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Quelques réflexions & interrogations sur l’alcool et la clope dans les « milieux libertaires » grenoblois
envoyé le 31/12/15 Mots-clés  Alternatives / Contre-culture 

Il est minuit trente-quatre, je viens de rentrer chez moi après avoir été à un repas-concert à la BAF.
Les réflexions que je souhaite partager dans ce texte ne datent pas de ce soir, mais sont des réflexions que j’ai depuis bien années, n’ayant jamais été un buveur d’alcool, ni un fumeur de quoi que ce soit, et pratiquant depuis pas mal de temps le véganisme.

Si je couche ces réflexions sur le papier ce soir, c’est que j’ai eu des discussions, durant la soirée, sur la consommation d’alcool et de tabac, puis sur le fait de cuisiner vegan dans les lieux marqués/identifiés/revendiqués... comme « libertaires ».
Enfin, l’autre raison qui me pousse en cette heure très matinale à me lancer dans la rédaction de ces lignes, est le fait que la BAF était encore irrespirable ce soir, et que je rentre chez moi empuanti par la clope.

Au préalable, je tiens à dire que je ne souhaite inscrire ma pensée, du moins pour ce texte, dans aucune tendance libertaire en particulier, mais la faire partir uniquement de mon individualité.

Je m’interroge à plusieurs niveaux, et pour articuler mes réflexions et interrogations, j’évoquerai dans un premier temps plusieurs pratiques/positions politiques qui sont à l’œuvre dans les milieux libertaires grenoblois et les lieux concernés (c’est-à-dire, s’il faut les nommer : le 102, le Local autogéré, la BAF, Antigone, le 38 et les squats organisant des activités publiques : principalement, à ma connaissance, le Roxy Cooper et le Parpaing Paillette).

Déjà le fait, par exemple, qu’il paraît « normal » ou « logique », souhaitable ou préférable, ou disons simplement qu’il est admis (c’est le cas la plupart du temps et dans la plupart de ces lieux) que les repas soient vegan ; ou alors que le prix libre soit pratiqué.

Puis, évidemment, le fait qu’il est inconcevable que des comportements discriminants, oppressants, etc., soient tolérés dans ces lieux ; tout comme il est évident que les idées politiques « de base » du mouvement libertaire (encore une fois pour faire simple et ne pas alourdir le texte ; non pas que je nie les diverses tendances, etc.), à savoir l’anti-capitalisme, l’anti-autoritarisme, l’anti-sexisme – et bien d’autres anti-...isme qu’il te siéra de faire apparaître dans ce texte – sont défendus plus ou moins fortement dans les lieux grenoblois cités plus haut.

Après avoir énoncé synthétiquement et plutôt schématiquement (pour faciliter le déroulement du texte) quelques éléments qui étaient « admis » et « inconcevable » dans les lieux auxquels mes propos s’intéressent ici : comment se fait-il alors que l’alcool et la clope soient si admis dans ces lieux, que leur banale présence ne soit pas inconcevable ?
D’autant que les boissons alcoolisées sont très souvent à prix fixe ! Aussi, les marques d’alcool vendues (la bière principalement) sont des multinationales ultra-capitalistes, industrielles et pour certaines non vegan.
Autant de points qui sont alors en désaccords et donc incohérents avec les idées libertaires portées dans ces lieux.
Notons que si les boissons alcoolisées étaient vendues à prix libre et venaient de producteurs/vendeurs indépendants (donc certainement plus « éthique »), cela ne changerait rien aux autres aspects pouvant être engendrés par leurs consommations : dans les rapports interindividuels ; dans les rapports à l’argent (financement des lieux, des activités, des bénéfices de soutien) ; au niveau de l’impact sur la santé ; etc.

Comment se fait-il alors que ces lieux et donc les personnes les faisant vivre choisissent d’y vendre de l’alcool – déjà omniprésent dans la grande majorités des lieux publics non concernés par ce texte – et donc de rendre possible certains effets néfastes liés à sa consommation ?

