autres trucs intraduisibles, le Brise-Glace, ce vieux bateau artistico-multiple, doit se faire refaire une beauté par les services de la Ville, une Ville qui ne plaisante plus avec son parc foncier.

Finies les conneries à Grenoble. Il faut rentabiliser le moindre pouce de terrain, communiquer sur les aspects les plus ’’attirants’’ de sa ville, et nettoyer le reste.

Pour une fois, un squat ferme et on en parle pas. C’est parce que les artistes squatteurs sont méchants.

D’un côté regardés de haut, avec mépris, profiteurs et feignants qu’ils sont, ne rapportant pas d’argent, voire nuisibles s’ils ouvrent trop leurs gueules. Des inutiles sociaux, gâtés, médiocres, sans intérêt. Puis, du côté des donneurs de leçons alternocrates, vus de travers parce que : squats d’artistes = social’-traîtres du mal, voués au capital et à la fornication. Pas comme les VRAIS squatteurs exemplaires et straights du tra-la-la-la-lère ambiant. Pas comme les militants fils d’ouvrier (mais d’ouvriers sûrement très, mais alors TRES TRES qualifiés..) tenant le haut d’un pavé qu’on ne lance que le soir de Noël, sur la télé de ses vieux.

D’un côté comme de l’autre, on prétendra facilement que « squats d’artistes = refuges de cancres » - qui donnent le mauvais exemple de ce qu’il FAUDRAIT faire d’un bien aussi précieux qu’un bâtiment à l’abandon.

Par temps de Crise, tel ou tel dogme dit que vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez (eue) !

Enfin bref, la rumeur dit que le Brise-Glace « ferme pour travaux »...

D’autres services qui nous lisent, tout aussi municipaux et/ou fliqués, voudraient sans doute voir ici précisé comment, où, et pourquoi ces travaux.. Et par exemple : que deviennent les occupants du lieu ?

Mesdames, messieurs, sachez qu’on leur a donné presque ce qu’il faut d’espace pour qu’ils la bouclent et n’y reviennent plus. Un garage, une maison, on dit même que certains sont morts. La police les suit, leur vie est devenue infernale, il y a des collabos partout, etc.

Bref, pour ceux qui ne s’en seraient pas aperçus, la fête est finie, personne ne pourra plus se pointer au Brise-Glace pour demander un atelier ou un coup de main, ou aller s’éclater dans des réunions folkloriques. Oui, il faudra désormais se montrer responsable et sérieux, avec des projets compréhensibles pour le premier huissier venu.

Justement, et par contre (on peut se renseigner si on croise un ancien), il faudrait connaître et faire connaître le nombre de personnes ayant pu être aidées, logées, débrouillées, au Brise-Glace, en environ 15 années d’office... ça doit faire plusieurs centaines, divisées entre titulaires d’ateliers, occupants d’urgence, gardes champêtres, passantEs et groupes en résidence... Sans compter le public reçu et les excuséEs.

C’est un peu injuste de faire comme si de rien n’était.

Quoiqu’on pense du lieu et de sa population, il y a une quinzaine d’années d’existence derrière, ce n’est pas rien.

Ceux qui ne veulent pas communiquer eux-mêmes, ça les regarde. Nous, on le dit ici, haut et fort : bravo, merci et à la revoyure, bonne chance à cette bande de cinglés des annales.

Longue vie aux engueulades.


envoyé le 13 mars 2009 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Compléments
  • 13 mars 2009 19:04, par Casimir

    Cet article est complètement hallucinant.

    En gros, des « ancienNEs » demandent à une éventuelle relève de lutter à leur place, c’est ça ?

    Perso, j’ai passé la trentaine et je n’ai pas fini de lutter, pour moi, pour les autres, pour tout le monde, mais je ne délègue pas, et surtout, je ne lutte pas à la place des autres et encore moins au nom des autres ; ça a toujours été comme ça et ça n’est pas près de changer. Et si ça ne suffit pas pour renverser ce monde et poser des bases pour un autre qui soit moins pourri, ça reste une démarche nécessaire.

