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La Grevue de presse de janvier
envoyé le 29/01/15 Mots-clés  Média 

Que s’est-t-il passé en janvier 2015 et décembre 2014 à Grenoble et dans ses environs ?
Voici une sélection d’informations étonnantes, marquantes ou instructives glanées dans le Dauphiné Libéré et les communiqués de presse de l’ADES.

Bonne lecture !

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MOBILISATION HISTORIQUE

Plus de 110 000 personnes auraient participé à la « marche républicaine » du dimanche 11 janvier à Grenoble. Une mobilisation impressionnante, sans précédent. La tête du cortège défilait derrière une grande banderole : « Nous sommes Charlie, nous sommes tous Ahmed, Bernard, Elsa, Cabu, Charb, etc. ». Dès le soir de l’attentat, 7000 personnes se rassemblaient place Grenette. Le lendemain, fait exceptionnel, le Dauphiné Libéré publiait en pleine page une photo de cette manifestation. Et dans le même numéro, trois pleines pages pour un hypermarché nous incitant à « l’optimisme ». (DL, 08/01)

Le 7 janvier, point de départ d’une paranoïa sécuritaire ? Quelques heures après l’attentat à Charlie Hebdo, les responsables de l’Université Pierre Mendès-France alertaient les autorités à propos d’une mallette suspecte, apparemment abandonnée dans le bâtiment « Économie et gestion ». Ce bâtiment évacué, un périmètre de sécurité établi, une équipe de démineurs de la Sécurité civile de Lyon s’est rendue sur place. Verdict ? « Il s’agissait en fait d’une mallette contenant une perceuse qui avait été oubliée sur les lieux ». (DL, 08/01)

Craignant un attentat, la police municipale grenobloise réclame qu’un policier national soit désormais posté devant leurs locaux du centre-ville avec un fusil-mitrailleur. Elisa Martin, l’adjointe chargée de la tranquillité publique, a refusé. Un système de vidéo-portier a cependant été mis en place, tandis que les patrouilles sont désormais composées de 4 agents au lieu de 2. Et le projet d’armer les 97 policiers municipaux ? « Notre police municipale ne sera pas armée de revolver » affirme Elisa Martin, « notamment parce que nous sommes certains que si c’était le cas, nous lui ferions courir un risque encore plus grand. » (DL, 17/01)

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POUR QUI VOTE LA POLICE ?

Au fait, de quel bord politique sont les policiers ? Des élections professionnelles ont été organisées au sein de la police iséroise. Le syndicat Unité SGP/police-FO, classé à gauche, domine les élections avec environ 62 % des suffrages. Le syndicat FPIP, classé à l’extrême droite, recueille 19 % des voix. Alliance, classé à droite, 17 %. (DL, 09/12)

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HOMMAGE À QUENTIN CHARRON

Le 27 décembre, plusieurs casernes de sapeurs-pompiers de l’Isère rendaient hommage à Quentin Charron. Ce pompier avait été grièvement blessé par des CRS lors de la manifestation du 27 décembre 2013. Les pompiers manifestaient contre la dégradation de leurs conditions de travail (voir Grevue de presse octobre 2014). Quentin Charron est toujours pompier. Désormais « hors rang », c’est-à-dire n’intervenant plus dans les situations d’urgence, il fait de la prévention. (DL, 27/12)

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FEU DE SAINT-ALBAN

Un feu de batteries et de matières plastiques s’est déclaré à la centrale nucléaire de Saint-Alban / St Maurice. Les pompiers ont maîtrisé l’incendie. Selon les autorités, il n’y a « aucun impact sur la sûreté des installations ». (DL, 12/12)

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LES ANTI-ANTIPUBS

La décision de la ville de Grenoble de ne pas renouveler son contrat publicitaire avec JC Decaux en 2015 fait des remous dans les milieux publicitaires. La palme revient à Jacques Séguéla : « C’est avant tout une atteinte à la liberté d’expression […] Il n’y a que les dictatures qui suppriment la publicité. […] Sans publicité, le pays devient sous-développé. Grenoble donne l’exemple de la régression. » (DL, 06/12)