Pour ce qui est du tabac, s’il n’est pas vendu dans les lieux qui m’intéressent ici, sa production émane bien du capitalisme industriel, du néo-colonialisme et donc de rapports de domination, d’exploitation, etc.
Toutefois on peut dire – à la limite – que les choix de fumer et de boire de l’alcool relèvent de choix individuels – même si le fait de les cautionner en les achetant (et même en les volant, car il faut bien qu’ils soient produits et mis en vente pour pouvoir les voler !) tend à faire perdurer leur accessibilité, leur vente (sans pour autant s’illusionner sur le pouvoir du boycott !..).
Le fait est qu’il reste toujours les autres aspects précités. Et notamment, l’un des plus prégnant je pense, celui qui concerne les rapports interindividuels.

Grenoble est une ville au fort ancrage féministe ; cette « spécificité » grenobloise fait qu’une certaine vigilance, une attention et une volonté de contrecarrer autant que possible les comportements sexistes, misogynes, machistes, homophobes, transphobes, etc., est plus ou moins à l’œuvre dans ces lieux.
C’est donc une considération des individu.e.s dans leur individualité, leur particularité, leur singularité ; cela bien entendu à l’égard des personnes pouvant être visées par les comportements cités précédemment, mais aussi, donc, à l’égard des personnes qui ont ces comportements discriminants, dominants, etc.
Tout ça pour en venir à cette question, et donc au noyau de ce texte : pourquoi ne pas avoir une attention et de la considération pour les personnes qui ne fument pas et/ou ne boivent pas ?

La question du consentement me paraît être intéressante en ce qui concerne le choix de tolérer l’alcool et le tabac dans les lieux concernés par ce texte.
Les comportements problématiques que peuvent engendrer l’alcool ont souvent tendances à renforcer par exemple les comportements machistes, sexistes... anti-féministes et masculinistes, en deux mots ; ainsi que tout comportement gênant.
Pour le tabac, le principe de consentement entre en jeu dans le cas du tabagisme passif, des nuisances sanitaires/sensitives (respiration, olfaction, vision... et agacement lié à cela) que « subissent » les personnes qui ne fument pas. Autant d’éléments qui peuvent devenir des causes pour ne pas participer, ou simplement ne pas se rendre, à une activité ; ou si c’est le cas, d’être contraint de partir dès que les gênes ne deviennent plus supportables.
Il me semblerait alors plus conséquent que les considérations concernant les comportements individuels et la question du consentement englobent aussi les questions de l’alcool et du tabac.

Revenons aux repas vegan, afin de préciser et de soulever un point.
C’est souvent, pour ne pas dire plus, que la nourriture est vegan dans les milieux libertaires ; pourtant, en parlant avec les personnes qui la cuisinent – et j’avais déjà constaté ça dans d’autres villes – j’ai pu apprendre qu’elles n’étaient pas forcément vegan. Ainsi, j’ai pu entendre certaines personnes, à Grenoble, dire que pour elles, préparer des repas vegan « permet à tout le monde de manger ».
On peut voir à nouveau de la considération envers celles et ceux qui « sont » vegan, et donc imaginer le cheminement de pensées qu’il y a derrière : le véganisme s’oppose à l’exploitation animale sous toutes ses formes, de ce fait, politiquement et éthiquement, cuisiner vegan constitue bien une démarche inclusive et cohérente avec les idées libertaires.

Or, si l’on suit ce cheminement d’idées, pourquoi – une fois de plus – ne pas refuser de vendre de l’alcool et que les personnes fument à l’intérieur ? Parce que ce n’est pas à la mode ? Parce que ce n’est pas « comme-ça-que-ça-se-fait » ? Ou y a t-il derrière tout ça une histoire de priorisation des luttes qui ne dit pas son nom ?
Dans tous les cas, il me semble bien que cela serait justifié politiquement, au niveau anti-capitaliste, anti-colonialiste, etc., et permettrait d’éviter les comportements anti‑féministes/masculinistes et les situations gênantes que l’alcool peut engendrer !?