    Les vieux qui disent « à vous de jouer, les jeunes », y’en a marre ! Et pire, les vieux qui disent « vous ne luttez pas pour nous, vous êtes vilains, nous ne sommes pas assez bien pour vous, c’est ça ? », ça me fait carrément pitié. Ce sale mélange de culpabilisation de ceux et celles qui luttent avec un positionnement victimiste à balles-deux, franchement... Je ne vais pas pleurer le Brise-Glace, ça non. Ce lieu, ouvert depuis une quinzaine d’années, n’a jamais été présent dans les luttes sur le logement, contre la propriété privée, en solidarité avec les squats en général. Tout juste bon à mettre en avant son identité de squat d’artistes pour espérer être bien vu par la mairie et consorts. Non, je ne vas pas pleurer le Brise-Glace, je ne ferai pas de stickers, d’affiches ou je ne sais pas quoi pour dire « c’est trop triste la fin du Brise-Glace », désolé.

    Si des artisteux sont révoltés par la fin du Brise-Glace, qu’ils se bougent donc le fion pour le faire savoir. Y’a pas de professionnels de la lutte, vous savez ! On n’est pas payés pour lutter, on lutte pour nos idées, avec nos moyens, nos affinités, etc.

    Pour finir, je voudrais juste dire que j’ai squatté pendant près de dix ans dans des squats « politiques » (anarchistes, oui oui) et que mes parents sont des prolos qui ont trimé toute leur vie (vivement la retraite, quoi). Si je n’ai pas envie de faire comme eux (me faire exploiter par un patron ou par l’Etat), ce n’est pas parce que j’ai les thunes de papa-maman mais bien parce que ça m’a rendu triste de les voir gâcher leur vie. Et leur vie est pourtant banale, c’est celle de millions de gens, qu’on appelle « classe moyenne » ou « prolétariat ». Je ne dis pas que ma vie est « mieux », je me débrouille, on se débrouille, on survit. Mais purée arrêtez de faire les moralistes, arrêtez de traiter « les squatteur-e-s » de « petits-bourgeois », j’ai l’impression de lire le Dauphiné Libéré" ou d’entendre parler Olivier Noblecourt (encore un qui est bien placé pour faire des leçons de prolétarisme...).

    Retrouvons-nous donc dans la rue, dans les luttes sociales, et peut-être on renouera, enfin non, peut-être on nouera des liens ensemble, une confiance réciproque, une envie de vivre des trucs ensemble. Mais là, faut pas se foutre de notre gueule, quoi.

    NB : J’espère que ce commentaire sera publié malgré le ton un peu « offensant », parce que bon, y’en a marre du pseudo consensus permanent, des fois c’est difficile de ne pas la fermer et tout aussi compliqué de l’ouvrir sans heurter des sensibilités. Hé ouais c’est pas facile, la vie, merde alors.

    Vive la solidarité intersquat !
    A mort l’artiste !

  • 14 mars 2009 02:12, par les boules

    Bon. Là, il y a vraiment erreur.

    L’auteur du commentaire précédent n’a visiblement pas compris l’article.

    Il ne s’agit pas de demander quoi que soit à qui que ce soit.

    C’est même le contraire, vous l’aurez peut-être noté : on s’est justement donné la peine de faire circuler une information qui semblait tarder à être diffusée !

    Quoi de polémique là-dedans, et quel curieux détour l’auteur du commentaire a-t-il bien pu emprunter pour se croire visé ?

    Il était question de faire remarquer la fin d’un lieu, « quoi qu’on pense de sa population », et ce « on » concerne aussi bien les auteurs du premier article que de potentiels détracteurs.

    Ce sont PRECISEMENT les actuels ou récents occupants de ce squat qui n’ont pas communiqué sur sa fermeture, et subsidiairement cette absence d’information que nous déplorions.

    Alors, qu’est-ce que c’est que cette embrouille ?

    Personne n’a parlé d’utiliser des « jeunes » pour faire le travail de « vieux » - et on ne voit d’ailleurs pas très bien de qui il s’agirait, ni d’où ça sort, mais bon. L’auteur doit avoir des trucs à régler avec « eux », ceux du B.G.