Quelques jours plus tard, l’association Paysages de France, l’un des fers de lance de la lutte contre les panneaux publicitaire illégaux, était menacée par téléphone : une personne se présentant comme « un afficheur » d’une entreprise menacée de fermeture menaçait de « défoncer la tête » des anti-pubs. Le président de l’association à porté plainte. (DL, 29/12) La semaine précédente à Gières, plusieurs membres de Paysages de France avaient recouvert un panneau 4 mètres par 4 mètres du slogan : « Pas de pub, des arbres ». (DL, 21/12)

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LES BEAUX TAGS

Qui efface les graffitis et les tags des murs de Grenoble ? Jusqu’ici 6 agents municipaux et une société privée s’en chargeaient. Pour économiser 180 000 euros par an, la ville de Grenoble a mis fin au contrat avec la société privée. En revanche, l’équipe d’agents municipaux passe de 6 à 8. Moins de techniciens pour effacer les tags, donc moins de tags effacés ? « On ne va pas effacer systématiquement » prévient effectivement Corinne Bernard, l’adjointe aux cultures. Les tags les plus artistiques seront conservés : « Nous voulons accueillir cette proposition, éphémère ou permanente. […] Si l’on se montre bienveillant, si on accompagne, les graffeurs, les tagueurs, se sentant les bienvenus, seront moins dans la provocation, moins dans la dégradation. Ils feront autrement, tout simplement. » (DL, 23/01) Avis aux amateurs et amatrices...

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DU FROMAGE CONTRE LA NEIGE ?

Expérimentation, encore : Cet hiver, la ville de Grenoble teste du « sel non corrosif » pour déneiger certaines rues, dont le cours Jean Jaurès (voir Grevue de presse novembre 2014). L’un des principaux ingrédients de ce sel dit « écologique » ? Du petit-lait, résidu de la production de fromage ! (DL, 02/01)

L’entreprise iséroise qui produit ce sel, Selvert, annonce avoir également conçu un « séquestrant écologique » : un produit qui, répandu sur le goudron, serait en mesure de capter 30 à 50 % des particules « PM10 » issues des gaz d’échappement. Cette pollution rejoindrait ensuite les stations d’épuration avec l’eau de pluie. (DL, 23/01) Un produit miraculeux ? En y regardant de plus près, il s’agit en fait d’un déplacement de pollution : les polluants non piégés par les stations d’épuration seraient rejetés dans les rivières, tandis que les polluants piégés seraient concentrés dans les boues des stations, puis brûlées, épandues sur des terres agricoles ou stockées dans des décharges.

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TRANSPORTS EN COMMUN GRATUITS ?

Pour diminuer la pollution automobile, un collectif grenoblois lance une autre idée : une pétition pour la gratuité des transports en commun dans l’agglomération. Est-ce réaliste ? Pour l’un des initiateurs de la pétition : « En terme de coût, l’usager ne paye déjà plus que 15 % du prix du billet. Si vous comptez de surcroît les frais de billetterie qui se révèlent assez complexes... ». Pour en savoir plus et signer la pétition : http://gratuite-transports.ouvaton.org (DL, 11/12)

À propos de gratuité, savez-vous combien coûte un tram ? Environ 2,5 millions d’euros. Pour diminuer ces investissements, le Syndicat Mixte des Transports en Commun rénove des trams mis en service en 1987, pour un coût de 700 000 euros pièce. Les trams rénovés sont repeints en blanc. Leur capacité d’accueil a été augmentée à 185 places. Ils sont climatisés, avec des barres de maintien plus nombreuses, des éclairages à LED, un espace dédié aux fauteuils roulants et... un nouveau système de vidéosurveillance. (DL, 05/12)

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LE TRAIN DES ALPES SAUVÉ ?

