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Des bisounours au World Trade Center ?
envoyé le 07/12/18 Mots-clés  Travail / Précariat  Ville / Environnement  Outils théoriques 

Tract distribué lors de l’événement « 1er Salon international de l’écotourisme, du voyage solidaire et participatif » qui à eut lieu du 30/11 au 02/12 au World Trade Center de grenoble

"Des bisounours au World Trade Center ?

C’est dans le World Trade Center (centre du commerce mondial) de Grenoble qu’a lieu le salon international de l’écotourisme, du voyage solidaire et participatif. Géré par la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble, au cœur du quartier d’affaires Europole, ce bâtiment « symbole de la modernité » est surtout le symbole du commerce dévastateur. Mais, diriez-vous, que fait le salon international du tourisme solidaire dans le centre du commerce qui n’est pas vraiment le centre de la philanthropie ? Avec tous les ravages dont ils ont été à l’origine, le commerce et l’industrie s’obligent-ils à se donner des airs écolo-sociaux ?

Face au tourisme de masse très décrié et au rejet croissant de l’image du « touriste », le système touristique adapte son offre en vendant un tourisme alternatif. Fini de culpabiliser à cause de son empreinte carbone, de la consommation des espaces et des cultures ! Le tourisme serait maintenant solidaire, éco-responsable, participatif. Que de vertus ! Ces mots sonnent-ils l’avènement d’une ère nouvelle, marquée par un regain d’éthique dans ce vieux monde marchand ?! Le tourisme solidaire permettrait de répartir mieux les richesses en faveur des populations locales. En somme, partager plus équitablement le gâteau (empoisonné) du tourisme. En effet, le tourisme déstructure les équilibres sociaux des populations réceptrices et les tourne vers une économie capitaliste qui transforme les conditions de vie des sociétés. Celles-ci deviennent vite dépendantes d’un seul secteur économique. Abandonnant leurs activités traditionnelles, les habitants deviennent les employés de l’industrie du tourisme, des travailleurs comme les autres. Les activités vivrières sont abandonnées sauf celles qui plaisent aux promoteurs du tourisme. Ainsi les sociétés « exotiques » sont vidées de leur substance. Devenues folkloriques, leurs activités elles ne correspondent plus aux besoins de la communauté. Pour servir les intérêts des grands marchands, qui transforment le vivant en or, laissant derrière eux de vulgaires marchandises sans âme.

Vous répondrez peut-être que le tourisme dit alternatif est un juste milieu, un premier pas. Seulement cette croyance dans un progrès naturel guidant les « autres » vers une amélioration continue de leurs activités est fausse et manque cruellement d’ambition. Se résigner au moins pire n’est pas une alternative, cela revient à la poursuite du pire par le moins. La mutation actuelle du tourisme suit les autres mutations économiques. Le discours s’adapte précisément pour que rien ne change. L’expansion du capital se poursuit et des procédés toujours plus complexes et subtils sont mis à l’œuvre pour marchandiser ce qui ne l’est pas encore : greenwashing, aide au « développement », éducation et sensibilisation des populations à la sauce occidentale, conduite de projet faisant participer les populations locales... à la dépossession de leurs lieux de vie. Chez nous comme ailleurs, pour accéder aux derniers espaces préservés du saccage industriel, il faut maintenant passer au péage pour financer des parcs, dont on aura préalablement écarté les habitants. Plus notre environnement sera détruit, mieux se développera son commerce. Pendant ce temps la forêt brûle, et l’éco tourisme, loin de préserver l’environnement, est une ultime bouée de sauvetage pour la première industrie mondiale : le tourisme. Le tourisme détruit ce qu’il vend jusqu’à le remplacer par un autre produit standardisé, adapté au marché qu’il invente. Les responsables du désastre veulent l’administrer en le perpétuant le plus « durablement » possible.

Vous pourriez rétorquer : « Oui, mais l’industrie c’est l’emploi, et l’emploi c’est nécessaire » : imbibés d’économisme que nous sommes, il est pour l’heure malheureusement difficile de penser autrement que par des logiques de marché, d’emploi, de gestion, de profits. Difficile de penser en dehors du politiquement correct, de ce qu’il est culturellement admis.

La critique superficielle portée par certains mouvements anticapitaliste pousse à bricoler des conforts fragiles et des béquilles pseudo éthiques qui seront récupérée par la logique capitaliste, c’est d’ailleurs le sens de ce salon... Aussi, ce tourisme de la bonne conscience ne doit pas être un écran occultant la capacité de voir au-delà de l’impasse touristique. Comme dirait Rodolphe Christin dans son article « Stop tourisme ! » publié dans le journal Moins ! (Juin - Juillet 2018) : « Il n’y a pas de bon ou de mauvais tourisme, il y a seulement des variations de degrés dans l’échelle de la nuisance. »

« Aider » à l’autre bout du monde est plus valorisé socialement, et moins engageant que de s’intéresser concrètement aux problèmes qui nous environnent… Le meilleur moyen d’être solidaire et responsable ne serait-il pas plutôt de prendre en main collectivement nos moyens d’existences, de ne plus déléguer les conditions de nos vies à des institutions et au marché, de se battre pour créer un monde commun ? Pourquoi chercher ailleurs dans des moments brefs de convivialité et des « espaces verts » que nous pourrions défendre et créer ici ?

A quoi bon aller sur la lune si nous sommes incapables de franchir l’abîme qui nous sépare des autres.

Pour nous contacter : anti-tourisme riseup.net"


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