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Parution de KAIROS n°7 - novembre 2018
envoyé le 08/12/18 Mots-clés  Logement / Squats  Répression / Contrôle social  Média  Brochures 

Le numéro 7 de novembre vient de paraître.

« En grec ancien, kairos désigne l’idée du moment opportun à saisir, de l’occasion favorable, de l’instant propice qui permet la réussite d’une action au milieu des aléas du monde et de l’incertitude des circonstances extérieures. Pour cela, il est nécessaire de passer à la pratique, d’apprendre à saisir ce kairos, d’une part en cherchant à le reconnaître sans se cacher derrière l’alibi facile des circonstances, d’autre part en se préparant à agir afin de ne pas laisser s’échapper cette occasion. En somme, ce journal est un outil pour sortir de la pure abstraction des idées et inscrire notre discours dans une perspective pratique, dans une volonté de propager l’action offensive anarchiste et de tendre vers l’insurrection et le bouleversement de ce monde... »

Au sommaire de ce numéro spécial anticarcéral :
- Répandre notre rage, toujours.
- De Bure à Enedis/EDF, et Vice-versa

Ce numéro 7 et les anciens numéros disponibles sur le site : https://kairosjournal.noblogs.org/


En effet, ce qui émerge des procédures « périphériques » est que les flics essayent de lier le plus de personnes possible entre elles et donc avec les délits contestés (ou d’autres, qu’ils gardent comme des atouts dans leurs manches). Ils ont évidemment besoin d’un peu de monde pour rendre crédibles deux (?) « associations ». Mais qu’en serait-il si, au lieu d’un d’un apin, sorti du fameux chapeau du magicien, les enquêteurs sortaient le blase d’une (ou plusieurs) personne(s) qui serai(en)t accusée(s) dans les deux affaires en même temps ?
Un tour de passe-passe, bien sûr, le leur, mais qui pourrait avoir de lourdes conséquences. [...]

La confirmation du fait que d’autres personnes seraient recherchées (on ignore pour quelle raison, mais personne n’est dupe des machinations de la part de la Justice et de ses flics), nous parvient en août. Ou plutôt en septembre. Le 9 août, la brigade des stups débarque au squat Awanhee de Grenoble. Le compte-rendu du collectif du lieu laisse penser à un emmerdement malheureusement assez « normal ». Mais d’autres infos sont rendues publiques un mois plus tard, quant au fait que les flics chercheraient une personne précise, dont ils avaient une photo, et qu’un micro a été trouvé dans le salon du squat (placé pendant la perquis’ ou
avant, impossible de savoir). Donc, les stup’ sont bien une excuse, mais pas pour un emmerdement « normal », plutôt pour des enquêtes en cours à Grenoble et ailleurs.

C’est un peu comme si les enquêteurs agissaient tel un gribouilleur fantaisiste devant une toile blanche. Un coup de pinceau par-ci, un coup de pinceau par-là, un autre là encore. Il n’y a qu’ébauche du tableau final (ils peuvent le modifier à dessein), mais on parvient cependant à le
deviner.

Des craintes qui s’alimentent d’elles-mêmes

Il est toujours difficile de savoir comment se comporter face à une opération répressive. Quoi dire ou pas, quoi faire ou pas, pour ne pas compliquer encore plus les choses ? Cela est d’autant plus délicat quand ce sont d’autres personnes qui sont frappées et chacun de nous ne doit pas se rapporter seulement à son éthique individuelle, mais aussi tenir compte de leur avis. Il ne faut pourtant pas tomber, selon moi, dans un discours du type : « le choix va exclusivement aux personnes directement concernées par la répression ». Non, le choix des manières avec lesquelles affronter l’État va à toutes les personnes qui le font en actes, pas seulement aux personnes que la Justice vise aujourd’hui. Si la répression qui frappe quelqu’un amorce la rage d’autres personnes, c’est en premier lieu à celles-ci de décider de la forme que leur action doit prendre.

J’ai l’impression qu’il y a la tentative, de tous bords, de garder un silence chargé de crainte à propos de ces affaires répressives, comme si cela pouvait en arrêter l’avancée (une belle exception est le texte « À propos de communication publique, de silence obstiné et de tricot
policier », publié sur internet fin juin 2018). Parfois, des infos ne sont pas rendues publiques (je pense au communiqué de l’Awanhee), même si elle touchent à des éléments de la plus grande importance. Certes, la peur face à la répression est légitime, et il faut savoir la fermer face à la police et la Justice. Mais dans le cas présent, il s’agit d’informations que les enquêteurs ont déjà qui sont tues à des personnes qui pourraient en avoir besoin, ne serait-ce que pour pouvoir exprimer leur solidarité en connaissance de cause. Les flics l’ont dit eux-mêmes aux journalistes, fin mars : si très peu d’infos filtrent, c’est pour éviter que la solidarité ne se
développe.

