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Pourquoi vous avez tout intérêt à rejoindre les gilets jaunes
envoyé le 21/03/19 par Cerise et Grenade Mots-clés  Révoltes / Luttes sociales 

Le mouvement des gilets jaunes, à Grenoble, est constitue en majorité de travailleurs aux revenus faibles, plus ou moins précaires, d’« auto-entrepreneurs », bref de la classe sociale à peine plus fortunée que les exclus, les marginaux et les gens dépendant directement d’allocations sociales. Même au niveau national, a part quelques rares intellectuels intègres et visionnaires (Merci F. Boulo et J. Branco entre autres), peu de membres de la classe moyenne rejoignent ce mouvement. Cette classe est pourtant nombreuse et particulièrement éduquée dans notre agglomération. Se sentir différents, au dessus des problèmes causés par la destruction des services publiques est une vision a court terme, qui n’est pas digne de gens instruits, et voici quelques arguments :

  • Vous êtes les prochains : En 2009, des voitures brûlaient a la Villeneuve. Les journaux condamnaient cette « violence » (qui n’était en fait que de la dégradation matérielle) et criminalisaient cette révolte sans jamais chercher la moindre explication sociale. A ce moment-la, les gilets jaunes d’aujourd’hui n’ont pas fait preuve du moindre soutient pour ces populations. Et maintenant, c’est leur tour de subir les conséquences du néolibéralisme et leur révolte est traitée de la même façon par les médias. Mais si les choses ne changent pas, cette classe étant finalement peu solvable car proche de la misère, ce sera demain votre tour d’enrichir les insatiables ultra-riches et de vous rapprocher de la misère. C’est le sens de la concentration des capitaux.
  • Vous avez intérêt a une société plus égalitaire : Vous habitez des quartiers résidentiels mais vous n’osez plus en sortir la nuit. Vous transportez 5kg de cadenas sur votre vélo car vous ne pouvez pas le laisser cinq minutes en ville sans qu’il disparaisse, vu qu’il vaut trois mois de RSA. La misère engendre la délinquance (sans même parler du terrorisme). Et contrairement aux très riches, vous n’êtes pas protégés. Vous avez tout intérêt à ce que les banlieues qui vous cernent jouissent d’un niveau de vie acceptable grâce à des services publics corrects. C’est le prix minimal de la paix sociale et de votre liberté de mouvement.
  • Vous avez un devoir : Vous vous êtes construits grâce aux services publics. La situation relativement confortable dans laquelle vous vous trouvez, vous en avez partiellement héritée de vos parents parce qu’ils ont pu épargner, et vous l’avez partiellement gagnée par votre assiduité scolaire, parce que l’école était d’une qualité correcte pour tous. Mais personne ne se construit seul. Vous avez bénéficié de l’enseignement, des transports, de la santé pour tous. Vous ne savez pas de quoi l’avenir sera fait, et vous devez conserver ces chances pour vos enfants et petits enfants. Ce sont des richesses que toute votre épargne ne leur permettra jamais de s’offrir de façon individuelle.
  • Vous dépendez directement de la situation des autres : Commerçants, professions libérales, employés du tertiaire, vos situations ne sont garantis que par les revenus des autres ou, pour les professions de santé, par la sécurité sociale. Si vous laissez les autres s’appauvrir, mécaniquement, vous allez vous appauvrir également.
  • Les situations instables sont dangereuses : Avec ou sans vous, les gens qui n’ont plus que leurs chaînes à perdre vont bouleverser le système. Vous avez tout intérêt a ce que ce mouvement ne bascule pas dans un autoritarisme archaïque car la liberté dont vous jouissez aujourd’hui (déplacement, information, culture) est indispensable a votre confort. Et la manière la plus efficace d’influer sur ses orientations, c’est d’être soi-même une part du mouvement.

Il ne faut pas perdre de vue que la société n’a d’intérêt que si elle offre a ses membres une situation plus confortable que si ils en sortaient. Elle ne peut souffrir le parasitisme actuel qui voit l’argent et les biens publiques se concentrer sans fin dans les mains d’une élite. Et cette élite, ce n’est pas vous…

Alors à samedi, treize au pied de la tour Perret.


envoyé le 21 mars 2019  par Cerise et Grenade  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Compléments
  • La bonne question, c’est : est-ce que les Gilets jaunes défendent les intérêts ouvriers ?

    Réponse : non. Il n’y a pas à s’interroger longtemps sur la raison pour laquelle les gros bataillons de salariés n’ont pas rejoint ce « mouvement » : il ne les représente pas. La classe ouvrière sait qu’occuper les ronds-points ne sert à rien. Elle sait que le RIC est un piège et ne servira à rien. Elle sait que la bonne question, c’est la lutte pour les salaires, contre les licenciements et réductions d’effectifs. Elle sait que le problème n’est pas le prix des carburants, mais le futur que nous réserve le capitalisme. Elle sait aussi que tout mouvement qui veut être positif se doit de discuter, de se réunir en AG, de poser la question de l’unité du mouvement, de se mettre d’accord sur les revendications et sur l’organisation que l’on se donne pour les faire triompher. Toutes ces questions étaient présentes au cours de la lutte anti-CPE. Elles étaient partiellement présentes dans le mouvement contre la réforme des retraites en 2010. Elles sont quasi-absentes des Gilets jaunes, où l’interclassisme et le populisme dominent clairement les débats.

    Il y a des prolétaires parmi les Gilets jaunes ? La belle affaire ! Sauver les services publics ? Le problème n’est pas celui-là, il est que la crise érode de plus en plus les moyens pour l’État de les financer. Commerçants, professions libérales et employés du tertiaire ou du secteur de la santé n’ont absolument aucun intérêt en commun : on parle ici d’un côté de la petite-bourgeoisie et de l’autre du prolétariat ! « Les gens qui n’ont plus que leurs chaînes à perdre vont bouleverser le système » : les Gilets jaunes, « bouleverser le système » ? Et comment vont-ils faire ? Ils n’ont même pas été capables de faire reculer franchement le gouvernement ! ! ! Et si j’ai bien lu, ce texte nous menace ni plus ni moins que d’une dictature des Gilets jaunes ! C’est ça, la perspective que nous offrent les Gilets jaunes ???

    Les Gilets jaunes sont un mouvement par nature impuissant, qui n’a aucune perspective propre à mettre en avant. Le fait qu’il soit pareillement sensible aux revendications de la petite-bourgeoisie et à des tendances qui relèvent du populisme le plus plat - complotisme, contestation des « élites », violence individuelle en son propre sein - est à ce sujet totalement significatif. Le mieux pour tout le monde est qu’il s’éteigne, le plus rapidement possible.


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