    L’auteur du commentaire n’a donc pas du lire l’article, ou se trompe de sujet, ou se fait un devoir de reproduire des visées personnelles au sein des propos d’autrui, comme si, extrapolant entre les lignes, son interprétation validait sa ré-écriture du sujet.

    Pourquoi pas ? C’est rigolo.

    Comme d’être comparéEs à l’ancien directeur de cabinet du maire, là où nous critiquions justement l’action de son équipe.

    Enfin, ce Casimir nous parle d’intelligence et de concertation dans les milieux politiques aternatifs grenoblois. Il explique aussi qu’il « ne pleurera pas le Brise-Glace », ni ses « artisteux » qu’il faudrait mettre « à mort » (mais ce ne sont que des mots). Là, pour l’action concertée (entre qui et qui, d’ailleurs ?), ça semble mal barré. Ici encore, why not, mort aux artistes, oui, d’accord, c’est bien ce qu’on se disait aussi...

    Quand on parlait de mépris...

    PS : non, le prolétariat et les classes moyennes ce n’est absolument pas la même chose (!), et qu’on puisse l’ignorer est assez alarmant.

  • 14 mars 2009 19:31, par radiradis

    ouais, ouais, ouais.
    ben moi aussi je le trouve gonflé cet article. C’est pas un complot des méchants squatteurs qui fait que personne en parle, c’est bien du au fait que les gens touchés par cette « fermeture » n’ont pas l’envie ou l’energie d’en parler... maintenant, toi, ancienNEs t’as l’air touché par cette « fermeture », alors pourquoi t’es agressif comme ça ? pourquoi tu dis pas juste « merde, mon ancienne maison rend l’ame et j’ai envie de bouffer l’adjoint a la culture » ? pourquoi tu tapes sur les squatteurs, sur les derniers habitants, etc ? si des gens veulent pas lutter pour un truc que tu trouve important, t’as bien le droit de dire que tu trouve ça important, après t’as pas a les juger, surtout en faisant un tas de généralités, en fabriquant des ptites cases (ouioui, tous les squatteurs anarchistes sont gosses de profs, d’ailleurs sinon ils seraient pas anarchistes, et tous vivent du fric de papa.)

    alors voila, ma théorie, ancienNEs, c’est que t’es triste, et que tu cherche des coupables pour faire la guerre et oublier d’etre triste. alors si vraiment tu veux faire la guerre, tape sur la mairie, pas sur un hypothetique groupe de gens qui penseraient tous la meme chose, qui seraient tous issus du meme milieu et qui t’auraient tous fait du mal...

    ben ouais, tu trouve des coupables que si t’en cherche, et t’es une victime que si tu veux bien en etre une, apres est-ce que c’est vraiment interessant de se poser en victime de tout toutle temps ?

    après, moi le brise glace m’a pas vraiment touché tout le temps ou je fréquentais ce monde là, je m’y suis jamais vraiment senti à l’aise, et je pense que la position souvent ambigue qu’ont eu les gens qui y habitait à ce moment-là fait que, ouais, j’ai pas l’impression qu’on m’a coupé un bras comme a d’autres expulsions. d’ailleurs cette « fermeture » est aussi ambigue que la vie du brise-glace, et l’absence de communication a ce sujet ne change pas de l’absence de communication au sujet de ce batiment tout du long de sa vie.

    voilà voilà...

  • 15 mars 2009 17:15, par Social-truite

    Bonjour,

    En tant qu’actuel ancien du Brise-Glace en partance pour autre chose, je ne souhaite pas pour autant rentrer dans une polémique stérile et je ne prendrais pas non plus la peine d’expliquer pourquoi le BG n’a pas communiqué sur sa fermeture.

    Les messages ci-dessus me font cependant me poser quelques questions...

    J’ai l’impression que lorsqu’il s’agit de squats, on est toujours confrontés à la seule dychotomie entre deux modèles, l’un qui serait celui du squat politique et qui fonctionnerait toujours selon un pur principe de communication : peu importe ce qui se passe à l’intérieur, c’est le fait de le rendre visible qui prime... Et l’autre qui serait celui du squat d’artistes et qui valoriserait seulement le principe d’expérience : ce qui important c’est d’avoir un outil et j’en ai rien à foutre de la politique...