En attendant les transports gratuits, que devient la ligne Grenoble-Gap ? Souvenez-vous : début 2014, la SNCF annonçait la fermeture de la gare de Lus la Croix-Haute, tandis que Réseau Ferré de France menaçait de fermer la ligne des Alpes si des investissements importants n’étaient pas réalisés. Grâce à la mobilisation de centaines d’usagers et d’usagères, de manifestations et de pétitions au printemps/été 2014, la SNCF a finalement reporté la décision de fermer la gare de Lus. Puis, le 8 décembre, lors du comité de ligne rassemblant une centaine d’usagers et d’usagères du train, des représentant-e-s de la SNCF et de Réseau Ferré de France ainsi que des élu-e-s du Conseil régional, ces derniers ont promis des investissements pour maintenir la ligne des Alpes en fonctionnement. Cependant, aucun engagement précis n’a été pris par les élu-e-s. Par ailleurs, de nombreux problèmes persistent sur la ligne : retards et suppressions de trains, dégradation du service, manque de places à certaines heures de pointe, etc. Le comité de ligne fut donc houleux. (DL, 10/12)

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le collectif des usagers et usagères du train Grenoble-Gap : train-des-alpes laposte.net

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LES POSTIERS EN LUTTE

Et puisque l’on parle de service public : Les postiers et postières d’Echirolles se mobilisent contre la délocalisation de leur centre de tri et de distribution à Eybens et à Grenoble. Ils dénoncent les dégradations de leurs conditions de travail, les tournées plus longues, l’augmentation du risque d’erreurs, les complications pour les usagers et usagères. Une pétition contre cette délocalisation a reçu plus de 1000 signatures. La direction de la Poste semble réprimer le mouvement, menaçant les leaders de licenciement. Une lutte similaire est en cours à Fontaine. Pour plus d’infos sur ces luttes : http://grenoble.indymedia.org

Depuis plusieurs années, les luttes des postiers sont récurrentes. Rappelons que la Poste est une Société Anonyme à capitaux publics (État, caisse des dépôts et consignations). En Isère, elle rassemble environ 4000 employés, 150 bureaux, 110 agences postales communales et 40 relais poste commerciaux. Selon la direction, le volume de courriers aurait chuté de 30 % entre 2008 et 2015. Les bénéfices de la Poste étaient cependant de 800 millions d’euros en 2012, 400 millions en 2013. Les « plans sociaux » et « restructurations » s’enchaînent depuis plusieurs années. Dernier projet en date : bouleverser le métier des facteurs, qui, selon la direction iséroise, « pourront assurer des services à la personne, comme de la veille sanitaire pour personnes âgées ou isolées ; le relevage des compteurs eau/gaz ; des livraisons de courses (SuperU de Voiron)... » (DL, 10/12)

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KITS DE SURVIE

Dégradation des conditions de travail en France, mais toujours plus d’humanitaire. Pour la troisième année consécutive, l’association Sakado organisait en décembre une distribution de sacs à dos garnis pour « améliorer le confort » des personnes sans abri. Les sacs à dos contenaient un ’’kit chaleur’’ (bonnet, pull, gants, couverture), un ’’kit hygiène’’ (brosse à dent, rasoir, mousse à raser, mouchoirs), un ’’kit culture et communication’’ (livre, plan, lampe de poche à générateur) et un ’’kit festif’’ (chocolats, conserves). Fondée en 2012, l’association Sakado a distribué 110 sacs garnis en 2013, 145 sacs en 2014. (DL, 09/12 et 23/01)

145 sacs, pour combien de personnes sans abri dans l’agglomération grenobloise ? 800 à 1000 selon la Cisem, Alerte Isère et le Collectif de défense des droits sociaux. Ces associations manifestaient fin décembre place Grenette pour le droit au logement. Une cinquantaine de militant-e-s étaient présent-e-s. (DL, 20/12)