Ces questions et ces réflexions en amènent inévitablement d’autres.
Ainsi, j’ai conscience qu’il est difficile, délicat et complexe de parler de l’alcool et du tabac avec un ton « juste », qui ne soit pas moralisateur, de donneur de leçons, culpabilisant... Sachant aussi qu’il existe des critiques sur ces questions, d’un point de vue religieux, ou alors s’inscrivant dans d’autres pensées politiques que la pensée libertaire ; donc apportant des arguments pouvant être différents, ou du moins avec une autre résonance, d’autres sous-entendus, et étant moins radicaux, etc.

J’ai tout aussi conscience que l’alcool et/ou le tabac (dans des mesures différentes) peuvent faciliter les relations interindividuelles de certaines personnes ; ou que cela peut même aider à vivre dans ce monde – violent, brutal, démocratiquement liberticide ou totalitaire.

Je n’ai pas abordé les autres produits – qu’ils soient ou non nommés/identifiés comme étant des drogues – pouvant poser les mêmes problématiques, puis d’autres, que l’alcool et le tabac. Je n’avais aucune prétention à l’exhaustivité, et il est possible d’étendre aux autres produits « intoxicants » certaines réflexions de ce texte. Libre à qui voudra de le compléter, d’en étendre l’objet et la portée.

Pour ne pas conclure, car cela ne peut pas m’incomber et se déploie sur le (très) long terme, il me paraît vraiment nécessaire que les milieux libertaires grenoblois (et d’ailleurs, bien sûr) considère bien davantage ces questionnements et réflexions – que d’autres ont eus avant moi – afin qu’il soit encore plus en rupture avec le monde et son organisation.

Le 31 décembre 2015,

un buveur d’eau (polluée).


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Compléments
  • 1er janvier 2016 10:47

    Concernant la clope, ceux qui fument pensent peut-être que fumer à l’intérieur part d’une certaine « rébellion » quand l’Etat interdit de fumer dans les lieux ouverts au public... Quant au fait que ceux-ci occultent les dessous de l’industrie du tabac, il peut s’agir tout simplement de l’addiction qui supplante la réflexion et l’analyse (il es plus facile d’occulter ces problématiques que de remettre en question des pratiques relevant de l’addiction).

    En tout cas, je rêve aussi de pouvoir aller à des activités sympas (concerts ou autres) sans en ressortir avec les vêtements et les cheveux qui sentent la fumée froide.

    Pour l’alcool, tu évoques l’éventuelle facilité des rapports sociaux. Je pense qu’il est important d’ajouter que des rapports sociaux construits ne peuvent pas (ou difficilement) être basés sur une approche facilitée par l’alcool. Si quelqu’un a besoin des effets désinhibiteurs de l’alcool pour aborder les gens, qu’advient-il quand l’alcool ne fait plus effet ? La relation s’efface ? J’ai moi-même énormément de mal à sociabiliser et j’ai toujours refusé de tomber dans le piège de l’alcool pour fluidifier ça, parce que selon moi, ça amène soit à des relations superficielles, qui n’existent que sur le moment où l’alcool agit, soit à la recherche sans arrêt des effets désinhibiteurs de l’alcool. Donc je fais avec les difficultés que ma situation entraine, en faisant en prenant sur moi quand je le peux/veux pour réussir à créer de réelles complicités, et non des relations qui n’aboutissent à rien.

    Un autre point à soulever concernant l’alcool en règle générale : lorsqu’il finit par prendre une place importante, il crée des êtres qui ne sont plus que soumis à la recherche de ses effets, et donc la réflexion, l’analyse la volonté concrète de détruire ce monde cessent d’exister.

    La plupart des anarchistes individualistes de la « Belle époque » avaient en horreur l’alcool pour cette raison. Ils voyaient les prolos de vautrer pathétiquement dedans, et à côté de ça, les patrons finalement satisfaits de constater qu’ils cessaient alors de lutter contre ceux qui les opprimaient.

