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Des robots dans nos rues ! (Démontons les caméras #6)

Le 6ème tract de la campagne « Démontons les caméras » est sorti !

Au sommaire :

page 1 :
- Edito
- Rassemblement le 16 Novembre en soutien à la militante CNT arrêtée le 1er mai 2010.

page 2 :
- Ce qu’on trouve dans les tiroirs de la mairie.
- Surveillance ou protection ?

page 3 :
- Des robots dans les rues.
- Sous l’oeil des cameras, le bouquin.

page 4 :
- Pourquoi nous sommes contre les cameras. (version réactualisée)

Ainsi qu’une chronologie de l’installation et du démontage des caméras depuis janvier 2010.

Démontage des caméras.
Arrêt des projets de videosurveillance et des politiques sécuritaires.


envoyé le 21 octobre 2010 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Compléments
  • 21 octobre 2010 18:31

    DEMONTONS LES CAMERAS #6

    octobre 2010

    stopcameras38 riseup.net

    — -

    Rassemblement le 16 novembre

    Le 1er mai 2010, au cours de la manifestation, un cortège qui brandit une banderole « la mairie se prend pour big brother : crevons lui les yeux » procède au démontage en règle de deux caméras 360°, cours Jean Jaurès et rue Lesdiguière, sous les applaudissements nourris des autres manifestants. Un beau moment de réappropriation de l’espace public, et un message clair : les habitants de Grenoble ne veulent pas vivre dans un laboratoire policier. Pour ne pas revenir bredouille, la police arrête violemment une personne au hasard dans le cortège voisin, celui des syndicalistes de la CNT. Deux audiences plus tard, la police n’a apporté aucune preuve (logique après une arrestation au hasard), mais la militante de la CNT est toujours dans l’attente du verdict.

    Soutenons la personne inculpée, et montrons à la mairie, qui s’est constituée partie civile, que nous ne plongerons pas avec elle dans le délire sécuritaire.

    Devant le tribunal de Grenoble a 9 heures
    (tram cite internationale)
    — -

    Devinette. Pourquoi la ville de Grenoble dépense-t-elle cette année 1 million d’euros dans la vidéosurveillance ?

    Parce que depuis les Èmeutes de la Villeneuve, MM. Sarkozy et Hortefeux ont fait de Grenoble leur terrain de jeu. La droite locale en remet des tartines dans le délire sécuritaire et policier. Suite au fameux « discours de Grenoble », réputé internationalement comme xénophobe et sécuritaire, le maire Michel Destot n’a pas trouvé mieux à faire que de réclamer plus de policiers pour Grenoble et d’installer plus de caméras dans les rues.

    Parce que partout règnent inégalités et liberté surveillée. Régulièrement, grèves et révoltes naissent puis s’éteignent sous les coups de matraques. Comme l’épisode des émeutes des banlieues en 2005, qui a permis de relancer le concept « d’insécurité », et a marqué une nouvelle poussée du contrôle social qui nous frappe tous désormais. En 2005, le pouvoir avait promis de l’argent pour les banlieues : aujourdíhui, cet argent est utilisé pour installer partout des caméras de surveillance de l’espace public. Un espace public sous surveillance,n’est-ce pas déjà une prison ?

    Parce que le marché de la sécurité est un fruit juteux et que les industriels l’ont bien compris. C’est pour cela que le ministère de l’Intérieur s’est fixé l’objectif de tripler le nombre de machines en France : pour ça il fait pression sur les collectivités locales par l’intermédiaire des préfectures. À Grenoble, le préfet demande depuis 2009 à la Mairie d’investir dans le vidéoflicage. Résultat : en janvier 2010, le maire faisait installer les premières caméras en centre ville. Depuis, il se présente comme un « simple technicien » du « sentiment d’insécurité ». Contrairement à lui, nous pensons que la vidéosurveillance n’est pas qu’un outil : c’est une politique. Et nous pensons que l’usage de technologies ne doit pas se substituer à la résolution politique des causes des problèmes sociaux : l’inégalité et la misère.

    Face à la machine de guerre sécuritaire déployée par l’État, il reste la capacité des habitants à choisir : reprenons l’espace public, réapprenons à gérer nos espaces collectifs, et commençons par démonter ces caméras.