Alliant le geste à la parole, le collectif Hébergement Logement a réquisitionné le samedi 24 janvier une maison abandonnée au 16 chemin Robespierre à Grenoble. Une famille SDF a pu s’installer dans cette maison qui appartient à l’Établissement Public Foncier Local de la Région Grenobloise (EPFRG). Cet organisme est chargé des acquisitions foncières. Dans son communiqué, le collectif Hébergement Logement s’insurge : « Il est aberrant que l’EPFRG possède des bâtiments inoccupés alors que des centaines de personnes sont dans le besoin ». (DL, 26/01)

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NANOTECHNOLOGIES, MAXISUBVENTIONS

800 à 1000 SDF, mais 93 millions d’euros de subventions accordées au projet Nano 2017 par les collectivités locales. De son côté, l’État a promis 600 millions d’euros. Pour qui ces 700 millions d’euros d’argent public ? Pour ST Microelectronics (Crolles et Grenoble) et le LETI (CEA-Grenoble). Pour faire quoi ? Pour produire des circuits électroniques de moins de 28 nanomètres, des puces pour Smartphones, tablettes et autres applications dites « nomades ». L’objectif serait de rendre le high tech grenoblois plus concurrentiel au niveau international.

Quelles collectivités locales ont donné ? Département de l’Isère : 28 millions d’euros. Communauté de communes du Grésivaudan : 28 millions d’euros. Région Rhône-Alpes : 25 millions d’euros. La Métro : 10 millions d’euros. La communauté d’agglomération du Voironnais : 2 millions d’euros. De son côté, la ville de Grenoble aurait décidé de ne plus financer de tels projets Rercherche et Développement. (Communiqué de l’ADES, 09/01)

Dans cette course aux subventions, un article de Médiapart pointe du doigt un possible conflit d’intérêt de la part de Geneviève Fioraso, Secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. Elle serait accusée de favoriser le Commissariat à l’Énergie Atomique de Grenoble, dont elle est issue. Son compagnon était par ailleurs directeur délégué de la direction technologique du Commissariat à l’Énergie Atomique. (Médiapart, décembre 2014)

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DU HIGH TECH ET DU BIO

Avec tant de subventions, le high tech se porte bien. La Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Isère célébrait en décembre « les sociétés iséroises qui réussissent ». La plupart des sociétés primées œuvrent dans l’électronique ou les biotechnologies. Mais qui a remporté le « trophée croissance » pour les entreprises de moins de 50 salariés ? Les magasins CASABIO. (DL, 12/12)

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CANTINES 50 % BIO

Le bio, justement : 50 % des repas servis par les cantines des écoles primaires grenobloises seraient désormais issus de produits bio. La précédente municipalité avait atteint les 24 %. La nouvelle vise les 100 % d’ici 2020. Chaque jour, les cantines scolaires serviraient environ 4,5 tonnes de nourriture. Quel est l’impact sur le budget municipal ? « Pour l’instant le coût reste le même » affirme Salima Djidel, conseillère municipale à la Restauration scolaire et à l’Alimentation locale et bio : « On a un super-chef de service qui négocie très fort les prix avec les grands groupes, pour nous laisser une marge de manœuvre suffisante pour nous approvisionner vers des producteurs locaux, c’est-à-dire des producteurs de Rhône-Alpes. ». La municipalité étudierait la possibilité d’appliquer ces mesures aux crèches et aux Ehpad. (DL, 05/01)

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UNE PARTIE ÉMERGÉE DE L’ICEBERG ?