Ce n’est jamais trop tôt pour réfléchir à comment répondre et à mon avis diffuser des informations que de toute façon les flics détiennent déjà est un début de réponse.

Si, en revanche, la crainte alimente la réticence, cette dernière alimente l’ignorance et l’isolement qui alimentent à leur tour la peur...

Cette spirale vicieuse est précisément un des objectifs de la répression. Rappelons-nous que le but de l’institution police-Justice (et médias, si nécessaire) n’est pas seulement de mettre des personnes derrière les barreaux, mais surtout de faire régner l’ordre ; dans ce cas spécifique,
mettre un terme à cette ligne de feu qui se répand.
Quoi de mieux que la peur pour aboutir à l’inaction, pour briser des complicités ? Quoi de mieux que l’incertitude, des menaces qui planent, pour créer de l’inquiétude, pour faire naître de la rancœur envers des individus définis comme des fouteurs de merde ? Et là le jeu de la répression marche à plein régime : ce n’est plus envers l’État que se dirige notre haine, mais envers ces personnes qui en sont la cible, comme si c’était de leur faute d’avoir attiré la répression.

Et alors, qu’est-ce qu’on fait ? On regarde ailleurs, on se dit que ce n’est pas le bon moment, parce que les flics sont sur les dents et leur attention est concentrée sur le « milieu » ? Ou au contraire on relance, pour que cette rage vengeresse se poursuive partout, en ville comme à la campagne ? Se disant qu’il n’y a pas de bons ni de mauvais moments, et que c’est maintenant le seul moment possible pour vivre ?

Et alors, mon poto ?

Je n’ai aucune solution prête à l’emploi. Juste l’envie qu’on continue à s’en prendre à l’existant. Une chose me semble pourtant sûre : garder le silence sur la répression, mettre la tête dans le sable, ne résout jamais rien.


envoyé le 8 décembre 2018 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Compléments
  • 8 décembre 2018 18:04

    Pour arrêter toutes polémiques qui ne fait qu’un peu plus donner des informations aux flics sur internet :
    Le collectif Ahwahnee qui a été perquisitionné à publié un communiqué :

    https://cric-grenoble.info/infos-locales/article/perquisition-et-normalitee-685

    Et a précisé dans une réponse à un article accusateur sur Indy Nantes qu’il y avait moyen de venir voir le collectif au 10 rue des Alliées pour discuter de visu d’éventuelles questions et précision par rapport à cette perquisition :
    https://nantes.indymedia.org/articles/42509
    A quand une réunion pour discuter avec tout le milieu anti-autoritaire ?
    Désolé, peut-être suis-je de la vieille école, mais je trouve qu’il y a vraiment beaucoup d’incompréhensions et de rumeurs parce que nous n’ausons plus nous rencontrer et qu’il est plus facile de communiquer et de prendre peur face à ce qui arrive plutôt que de s’organiser.
    Parler d’informations sensible sur internet c’est risqué de donner des infos, alors comme en GAV, moins tu en dis mieux tu te portes !

  • 10 décembre 2018 20:49

    mais c’est n’importe-quoi ces précisions : les informations, les flics les ont déjà à cause des micros, et l’information est de toute façon déjà passée sur internet et vous le dites vous même.

    ne pas dire (et cacher) que des micros ont été découverts ça nefait que le jeu de la police et au détriment des personnes visées et de la possibilité de créer des sojidarités.

    c’est ce qui est dénoncé dans cet article.

    en ne disant rien, vous vous engagez dans un face à face frontal et solitaire avec les outils répressif de l’état. Vous ne pouvez que perdre. C’est juste bête.

    et on vous épargnel’imbécilité de ne pas soutenir et prévenir une personne recherchée parce-qu’elle ne serait pas militante, un peu comme les syndicats qui font comme s’il était pire de tabasser un manifestant syndiué qu’un non-syndiqué, alors que la réalité c’est que c’est la même répression nous frappe tous. Ou bien cette autre connerie de se plaindre de la présence de rumeurs quand on ne communique pas et qu’on cacheles choses.

  • 10 décembre 2018 21:01

    Il y a quelques années, même La Discordia a su faire preuve de plus de discernement politique en communiquant clairement dès le début : https://ladiscordia.noblogs.org/a-p...

  • 10 décembre 2018 22:52

    Heureusement, certains collectifs sont capables de faire la part des choses, et d’un peu plus de solidarité avec les camarades.

    https://nantes.indymedia.org/articl...

    C’était mis en ligne aujourd’hui-même.

  • 14 décembre 2018 02:40

    Qu’est-ce qui justifie la mise en débat de cet article ?

  • 20 décembre 2018 23:48

    haben bravo pour la transparence de la moderation affichee en edito mais qui se retrouve pas dans la pratique...


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