    — -

    Ce qu’on trouve dans les tiroirs de la mairie ...

    Le 30 mai 2010, l’étude d’installation de la seconde vague de caméras prévue pour novembre 2010 était rendue publique par le site internet Pièces et Main d’Œuvre. Ce document est daté de mars 2010, et avait jusque là été soigneusement tenu secret par Destot et Safar. Il démontre que les élus ont continué de mentir volontairement sur la vidéosurveillance, et nous éclaire sur leurs véritables projets.

    Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une synthèse du Schéma Directeur de la vidéosurveillance à Grenoble. Il traite de toutes les nouvelles implantations de caméras : celles qui sont déjà en place, et celles prévues dans les quartiers Jardin de Ville, Capuche, et Village Olympique. Il est signé de la société Technoman Ingénierie, une entreprise basée à Lyon, spécialisée dans les réseaux numériques et la sécurité. Technoman fait partie des quelques entreprises qui, à l’image d’AB Associates d’Alain Bauer, font leur fortune en vendant aux collectivités locales, aux hopitaux, aux établissements scolaires, aux transports, et à d’autres entreprises, des logiciels et des machines destinées à contrôler les accès, les espaces, les réseaux, etc. L’un de ses fondateurs est également le président de l’AN2V, Association Nationale des Villes Vidéosurveillées, lobby d’industriels et de consultants alliés à des collectivités locales. L’AN2V a notamment organisé des « Assises de la vidéosurveillance ». Technoman est le genre d’entreprise qui favorise les bornes biométriques dans les cantines, les fichiers d’enfants comme Base-élève, et qui travaille à rationnaliser la gestion des masses : tracer pour contrôler, voilà la philosophie de ces nouveaux marchands de canons.

    Qu’est-ce que ça raconte ? Ce schéma directeur nous apprend un certain nombre de choses intéressantes.

    - Il y aura un centre de visionnage, raccordé à la police nationale. J.Safar (adjoint à la sécurité) avait donc menti en affirmant le contraire lors de ses interventions publiques.

    - On apprend au passage que le coût de l’installation s’élève à plus de 700 000€, les coûts de fonctionnement étant inconnus. Le conseil municipal a d’ailleurs voté cet été une ralonge de 325 000 € pour le vidéoflicage. Pour faire face à ces investissements somptuaires, Technoman conseille à la mairie de s’appuyer sur les financements de l’État, qui ne sont disponibles qu’aux villes qui se plient aux exigences fixées par le ministère de l’Intérieur. Voilà comment les élus locaux deviennent les petits soldats de la politique gouvernementale.

    - On apprend également que l’installation de logiciels de vidéosurveillance intelligente est possible et envisagée à Grenoble (lire article suivant).

    Et c’est pour quand ? Vous voulez le programme des installations ? Le 9 Novembre au Jardin de Ville, le 30 à Capuche et Village Olympique. Le système est censé être inauguré fin novembre. Chut...

    — -

    Surveillance ou protection ?

    En mai 2008, le ministère de l’Intérieur organise « la réunion nationale de videoprotection ». Depuis, videoprotection remplace videosurveillance dans le vocabulaire du gouvernement qui essaie ainsi de nous faire oublier le véritable objectif des caméras : observer pour contrôler. Aujourd’hui le site internet du ministère de l’Intérieur consacré à ce sujet se nomme : « vidéoprotection, la securité au service de la liberté ». Georges Orwell n’aurait pas trouvé mieux.

    — -

    Des robots dans les rues

    La vidéo-surveillance, c’est démodé. Place maintenant à la vidéo-surveillance intelligente. A Grenoble, elle s’immisce discrètement dans nos vies.

    La video-surveillance intelligente, c’est quoi ? Prenez des caméras de vidéo-surveillance. Equipez-les de capteurs électroniques, capables de détecter au choix les mouvements, les bruits, les odeurs.... Reliez-le tout à un réseau informatique. Installez enfin des logiciels permettant d’analyser les images en direct, et de réagir automatiquement à une situation donnée. Si vous êtes perfectionniste, agrémentez le tout d’un peu de biométrie. Vous obtenez ce qu’on appelle « la vidéosurveillance intelligente » En novlangue sécuritaire, on parlera « d’aide automatique aux opérateurs » ou encore de « détection automatique d’anormalités ».