Scandale à la mairie de Grenoble : Abderrahmane Djellal, ancien adjoint au maire de 2008 à 2014 à l’économie sociale et à l’insertion, président de la Mission locale de Grenoble, président du groupe socialiste au conseil municipal, élu municipal de 1995 à 2014, est soupçonné de détournement d’argent public. Il s’agirait de « trop perçus » sur des frais de déplacement, de l’ordre de 15 695 euros. Les billets de TGV étaient doublement remboursés par la mission locale et par la ville. L’intéressé affirme qu’il s’agit « de pure négligence de ma part » et qu’il va rembourser la somme. Le scandale a été découvert lors de la mise en place de la nouvelle présidente de la mission locale. (DL, 19/01) Le procureur de Grenoble a lancé une enquête préliminaire. (DL, 20/01)

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ABSENTÉISME À LA MAIRIE

Selon une étude nationale sur l’absentéisme au travail dans les collectivités locales, 8,7 % des employé-e-s étaient absent-e-s en 2013. Ce chiffre serait en constante augmentation. À la mairie de Grenoble, ce taux serait de 10,5%. Les arrêts pour maladie ordinaire constitueraient 55% des absences, les longues maladies 19%, les arrêts pour accidents du travail 20% et les congés de maternité 6%. L’étude indique que les fausses déclarations de maladie ordinaire ne seraient pas plus nombreuses que dans le secteur privé (4 à 6% des déclarations). Au total, l’absentéisme coûterait plusieurs millions d’euros chaque année au budget de la Ville. (Communiqué de l’ADES, 05/12)

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SUCCÈS DES REPAIR CAFÉS

Les « Repair cafés » sont des ateliers associatifs pour apprendre à réparer des objets du quotidien. Le premier café créé en Isère, à Saint Egrève, vient de dépasser les 1250 objets à réparer, avec un taux de réussite de 53 %. D’autres Repair cafés viennent d’ouvrir à Pont de claix, Seyssinet et St Martin d’Hères. Plus d’infos sur http://www.repaircafesaint-egreve.fr

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AFFAIRE GEG, SUITE

En octobre 2014, la perte par GEG du marché public de l’éclairage de la ville de Grenoble avait soulevé les passions (voir Grevue de presse d’octobre). Après avoir gelé en novembre l’appel d’offres remporté par le groupement privé Citeos, la ville de Grenoble vient de faire une nouvelle proposition aux syndicats de GEG : elle propose d’affecter la somme correspondant au marché, soit 17,94 millions d’euros sur une période de huit ans, vers un service municipal dédié. Cependant, les salariés de cette régie publique seraient moins payés qu’à GEG. Les négociations sont en cours. (DL, 21/01)

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UN GENOU À TERRE POUR CENTER PARCS

Coup de théâtre dans les Chambaran : juste avant Noël, le Tribunal Administratif de Grenoble a validé le recours contre Center Parcs déposé par la Fédération drômoise des pêcheurs au titre de la loi sur l’eau. Le Tribunal dénonce des irrégularités dans la déclaration du projet et l’insuffisance de mesures compensatoires par rapport aux 76 à 120 hectares de zones humides détruites. Concrètement, cela signifie l’arrêt du projet tant que cette situation juridique n’est pas résolue. (DL, 25/12)

Pierre et Vacances s’est aussitôt pourvu en cassation auprès du conseil d’État pour contester cette décision. Pour le président de Pierre et Vacances, Gérard Brémon : « Il faut trouver un compromis [...] « Nous attendons des suggestions des opposants et de l’administration » ». Gérard Brémon se dit « prêt à adapter » le projet, tout en affirmant que « le concept qui comprend 990 cottages et un espace aquatique doit être maintenu » et que « la focalisation sur une forêt sans valeur patrimoniale particulière, qui n’est classée ni zone Natura 2000 ni patrimoine de l’Unesco est excessive ». (DL, 29/12)

Rappelons que la décision ne suspend pas le défrichement mais seulement les travaux. Il ne reste d’ailleurs qu’un quart des arbres à abattre sur le chantier. (DL, 25/12) L’abattage des arbres a cependant cessé du fait de l’occupation des zadistes. Le chantier est au point mort. (DL, 17/01)

Si le Tribunal administratif a validé le recours au titre de la Loi sur l’eau, il a cependant rejeté le recours sur les espèces protégées. L’association Pour un Chambaran Sans Center Parcs se pourvoit en cassation pour contester cette décision, dénonçant la méthode de recensement de la faune et de la flore mise en place par Pierre et Vacances. (DL, 13/01)

On le voit, la bataille juridique est loin d’être terminée...