    Pour en revenir aux milieux anarchistes, je me permets de citer un extrait de l’édito du N°2 de la revue Des Ruines, avec la note de bas de page qui s’y rapporte :
    " Nous avons tous déjà vu des gens venir à des événements de soutien, et se faufiler vers la caisse pour y glisser quelques pièces en cuivre en les faisant bien sonner pour faire illusion, souvent avant de trouver refuge auprès des stands éthyliques qui leur semblent plus appropriés pour leur billets que la caisse de soutien2. D’autres consacrent leur vie, leur sueur, leur sang et leur liberté à cette projectualité d’insoumission, contre cette attitude libérale (dite « libertaire » !) véhiculée aux quatre coins du monde capitaliste (le même « je fais ce que je veux et je t’emmerde »
    que le riche et le puissant).« Et la note : »2 Ce n’est pas le sujet, mais c’est comme cela que, petit à petit, le milieu s’est habitué à tirer son sou de la vente d’alcool plutôt que de la générosité et la complicité de ses militants. Les résultats sont aujourd’hui faciles à percevoir dans un milieu ravagé par l’alcool, la dépression festive et l’apathie."

    Parce que finalement, ce que nous voulons, ce que nous devons vouloir en tant qu’anarchistes, c’est venir à bout de ce monde, et pour ça, nous devons être en pleine possession de nos moyens.

    Je pense (et je le constate à chaque événement anarchiste sur Grenoble) que le milieu anarchiste gagnerait en efficacité si on acceptait, ensemble, de remettre tout un tas de pratiques et d’idées en question, déjà pour que celles-ci cessent d’être simplement une sorte d’extension de la gauche sur sa gauche, mais aussi pour qu’on ai concrètement les moyens d’en finir avec l’existant. Et je sais bien qu’ils sont décriés par toute une part du mouvement anarchiste, mais selon moi le petit monde qui tourne autour de Non Fides et de la Discordia (sans en faire des gouroux et sans occulter le fait que d’autres personnes en fRance portent le même genre de renouveau (qui s’avère finalement être plutôt une sorte de retour aux « sources »), il s’agit juste d’un exemple) est sur une bien meilleure piste que la Fédération Anarchiste (là encore, c’est qu’un exemple)

  • 3 janvier 2016 18:15, par buveur d’eau (polluée)

    Salut

    J’ai créé une adresse mail : buveurdeaupolluee(at)riseup(point)net pour celles et ceux qui voudraient réagir à mon texte et/ou me contacter pour échanger ou autre.

    Aussi, j’ai corrigé les quelques fautes d’orthographe et de tournure, et peut donc vous envoyer, sur demande, le texte en .pdf (ou autre) pour que vous puissiez, par exemple, l’imprimer afin de le lire sur papier...

    Si l’article se voit être modéré, une pièce jointe apparaîtra peut-être (je n’sais pas comment ça marche) ; mais dans ce cas, ce ne sera pas celle avec les corrections, mais celle qui contient le texte tel quel, en ligne depuis le 31 décembre.

    Bien à vous.

  • 4 janvier 2016 03:00, par MACHIN

    salut à vous

    personnellement je trouve plaisant de pouvoir me faire plaisir en me vautrant dans les stupéfiants paradis artificiels et autres élévateurs de conscience... même niveau zéro !
    j’ai d’ailleurs aucun scrupule, à part cette légère gène vis à vis des non fumeurs. ce qui prouve vraisemblablement l’utilité de ce débat ici soulevé...puisque je suis conscient de mon rôle de méchant oppresseur.
    en revanche, sur l’alcool et autres produits, je me permet de penser que si quelqu’un devient relou bourré, bah c’est qu’il y a déjà un bon terreau, et qu’a-jeun il y a moyen qu’il soit bien relou en creusant en peu....
    enfin, on est toujours le relou d’un(e) autre non ?

    moi ce qui me fous les glandes c’est la personne qui vient avec des habits industriels qu’elle n’a pas fabriqué en coton qu’elle aurait récolté ou troqué de façon équitable (j’aurai bien dit laine mais je vais encore me faire traiter d’hitler...).
    elle porte souvent des marques, des baskettes de marque qui exploitent des gamins, avec du plastique donc du pétrole, ou encore du caoutchouc pour lequel on aura priS bien soin de déforester à l’autre bout du globe sur recommandation du fmi.
    et le pire c’est toute cette électricité....
    Nucléaire !!! Atomique !!!
    alors qu’un bon unplugged sur des instrumentent no name...( de marque générique bio équitable vegan anticapitaliste)

    ca me dégoute de voir comment les gens sont alienés....
    en plus la personnification de la rock star, sous le feux des projecteurs, il y a un coté très fachisant à cela.
    d’ailleurs dans d’autres zones d’autonomies temporaires, autour de musique répétitive, binaire électronique(Atomique !!! beurk)
    au moins ils avaient le bon gout de jouer derrière des filets camouflages....

