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Ça y est, Denoyelle l’a clairement dit : les expulsions de squats sont nécessaires à leurs conventions d’occupation
envoyé le 15/01/18 Mots-clés  Logement / Squats  Média  Vidéos 

Le dernier article sur les conventions de squat m’a fait me renseigner un peu plus et, au détour d’une vidéo de France 3, je suis tombé sur cette phrase de Denoyelle, le conseiller municipal en charge de l’action associale, qui affirme clairement ceci quand aux prochains bâtiments qui pourraient être conventionnés :

C’est très rare qu’on ait une liste. […] C’est toujours des opportunités. C’est la disponibilité d’un appartement, une évacuation d’un squat ou d’un bidonville.

En gros, ce très cher monsieur annonce clairement ceci pour les mois qui viennent : ils vont évacuer des squats et des campements déjà en condition précaire, pour y reloger des pauvres qui ont un peu moins la niaque, à la condition qu’ils acceptent des conventions qui les place dans des conditions plus précaires encore.

En bref, ils trient les pauvres comme ça les arrange : d’un côté ceux qui acceptent de redorer l’image de la mairie de Grenoble, et de l’autre ceux qui ont action politique concrète et autonome sur leur milieu.

Merci la maire de Grenoble pour cette forte politique de gauche ⸮


envoyé le 15 janvier 2018 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Compléments
  • 16 janvier 2018 13:13

    Loin de moi l’idée de vouloir défendre ce personnage sinistre, mais c’est pas un tout petit peu tiré par les cheveux et sujet à l’interprétation d’une phrase dite à la va-vite cette conclusion ?

    Genre, d’un côté, il dit « dispo d’un appartement vide » et l’autre « expulsion » pour parler tout simplement de gens à la rue ?

    On gagnerait à être un peu moins des caricatures qui sautent sur tout ce qui bouge, parfois.

  • 16 janvier 2018 13:30

    Je suis peut-être caricatural dans ma conclusion. Certainement parce-que la situation est amère.

    Mais je suis persuadé que mon interprétation est la bonne. Ou alors c’est France 3 qui a délibérément tordu ses propos, car le présentateur annonce les propos de Denoyelle avec la phrase suivante : « Chaque semaine, les services de la mairie cherchent des bâtiments inutilisés qu’ils pourraient utiliser pour loger d’autres sans-abris. Alain Denoyelle ne veut pas donner d’objectifs chiffrés et affirme travailler en fonction d’opportunités immobilières ».

    Ce à quoi Denoyelle enchaîne en dressant une liste à la va-vite. Sa langue a dérapé en en disant plus qu’il ne l’aurait voulu. Pas en disant autre chose que ce qu’il voulait vraiment dire.

  • 16 janvier 2018 16:21

    Si on s’en tient à cette lecture, « l’évacuation d’un squat ou d’un bidonville », la mairie de Grenoble proposerait de conventionner des gens dans des bidonvilles après les avoir expulsés ?

    Soyez un peu sérieux..

  • 16 janvier 2018 22:04

    C’est impressionnant cette tendance actuelle d’interpretation et de sur-interpretation sur de bouts de phrases et de textes choppés à travers le prisme déformant des medias. Est-ce que s’asseoir et réfléchir un moment n’apporterait pas plus de réponses que ces « communiqués » à tout bout de champ ?...

  • 18 janvier 2018 00:56, par squat toujours

    Pour celles et ceux qui auraient des doutes sur le machiavélisme des diverses institutions qui profitent des conventionnements/contrats pour à la fois protéger des bâtiments vides d’affreux squatters et se faire du biff (et/ou du prestige) sur le dos des pauvres, il est aussi possible de lire le texte « Conventions d’occupation et anti-squat en Belgique » récemment publié sur Paris-Luttes.info et Squat.net (avec une bibliographie pour aller plus loin à la fin du lien Squat.net).

  • 22 janvier 2018 21:04

    @L’auteur du message « N’importe-quoi » : Antoine Back, sort de corps !

    Plus sérieusement et généralement, oui, j’imaginerais très bien la ville conventionner le terrain d’un bidonville expulsé (quitte à le nettoyer avant), s’ils trouvent une association prête à ça. Par exemple pour une association qui ferait des arts de rue, pour y placer un chapiteau, ou que sais-je encore d’un peu artistouille.

    De même, je ne serais pas surpris que la mairie soit ravie de trouver des gens prêts à signer une convention d’occupation pour le 72 rue Léon Blum.

    Sérieusement, ça vous étonnerait vraiment si ça se faisait ?

  • 27 janvier 2018 04:50, par Emile P.

    Ça existe déjà, les crapules racistes sont prêtes à tout : par exemple à Montreuil (93), un terrain squatté par des Roms a été expulsé par les flics, et très rapidement après il a été « occupé » par des « associations » pour en faire un joli jardin partagé, bien entendu totalement débarrassé de ces indésirables... Ça en parle, il me semble, dans un des deux numéros de la revue « L’En-Ville », trouvable sur infokiosques.net.

    Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, qu’il serait fort intéressant de répertorier/lister pour montrer à quel point le machiavélisme « humain » a le bras long et plein d’idées. Parmi les plus « créatifs » à ce niveau-là, on trouvera sans surprise... les artistes ! Pratiquement toujours prêts à rendre service aux plus offrants tant qu’ils auront leurs petits ateliers et espaces pour pouvoir créer. Là aussi, la banlieue parisienne fourmille d’exemples bien dégueus où des institutions municipales ou étatiques travaillent main dans la main avec des artistouilles pour faire dégager oklm toutes sortes d’indésirables (Roms, sans-papiers et squatters de tous autres horizons).

    Et je ne dis pas tout ça pour stigmatiser des pratiques qui en soi ne sont aucunement problématiques (faire du jardin partagé c’est plutôt une chouette idée, « communisatrice » même, et mettre de la peinture sur une toile ou faire des sculptures ou je sais pas quoi, {a priori} ça ne fait de mal à personne...). Le souci, ça n’est donc pas ce que font ces gens sur ces lieux, mais bien comment ils en sont arrivés à faire ça à ces endroits, en cautionnant ou en participant à quelles politiques... C’est bien beau de reprendre des esthétiques squat-écolo ou que sais-je encore, et pas de souci là-dessus car la culture et l’esthétique n’appartiennent à personne, mais les démarches dans lesquelles ces gens « créent » doivent être critiquées, tout particulièrement quand elles sont fourbement utilisées, en bonne entente, par des pouvoirs publics qui en profitent pour redorer leur image politico-culturelle « humaniste ».


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