La bataille des idées, elle, fait rage. Petit tour d’horizon, en commençant par les pro Center Parcs :

Début décembre, plus de 800 élu-e-s et partisans du Center parcs se réunissaient à Saint-Étienne de Saint Geoirs. On retiendra les propos du président de la Communauté de Communes de Bièvre Isère, dont 69 des 71 élu-e-s ont voté pour le projet : « Notre démocratie est bafouée […] Ce projet est exemplaire, et ce n’est pas une minorité anarchisante qui a le monopole de l’environnement ». Le maire de Roybon, décrit comme « fébrile » par le journaliste du Dauphiné Libéré, s’est écrié : « Pourquoi la décision n’est pas prise d’évacuer ces gens-là ? ». Le président du Conseil Général Alain Cottalorda, pour qui « la démocratie est en danger », a comparé les actions des Zadistes à du « terrorisme ». (DL, 09/12)

Quelques jours plus tard, dénonçant « la dictature de la bonne pensée d’experts en manipulation », douze maires du canton de saint Marcellin se réunissaient à Chatte « pour réaffirmer notre soutien au projet du Center parcs, source de développement économique. À la dictature, nous opposons la démocratie locale. » Ces maires ont financé et disposé de grandes banderoles « Bienvenue au Center parcs » dans les communes alentours. (DL, 11/12)

Le dimanche 14 décembre, environ 2000 personnes défilaient à Roybon à l’appel de l’association Vivre en Chambaran. Son président Christian Luciani donnait le ton : « Les zadistes ne sont pas chez eux ici ! Même si la justice décide de suspendre les travaux, il n’y a pas de raisons pour qu’ils restent là-bas ! Ils doivent retourner au boulot s’ils en ont un. Mais ça, c’est beaucoup moins sûr. » (DL, 15/12)

Le lendemain, la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Chambre d’agriculture, la CFDT Isère, la CFTC, FO, le Medef et d’autres organisations patronales publiaient un communiqué en faveur du Center Parcs. (DL, 16/12)

Pour André Vallini, ancien président du Conseil général et principal initiateur du projet, les zadistes seront bientôt expulsés : « Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV, des équipements de tourisme. » Mais il déplore « en France, des réglementations trop lourdes et des procédures trop longues » (DL, 04/01) Pour perturber les opposant-e-s, le conseil général a fermé la RD20F, la route qui dessert la maison forestière occupée. Raison officielle : « La présence des zadistes empêche de réaliser correctement l’entretien et notamment le déneigement de la route ». (DL, 06/01)

Le président du MEDEF, Pierre Gattaz, a aussi donné aussi son avis lors d’une visite à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble : « Ces opposants systémiques, il faut les écouter lorsque les raisons sont bonnes. Lorsqu’elles ne sont pas très bonnes, je pense qu’ils deviennent irresponsables et qu’ils commencent à devenir des responsables de l’augmentation du chômage en France. » (DL, 05/12)

Dans le viseur de certains élus : la FRAPNA. Les conseillers généraux UMP Pierre Gimel, Jean-Claude Peyrin et André Gillet n’y vont pas par quatre chemins : ils demandent la suppression des subventions à la FRAPNA. « C’est un comble que la FRAPNA multiplie les recours contre un conseil général grâce aux subventions de ce même conseil général ! Ce serait bien même à l’avenir, dans les contrats signés, qu’il soit écrit noir sur blanc qu’un subventionné s’interdise d’engager des poursuites contre un subventionneur. » (DL, 10/12)