    je m’excuse pour l’ironie du sort mais un concert reagge(jah live ? pardon ? ni jah ni maitre !) sans herbe, en fait cela n’existerait même pas.
    jimmy sans acide...
    les clash sans alcool ??? WTF ? merde quoi ! sinon faut pas aller à un concert de punk...

    après si les lieux (j’en fréquente qu’un de ceux cités) deviennent straigh edge machin chose plus , ils n’ont pas besoins de mon consentement...
    j’imagine mal un lieu ouvert ou habité par des fumeurs organisant des soirées exclusivement non fumeur inside en hiver...mais au cas où, bravo ! belle abnégation !!!!

    allez tchous et bonne nuit/ journée

    ps : ne pourrait on pas se cotiser pour acheter un bon limiteur de décibel car les gens se ruinent en bouchon d’oreille c’est pur folie... si quelqu’un a le nom d’une marque anticapitaliste.....

  • 5 janvier 2016 00:03, par Millip Phorris

    Un complément d’info à destination des militant-e-s qui ne manqueront pas de se passionner pour cet intéressant et nécessaire débat : ici une interview du gars qui a passé 10 ans à étudier l’industrie du tabac. Pour ceux qui persistent à faire de leur droit à fumer l’ultime symbole de leur liberté face à l’Etat oppresseur...

    https://lejournal.cnrs.fr/articles/...

    bisous t’as vu

  • 7 janvier 2016 11:34, par pep

    du débat sur ces sujets, c’ est bien. le combat contre soi-même c’ est mieux.
    voila des problèmes qui sont bien mignons (alcool et tabac)...

    mais personnellement, j’ aime bien à penser à l’ envers, et à me demander le Pourquoi les gens se droguent ? parce que c’ est ça le fond du problème.

    Pourquoi la drogue circule si facilement ? réponse simple : pour nous endormir ; réponse évoluée : l’ argent n’ a pas d’ odeur.

    En tout cas, il nous faut à tous faire des efforts.
    Nous les drogués pour pas pourrir la vie de nos proches ;
    Vous les non drogués pour nous comprendre et ne pas nous exclure, ce qui n’ amène qu’ à plus de droguage. car si les « purs » ne fréquentent pas les « sales », ces derniers ne risquent pas d’ évoluer. Donc, 1) trainer avec les drogués pour leur « montrer une autre image du bonheur ensemble » 2) prendre soin de soi ( et là, je suis désolé, mais l’ apparence, pour moi, c’ est aussi agressif qu’ une vieille clope dégueu : habillez vous correctement, qu’ on ait pas l’ impression d’ être dans un ghetto de tox...et pour diminuer les questions de « guerre sociale avec les flics » : diminuer la pression(qui fait se droguer) permets à terme, j’ espère, à tous de s’ en sortir)

    [et avant d’ être anti tout-isme, si on était juste un peu ensemble positif ? y en a marre de ces catégorisations pseudo révolutionnaires à deux francs cinquante qui ne font rien avancer du tout]
    De plus, nous les drogués sommes déjà marginalisé par la société, alors, si en plus on est aussi marginalisé par les « purs anarchistes », ben bof quoi : on reste entre nous du coup, bof bof, ça avance pas beaucoup.

    [quand je parle de drogues, je mets en 1) l’, alcool, en 2) le tabac, en 3) le cannabis, en 4)les poudres d’ horreur que la jeunesse iséroise « qui va pas très bien » se mets dans le nez. et en 5) tous les médocs dégueu somnifériques ...

    Quelques rappels de chiffres : 2 millions de français sous antidépresseurs, 6 millions avec un problème avec l’ alcool, un sur deux qui fume du tabac, 4 millions qui se défoncent au cannabis...