    Les cameras de la mairie sont-elles intelligentes ? ... En mai 2010, le site internet Pièce et Main d’Œuvre publie le schéma directeur du développement de la vidéo-surveillance à Grenoble, un document officiel jusque là tenu secret. On y apprend notamment que « des logiciels d’analyse d’image peuvent compléter la solution pour de la détection automatique d’évènements (détection de présence, franchissement d’une barrière, maraudage, etc...). Les élus s’étaient bien gardés de nous en parler. La mairie de Grenoble installe des caméras de type « autodôme modulaire » commercialisé par « Bosch sécurité ». Il en existe plusieurs modèles. Le plus perfectionné se trouve notamment équipé de la technologie IVA, analyse intelligente de la vidéo. Celle-ci permet « le suivi de trajectoire (vitesse et direction) de tous les objets et est capable de détecter les mouvements ainsi que les objets immobiles ou ceux qui ont disparu du champ ». Si l’on en croit la plaquette de promotion de ce système : « Chaque caméra de surveillance du système devient un membre actif de votre équipe et ce, de façon automatique : en identifiant des événements en cours via une analyse d’image en temps réel et continu ; en alertant l’opérateur lorsqu’un événement critique est détecté, transformant vos caméras en équipe virtuelle de sécurité ». La vidéosurveillance intelligente, c’est la gestion de nos rues entièrement confiées à des équipes de robots.

    ... On le saura quand il sera trop tard. Mais comment savoir si le modèle installé par la mairie est équipé de logiciels de surveillance intelligente ? Eh bien justement, c’est impossible : « Grâce à l’utilisation d’un design unique, toutes les installations ont la même apparence : il n’est donc pas possible de savoir quel type de caméra elles renferment ». Ce qui est encore plus fort, c’est que l’autodôme est un système évolutif. Il est possible de passer d’un modèle à un autre, et ajouter de nouvelles fonctionnalités « sans même qu’il faille interrompre [le système] ». Vous avez bien compris. Même dans le cas où les caméras installées aujourd’hui ne seraient pas équipées de logiciels de surveillance intelligente, elles pourraient l’être à tout moment. Et vu le silence de nos élus sur l’implantation des caméras début 2010, nous pouvons douter qu’ils nous tiendront au courant.

    Ne sachant pas à quoi nous en tenir, un démontage de ces caméras à titre préventif nous semble être une solution on ne peut plus intelligente.

    — -

    Le bouquin

    « Sous l’oeil des caméras, contre la vidéosurveillance à Grenoble » (collectif, Ed. Le monde à l’envers, 2010).

    Un livre pour celles et ceux qui pensent n’avoir « rien à se reprocher, donc rien à cacher », et que les caméras n’empiètent
    pas sur leur liberté. L’ouvrage revient sur 5 ans d’opposition grenobloise à la vidéosurveillance et la carcéralisation de la société.

    Disponible en librairies, 5€. http://lemondealenvers.lautre.net

    — -

    Pourquoi nous sommes contre les cameras

    1. Les cameras sont une atteinte a la vie privee. Nous ne voulons pas être filmés en permanence dans l’espace public. Nous n’avons pas envie que l’on sache à tout moment où nous allons, avec qui nous discutons dans la rue, quelles sont les personnes qui nous rendent visite. La vie privée est un droit, y compris sur la voie publique. Vous pensez n’avoir « rien à vous reprocher » ? Mais si vous acceptez d’être filmés, c’est que vous acceptez déjà d’être coupable de quelque chose.

    2. La video-surveillance, c’est l’institution de la peur. Les caméras laissent penser qu’il faudrait se méfier de tout le monde. Plus personne ne serait en sécurité. En installant des caméras, on crée une peur en faisant mine d’y répondre. C’est la même chose quand les hélicos de la police survollent la Villeneuve toute la nuit : nous sommes tous surveillés car tous considérés comme des délinquants, des criminels, voire des terroristes potentiels. Tous suspects à leurs yeux : la présomption de culpabilité remplace la présomption d’innocence. Les caméras n’ont d’ailleurs pas été placées au hasard : elles suivent, entre autres, le parcours des manifestations.
    Mais si dix ans de discours sécuritaires ont réussi à imposer un climat de peur, c’est aussi parce que la rue et les personnes que vous y croisez vous sont souvent inconnues, que vous y êtes peut-être seul, et qu’elle n’est qu’un passage au lieu d’être un lieu de vie. La transformation de la ville en fourmillière, l’asseptisation des bâtiments et le flux continu rendent les personnes agressives et apeurées. Dans un monde où l’immobilité est à la fois inefficace et suspecte, la peur des autres finit par guider tous les rapports. Cela, nous pouvons le combattre.