La FRAPNA va-t-elle ainsi perdre 600 000 euros pour la convention 2015-2016 avec le Conseil général ? Fausses rumeurs selon l’élu Serge Revel : « C’est n’importe quoi […] Il n’y a pas de problèmes ». Pour Christian Pichoux, vice président du Conseil général : « Si le dossier de Center parcs est arrivé à un tel niveau de qualité environnemental, c’est aussi grâce à la FRAPNA... […] Appeler à la désobéissance civile à travers un communiqué, ça m’a choqué. […] Lanceurs d’alerte, je veux bien. Mais lanceurs de fatwa... » (DL, 09/12)

Pour terminer ce florilège de déclarations stupéfiantes, citons Eric Piolle, le maire de Grenoble. Invité à la matinale de France Inter, il affirme que les zadistes « envoient un message peut-être un peu fort... pour faire émerger un modèle plus sain à différents aspects. [...] Le passage en force ne mène à rien. ». (DL, 25/12)

Du côté des anti Center Parcs, la lutte continue : la maison forestière est toujours occupée, des cabanes ont fleuri un peu partout sur le chantier, une marche aux flambeaux le 6 décembre dernier a rassemblé 400 à 600 personnes. (DL, 07/12)

Prochaine mobilisation : le samedi 7 février à 10h, puis 3 jours de construction de cabanes sur le site. Plus d’infos sur http://zadroybon.wordpress.com

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Merci pour votre attention, et à bientôt pour la Grevue de presse de février !


envoyé le 29 janvier 2015 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Compléments
  • 30 janvier 2015 00:28

    moi je m’en fichtre hein, mais avec des citations tronquées du type (...) et [...] on emploie les méthodes de la presse bourgeoise, et pour le coup ici plutôt pour se tirer dans les pattes.

    parce que moi je suis pas un zanarquiste qui a voté Piolle, mais suite à votre article j’ai réécouté son intervention sur Fr Inter (merci la pub). Et sur la question de Roybon il disait plutôt l’inverse de ce qui est suggéré dans l’article (en tout cas c’est mon impression) ; et notamment quand il parle de passage en force il me semble que ça concerne plutôt les pro-center parc.

    m’enfin moi je dis ça je dis rien, à chacun de se faire son avis...

    la bise !

  • 30 janvier 2015 21:24, par défaut

    Salut, c’est l’auteur de la Grevue de presse,

    Effectivement il y a une erreur autour de la citation d’Eric Piolle sur les zadistes de Roybon. Cette erreur est liée à la manière dont le Dauphiné Libéré a relayé la citation, et par manque de vérification de la source initiale de ma part. Par « passage en force », Eric Piolle vise essentiellement les promoteurs de Center Parcs. Ceci étant dit, si l’on prend l’ensemble de l’interview, le passage en force peut aussi viser les zadistes, dont Eric Piolle prend une défense très molle (à chacun-e de se faire un point de vue). Merci en tout cas à la vigilance du lecteur ou de la lectrice.

  • 31 janvier 2015 10:07, par Jiji

    Ouaips, moi aussi du coup après avoir lu cette info sur Piolle je suis allé écouter l’interview sur Rance Inter,

    La citation de Piolle est tronquée, c’est clair, mais au final le sens général me paraît respecté : Piolle critique le passage en force du Conseil Général et compagnie pour le Center Parcs. Mais son raisonnement contre Center Parcs se base surtout sur la nécessité de respecter la Loi. Respecter la Loi, ne pas faire du passage en force, ça vise donc aussi les zadistes.

    M’enfin tout ça, c’est une affaire d’interprétation...

    En tout cas cette revue de presse je la lis comme je lis le Daubé, c’est-à-dire avec intérêt et méfiance, puisque ce sont des infos du Daubé. Mais merci au gonze qui fait ce travail de psychopathe, c’est bien utile quand on ne lit pas le Daubé tous les jours.


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