    Les contradictions, on s’ en sert, on ne les esquive pas.

    Encore beaucoup à en dire. Mais c’ est surtout la saloperie d’ héroine(un tiers de ma géneration en nord isère, et vous nous parlez de "cigarettes et alcool..pfff, on a pas tous les mêmes problèmes) qu’ il me semble il nous faut combattre en priorité.
    Ne serait-ce point juste une question de confort que cette histoire de « cheveux qui sentent la clope » ?

    Pour bien vivre ensemble, vous inquiétez pas, on a tous envie de faire des efforts. Mais la critique doit être « positivante », sinon on va juste tous se droguer encore un peu plus...ne marginalisez jamais personne ! merci

  • 7 janvier 2016 16:37

    Je pense que l’article se focalisait à l’origine volontairement sur les drogues visibles directement (et facilitées de manière directe (vente) ou indirecte (laisser faire)) dans les lieux militants : clope (incluant éventuellement cannabis) et alcool.

    J’appuie ta remarque sur le fait qu’exclure les personnes ayant un problème d’addiction serait (et on le voit bien, disons, dans la vie de tous les jours) désastreux sur leur motivation à en sortir et sur leur vie en général.

    Il pourrait être intéressant de faire une discussion/débat sur ces questions (ça a peut-être déjà été fait) et surtout sur les moyens qu’on peut mettre en place collectivement pour aider les personnes motivées à soigner leur(s) addiction(s)...

    Je sais pas si la proportion de gens sous « drogues médicales » est aussi énorme parmi les personnes fréquentant les lieux militants que parmi les gens qui s’en tapent (des lieux militants), mais c’est vrai que c’est quelque chose qui est généralement bien occulté quand il est question de drogues, alors qu’elles font des ravages bien pires selon moi que certaines drogues non légales (je veux pas faire de classement mais bon...)

    Donc oui, si on ne prend que l’aspect « cheveux qui puent à cause de la fumée », c’est une pure question de confort. Maintenant, si les cheveux et les vêtement ont cette odeur, je te laisse imaginer l’état des poumons des gens qui ont choisi de ne pas fumer (tu me diras, on vit dans une des villes les plus polluées de fRance...).

  • 8 janvier 2016 18:50, par Greg

    Salut,

    J’ai lu avec un très grand intérêt vos textes.
    Autant je ne supporte pas la clope dans les lieux fermés.
    Mais vous allez trop loin dans vos débats et réflexions.
    Est-ce que vous vous rendez compte que votre niveau de subconscient n’est pas du tout accessible au commun des mortels.


    Je pense que le débat il est plus là.

    Courage à vous

  • 10 janvier 2016 00:39, par Une fumeuse

    Un petit témoignage pour dire que c’est possible.

    J’ai fait partie d’un collectif anarchiste : on organisait des évènements publics dans un squat, centre social autogéré, comme on en connait plein.

    Certains de nos camarades étaient assez âgés, et quelques-uns avaient des problèmes de santé. On s’est rendu compte (= ils nous l’ont dit) que certains d’entre eux ne venaient plus au squat à cause de l’ambiance enfumée. Les mamans avec bébé non plus d’ailleurs, pour la même raison (les papas n’allaitent pas, alors ils venaient seuls...) . Dommage. Parce que si on organise des soirées-débats c’est quand même pour que les gens viennent débattre. Si on organise une projection c’est pour que les gens viennent voir le film. Etc. Bref, on s’est dit que c’était peut-être mieux de ne pas fumer dans la maison lors de ces évènements, et qu’on pouvait essayer. Ca a plutôt pas mal fonctionné : certains sont revenus, personne n’a fuit. Bien sûr on n’avait pas du tout envie d’écrire en gros « interdiction de fumer », ni de mettre des vigiles prêts à bondir sur le premier fumeur repéré. Alors on se contentait d’annoncer cette décision au début de la soirée, et d’écrire « merci de ne pas fumer dans la maison ». Parfois une clope s’allumait pendant le film (avec un petit effet boule de neige), mais c’était devenu largement plus respirable pour tous.