    3. la videosurveillance c’est de la magie. La pensée sécuritaire, qui a contaminé ces dernières années toute la classe politique en mal de légitimité, a construit un ennemi imaginaire : la délinquance. Et pour lutter contre cet enemi imaginaire, les industriels ont conçu une arme magique : la vidéosurveillance. Parce qu’il n’y a que la magie qui peut à la fois empêcher un délit et le voir. Plus les politiques sentent leur légitimité s’écrouler, plus ils installent de caméras. La violence est la conséquence de la misère. Et on ne lutte pas contre la violence sans lutter contre la misère.
    En réalité, les caméras ont un effet plus important que celui de réduire ou non la délinquance, ou l’insécurité, ou n’importe quel autre mythe : elles privatisent l’espace public, sur l’argent public. Nous payons les industriels de la « sécurité », pour faire de nos quartiers des espaces dans lesquels nous ne sommes plus les bienvenus. Les caméras
    envoient alors un message au passant : « ici, il faut être riche, bien habillé, consommer et circuler ; les autres, passez votre chemin ».

    4. Une camera, puis deux, puis trois, et puis d’un coup . . . 60 000. Depuis 1995, des caméras de surveillance sont installées sur la voie publique discrètement et petit à petit pour éviter les protestations. À présent, et après une première vague au centre-ville, la mairie installe des dizaines de nouvelles caméras dans les quartiers Capuche, Jardin de Ville et Village-Olympique. Ces caméras sont une étape de plus dans la confiscation de nos libertés : lois LSQ, LSI, Perben, Lopsi, Loppsi 2, plan vigipirate, fichier Base-élève, fichage biométrique et Adn, procédures antiterroristes... Jusqu’à quand accepterons-nous l’avalanche sécuritaire sans réagir ?

    5. Nous voulons des rues accueillantes, pas des espaces aseptises et sous controle. L’espace public appartient à tous, alors que la gestion policière nous dépossède de la rue, confiant toute responsabilité aux « autorités ». Dans les espaces surveillés, il ne nous reste plus qu’à circuler et consommer. À nous de choisir : voulons nous des rues contrôlées par des machines, rationnalisées et impersonnelles, ou des rues vivantes, populaires et accueillantes ?
    À chaque nouveau projet délirant (comme le stade), de nouvelles caméras apparaissent. Un hasard ? Non, car la vidéosurveillance est inséparable de l’asseptisation de Grenoble : regardez la caserne de Bonne, ancien quartier militaire transformé en parc à riches, ou le projet Giant, la future cité pour chercheurs ; bientôt l’Esplanade aussi coulera sous les assauts des urbanistes. Et nous, il faudrait que nous marchions au pas. Grenoble deviendra-t-elle une mégalopole pour le plaisir de quelques cadres du high-tech ?

    6. La transparence est toujours a sens unique. Les caméras et les autres technologies de contrôle rendent nos actions et nos déplacements transparents aux yeux des mouchards qui les gèrent. À l’inverse, il n’a jamais été question d’installer des caméras dans le bureau du préfet ou celui du maire, et encore moins dans les salles du Commissariat à l’Énergie Atomique et de Minatec. Gageons qu’aucun élu ne serait d’accord avec cette proposition. Et pourtant, c’est là que des décisions qui nous concernent tous sont prises chaque jour. Mais quel contrôle avons nous sur ces institutions ? L’exemple des caméras est éloquent : ce n’est pas la mairie qui a annoncé les installations en janvier, et qui a rendu public le schéma directeur en juin, mais les opposants.

    — -

    Ce 6eme tract est édité par Démontons-les-caméras, collectif créé début 2010 pour le démontage de la vidéosurveillance et des idéologies sécuritaires.
    Grenoble, octobre 2010.
    stopcameras38 riseup.net

    Démontage des cameras
    Arret des projets de videosurveillance et des politiques securitaires


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