    Ces deux modèles ont à la fois leurs forces et leurs faiblesses, le premier à tendance à s’isoler dans la caricature de ses propres dénonciations, à valoriser des slogans et des identités ; le deuxième se refermant sur sa propre démonstration, jusqu’à ne plus être lisible de l’extérieur.

    Mais ces faiblesses ne sont que les limites des discours qui légitiment les situations, et non les situations elles-mêmes. Celles-cis sont toujours plus complexes et nuancées que les prises de positions idéologiques avec lesquelles on voudrait les confondres. Elles sont toujours plus complexes que les paradigmes se renvoyant éternellement dos-à-dos sans que quoi que ce soit de consistant n’ait pu être énoncé entretemps... et pendant que la désagrégation des politiques publiques continue de s’amplifier.

    Je reste cependant convaincu qu’il possible de dépasser la simple dychotomie entre dénoncer ou démontrer.

    Le Brise-Glace n’a pas été la mise en scène de revendications politiques, il a pour autant souvent s’agit d’une mise en politique de l’expérience, parce qu’il fallait travailler à son autonomie, parce qu’il fallait s’affronter - sans dogme - à une autorité institutionnelle, parce qu’il fallait travailler aux conditions d’existence collective d’un projet et d’un lieu.

    Et il y a eu beaucoup d’échecs, beaucoup de déceptions, qu’une compréhension un peu fine de la situation ne fera pas confondre avec le fait d’accepter de négocier la poursuite des activités artistiques de chacun des occupants de l’ex BG avec l’institution locale.

    Pour finir je dirai simplement que malgré toutes les bonnes intentions que je peux percevoir dans les revendications du milieu squatter actuel (c’est-à-dire celui qui se revendique « politique », en sachant bien qu’il ne devrait pas être réductible à un seul ordre de discours, mais...), il me semble y voir un appauvrissement de la complexité qui devrait être le fondement même de la réflexion politique et de l’expérience collective. Il me semble aussi que les chartes, les slogans et les tracts constituent souvent une simplification de l’expérience en mots de passe de l’expérience.

    Une vision primaire et réductrice dont il me semble souvent retrouver la trace, comme dans les posts ci-dessus... Peut-être certains devraient s’intéresser moins dogmatiquement à des expériences telles que celles du BG. Le fait que cette expérience ait durée aussi longtemps, l’évolution de la ligne de tension entre des occupants et des institutions, au gré des climats politiques dominants autant que des tendances de la représentations collectives des quelques 4 ou 500 personnes qui sont passées par là (c’est vrai, c’est un lieu qui ne communique pas, c’est pour ça qu’il y a eu aussi peu de monde), le fait que ça s’arrête maintenant, le fait que les derniers occupants soient incapables d’en parler maintenant... Voilà de quoi réfléchir sur la question des lieux autonomes d’aujourd’hui et de demain.

    Encore faut-il avoir envie de réfléchir plutôt que de réciter.

    Ciao, bisou.

  • 22 mars 2009 00:05

    Peut-être que l’équipe post-Brise-Glace (Ici-Même) ne dit rien parce qu’un autre ex-squat, squatté et expulsé trois fois ces dernières années, au 23 avenue de Vizille, leur sert désormais de refuge tout à fait légal, en accord avec la mairie.

    Quitter docilement un grand squat pour se retrouver relogés par la mairie dans un ex petit squat expulsé à trois reprises (par la mairie, justement), on a vu plus « combatif »...

    En tout cas, la mairie sait comment s’y prendre pour « récupérer » les squatteurs-artistes, qui peut-être ne demandaient pas mieux.

    Pour l’anecdote, assez ironique, le portail de l’ex-squat de l’avenue de Vizille (celui qui avait soi-disant été « dégradé » par les précédent-e-s squatteur-euse-s, argument utilisé par la mairie pour faire une expulsion immédiate) a été remis, avec les affiches du Sunset, collées quelques heures avant l’expulsion de l’automne dernier...

    Et sur la façade, un tag-souvenir, datant d’il y a à peu près trois mois, se trouve toujours là :
    La Masse, les Trépasseurs, Sunset... Squatte toujours !

    Et là, on peut se demander : qui provoque qui ?


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