    Bon... nous on avait un jardin, c’est plus simple. Dans la rue, la petite réunion de fumeurs devant la porte, ça peut assez vite devenir compliqué à gérer quand il y a des voisins qui n’attendent qu’un prétexte (le bruit) pour râler (ou appeler les keufs) contre la « bande d’anarchistes louches et dégénérés » qui squatte à côté... Le problème se pose d’autant plus lorsque les clopes sont aromatisées.

    Par ailleurs on a toujours cherché -sans jamais y arriver- à sortir de l’entre-soi, c’est-à-dire à élargir notre public à des personnes un peu moins familières avec le milieu anar du coin. Histoire d’élargir les débats, de faire un peu connaître nos idées, nos préocupations et les films qu’on aime, de favoriser le lien social et les rencontres... Il faut reconnaitre que débarquer dans un fumoir opaque peut être assez repoussant pour certains. Déjà que c’est parfois un effort de franchir la porte d’un squat pour quelqu’un qui n’a jamais eu d’autre image de ces lieux que les ragots infects colportés par les médias (Maryvonne & co.). Déjà que c’est pas évident de débarquer dans un groupe où tout le monde se connait et où on ne connait personne. Alors ça peut avoir du sens de faire un petit effort pour que les gens aient envie de revenir et de comprendre qui on est.

    Pour les réu, ça dépend : si les personnes présentes n’étaient pas dérangées par la fumée et s’il n’y avait pas d’enfant, on rallumait le fumoir. Sinon : un petit effort pour les fumeurs, et des pauses clopes collectives dans le jardin (très appréciable de faire des pauses pendant une réu).
    Conclusion (?) : squatter plutôt des maisons avec jardin ? ;)

    Cela dit, peut-être bien par contre que l’idée de ne pas fumer pendant un concert punk est juste surréaliste et que c’est pas très grave. Mais ça n’est qu’un point de vue.

    Concernant la vente d’alcool, c’est un autre débat... Ca serait classe en effet de pouvoir financer nos caisses de soutien, caisses anti-rep, et autres, par un autre moyen. C’est pas gagné. A vos idées !

    Une fumeuse.

  • 16 janvier 2016 13:31, par Motörhead

    bravo pour ces débats et merci pour la création du mail.
    « une fumeuse » a bien éclairé les différentes possibilités, et c’est vrai que pour financer soit sa soirée, ou des soutiens divers, la vente d’alcool est toujours plébiscitée, dommage. c’est sûr que le chemin de l’autogestion reste bien loin...

  • 4 février 2016 09:04, par Niakine YAPATCHEF

    Notez que les anarchistes de la belle époque étaient pour la plupart de farouches abstinants (au point de vue alcool), principal symptome de l’aliénation du prolétariat. Pour ce qui est du tabac, à cette époque là je pense que personne ne se posait la question.
    En ce qui me concerne, bien que non fumeur et anarchiste : je dois bien vous avouer que jen’apprécie pas beaucoup ce genre de prise de position culpabilisatrice.
    Car quand on y regarde de plus près, ceci n’a rien d’un débat « libertaire », mais juste une intégration dans le milieu libertaire de l’orientation sociétale actuelle.
    En effet la lutte contre le tabagisme passif est actuellement un orientation que suit la société « en général », cela n’a rien de révolutionnaire, c’est juste une tendance dans le vent. Le tabagisme est de plus en plus mal toléré dans la société, c’est un fait.
    Mon point de vue anarchiste individualiste de la chose est que l’individu fasse ce que bon lui semble, selon sa conscience personnelle, en toute connaissance de cause. J’ai toujours du mal avec les progressistes sur-socialisés qui nous imposent leur dictat au nom du « politiquement correct ». Ceux ci étant légions dans les milieux anar, il est de bon ton de savoir les reconnaitres. Laissez-les prendre le pouvoir et il faudra peu de temps pour qu’il vous envoie direct au goulag !
    Le fait que vous mangiez de la viande, buviez de la bière, fumiez du tabac ou de la bheu, vous vous injectiez de l’héro, ou quand bien même seriez fasciste... vous regarde : et je me garderais bien de vous en contraindre ! Vive la liberté, vive l’anarchie !


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