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Fukushima dans le Trièves
envoyé le 08/09/11 Mots-clés  Sciences / Nécrotechnologies 

Quels sont les impacts de Fukushima dans le Trièves ?

Voici, pour Indymedia Grenoble, une interview de Roland Desbordes, physicien, président de la CRIIRAD...

* * *

Qu’est-ce que la CRIIRAD ?

La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) est une association née en 1986, en réaction aux mensonges du gouvernement français suite à Tchernobyl. Nous avons créé un laboratoire scientifique spécialisé dans les mesures de radioactivité, avec quinze salariés. Notre association est indépendante, financée à plus de 40% par nos 6000 adhérentes et adhérents, et pour le reste par les prestations de notre laboratoire.

Pouvez-vous estimer les effets de Fukushima dans le Trièves ?

Il n’y a pas de balise de contrôle de la radioactivité dans le Trièves. La balise la plus proche est à Grenoble. Nous avons aussi des balises dans la vallée du Rhône. Nous avons mesuré sur ces balises une radioactivité émanant du Japon, ce qui, à 15000 km de distance, est assez extraordinaire. Cette radioactivité présente dans l’air n’était pas mesurable avec un compteur Geiger, mais mesurable avec des outils pointus comme les balises de surveillance de la qualité de l’air dont nous disposons. Heureusement, les niveaux de radioactivité ont été très bas. Nous avons aussi mesuré de la radioactivité dans l’eau de pluie après le passage du nuage radioactif, suite au petit épisode pluvieux d’avril. Nous avons retrouvé cette radioactivité dans des produits alimentaires, la salade, les épinards, le lait, à des niveaux très faibles mais mesurables.

Quels sont les impacts sur la santé ?

Ils sont très difficiles à évaluer. D’après nos résultats, ils sont très faibles. Mais ils ne sont sans doute pas nuls, en particulier pour certaines personnes exposées. Je pense aux populations rurales, comme dans le Trièves, qui consomment beaucoup de leurs propres produits. Je pense en particulier aux enfants, les plus exposés, qui consomment de la radioactivité dans les produits frais, le lait, le fromage frais, les légumes. Pour cette population, le risque n’est sans doute pas négligeable.

Quelques chiffres ?

Nous avons mesuré jusqu’à 4-5 becquerels par litre dans le lait de brebis, en iode 131. La norme pour le commercialiser est à 500 becquerels par litre. On est donc bien en-dessous, même si la norme officielle n’est pas une norme très prudente. L’iode 131 a une demi-vie de 8 jours, donc cette radioactivité diminue relativement vite. Sur le plan sanitaire l’impact est donc très faible. Mais la population aurait dû avoir cette information précise, afin que les personnes ne voulant consommer aucune radioactivité puissent éviter les produits frais pendant la période où le nuage radioactif est passé.

L’État français a-t-il fourni des données précises ?

À la différence de Tchernobyl, il y a eu beaucoup de communication officielle. Les autorités ont annoncé l’arrivée du nuage, et promis de tout mettre en œuvre pour détecter la radioactivité. La CRIIRAD constate que cela n’a pas été le cas. Le nuage a été annoncé le 24 mars, il est très probablement arrivé le 22. Les produits alimentaires n’ont pas été suivis rigoureusement. Les mesures n’ont pas été d’une grande précision.

Quelle est la comparaison entre Fukushima et Tchernobyl, pour le Trièves ?

Le Trièves a été relativement épargné par le nuage de Tchernobyl. Si vous regardez notre carte des contaminations radioactives, vous constaterez que le Trièves a eu des niveaux assez bas, plus bas qu’à Grenoble ou sur le Vercors, pour des raisons sans doute liées à la météo. Les retombées de Fukushima sont cent à mille fois inférieures.

L’État français a-t-il déjà fait une étude épidémiologique suite à Tchernobyl ?

Non, aucune sur l’ensemble de la France. Même dans les zones fortement touchées comme la Corse, aucune étude n’a été réalisée.

Est-ce dangereux de consommer des champignons du Trièves ?

Suite à Fukushima, non. En revanche, il y a encore sur certains champignons, en particulier les champignons forestiers, des restes des contaminations de Tchernobyl. Cela peut atteindre une centaine de becquerels par kilo. Personnellement je reste petit consommateur de champignons forestiers.

Combien coûterait l’installation, dans le Trièves, d’une balise de contrôle de la radioactivité ?

Une balise coûte environ 30 000 euros, auxquels il faut ajouter 15 000 à 20 000 euros par an, pour la maintenance et l’exploitation des mesures. Ce sont des appareils coûteux mais fiables, qui permettent de surveiller avec précision la qualité de l’air. Les balises d’alerte Geiger sont moins chers, quelques centaines d’euros.

Les centrales nucléaires les plus proches du Trièves, comme celle de Tricastin, sont-elles sur des zones sismiques ?

Absolument. La zone du Tricastin est le siège de séismes très particuliers qu’on appelle des essaims de séismes. Il s’agit de séismes agissant en surface, très violents et destructeurs. Ils n’ont pas été sérieusement pris en compte dans la construction des centrales. Les séismes peuvent par ailleurs déclencher des ruptures de barrage. Par exemple, si le barrage du Monteynard, qui n’est pas un barrage très costaud, venait à rompre, la lame d’eau créée pourrait détruire les barrages en aval, et provoquer une forte inondation à Tricastin.

Quelles solutions préconisez-vous face aux menaces nucléaires ?

Il faut s’organiser et créer du contre-pouvoir, à tout niveau. Dans le domaine du nucléaire, il faut des organismes indépendants de l’État si l’on veut des informations plurielles et transparentes. La CRIIRAD s’y emploie depuis 25 ans. Tout soutien est le bienvenu.

CRIIRAD,
471 Avenue Victor Hugo,
26000 VALENCE,
http://www.criirad.org


envoyé le 8 septembre 2011 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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