Ca chauffe à Berlin envoyé le 27/03/19 - Non locaux
EELV, réveille-toi pour les élections européennes ! envoyé le 26/03/19 - Non locaux - 3 compléments
Avis de tempêtes #15 envoyé le 20/03/19 - Non locaux

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 20

Réunion festival féministe Bad Astéroïdes envoyé le 27/03/19 - Ailleurs sur le web
Trois manifestations séparées à Grenoble ? envoyé le 24/03/19 - Ailleurs sur le web - 1 complément
Vérité et justice pour Adam et Fatih envoyé le 19/03/19 - Ailleurs sur le web
Journée de grève générale, de manifestation et d’actions envoyé le 19/03/19 - Ailleurs sur le web
Emission Radio Dégenré-e sur la Oi ! Féministe envoyé le 18/03/19 - Ailleurs sur le web

1 | 2 | 3 | 4 | 5

Nous saluons le changement de municipalité
envoyé le 05/04/14 Mots-clés  Ville / Environnement  Alternatives / Contre-culture 

Nous faisons partie des anarchistes grenoblois.es qui sont allé.e.s voter pour la liste Piolle au premier tour. Nous n’y serions pas retourné.e.s au second tour si celle-ci avait fusionné avec le PS. Merci à toi Safar pour ta fierté dégoulinante : tu nous as donné l’occasion inespérée de voter une deuxième fois ! Le soir du 30 mars, nous étions devant le musée de Grenoble pour saluer la victoire incroyable, historique, de cette opposition de gauche à l’appareil socialiste. Avec un sentiment étrange de ne pas être complètement à notre place et en même temps avec l’envie de célébrer quelque chose.

Nous voulons ici partager une analyse à chaud de la situation. En substance, nous voulons développer quatre idées :

- la victoire de Piolle n’est pas celle d’un homme et d’un parti, mais celle d’un vivier militant local,

- à Grenoble la contestation du PS n’a pas été favorable à sa droite mais à sa gauche, et c’est le signe réjouissant d’un sens critique populaire dans notre ville,

- toute équipe sincère au pouvoir est freinée dans son élan par des motifs structurels,

- lâchons toute attente envers la nouvelle municipalité et continuons ce qui compte : les luttes de terrain.

Derrière le visage de Piolle... une nébuleuse de militant.e.s de terrain.

Comme toujours, les médias nationaux ont analysé le changement de municipalité à Grenoble d’une manière bien réductrice. Ils ont parlé d’une « prise de guerre » d’Eric Piolle et d’Europe-Ecologie les Verts, son parti. Le choix de placer Eric Piolle en tête de liste était stratégique, il faut le reconnaître. De par son engagement militant de terrain (RESF, FCPE,...), son « profil grenoblois » (sportif, ex-ingénieur), ses attributs bourgeois (cadre, catho-humaniste...), ses airs humbles et aimables qui manquaient cruellement à ses concurrents, le nouveau maire incarnait une figure suffisamment consensuelle pour être rassembleuse à gauche du PS, et à la fois suffisamment rassurante pour que les caricatures de l’UMP et du PS, entre les deux tours, faisant planer l’ombre menaçante de Mélenchon derrière lui, ratent leur effet.

Mais la réelle nouveauté de cette liste, et les médias nationaux sont mal placés pour le comprendre, c’est que pour la première fois, une grande partie de l’opposition locale de gauche au PS a su travailler de concert. De l’ADES, petit groupe écolo connu pour ses positions très documentées, ses actions juridiques inlassables et quelques faits d’armes comme la chute d’Alain Carignon (maire de Grenoble de 1983 à 1995, emprisonné pour corruption), jusqu’au Parti de Gauche et même à la Gauche Anticapitaliste, plus radicale, les tractations n’ont pas dû être faciles pour se retrouver sous la même bannière. Certain.e.s prédisent d’ailleurs que l’union ne tardera pas à éclater une fois installée à la mairie, mais la campagne électorale, énergique, d’une intelligence tactique notable, donne la sensation d’une équipe plutôt solide.

Enfin la composante la plus significative, à notre avis, de la « liste Piolle », ce sont les Réseaux Citoyens, une fédération d’initiatives d’habitant.e.s, notamment contre les grands projets immobiliers menés à tout va par le PS. La contestation à l’Esplanade, autour du lycée Mounier ou encore contre la Rocade Nord a été réelle, large et durable ces dernières années. En général, le localisme de ce genre de luttes peut laisser prise à la récupération par la droite, pourtant ces collectifs ont choisi de se fédérer nettement à gauche autour de Piolle et de ses allié.e.s, garnissant du même coup sa liste de personnalités bien connues dans différents quartiers. Pour nous, la victoire de Piolle est donc avant tout celle d’une culture locale très vivace de l’engagement associatif et militant, qui a alimenté ces 20 dernières années une contestation grandissante contre le pouvoir socialiste.

Derrière le visage de Piolle... 20000 grenoblois.es qui ont voté pour lui.

Les « anarcho-libertaires » grenoblois.es, pour reprendre la tautologie chère au Daubé, ont été soigneusement absent.e.s de la campagne de Piolle (sauf un, qui est aujourd’hui élu). Pour autant, gageons que le discours de la liste rouge et verte avait un parfum familier pour bon nombre d’anars investi.e.s dans les luttes locales ces dernières années, qu’ils ou elles aient fait vivre des squats et des médias alternatifs, mené et soutenu des grèves, bataillé pour de meilleures conditions d’avortement, animé des émissions de radios féministes, agi contre les pubs, la candidature aux JO, l’ouverture de Minatec, l’A51, le Stade des Alpes, les expulsions de sans-papiers, le jumelage de Grenoble avec Ouagadougou et son dictateur... Mentionnons entre autres la tonalité « objection de croissance » d’une liste Piolle critique sur l’obsession de béton, de prestige et de grands projets inutiles qu’avait la mairie PS. Ou encore, son plaidoyer pour une « démocratie participative » effective, plus ambitieuse que le vernis « consultatif » scandaleux que Destot ou son adjointe Masson peinturluraient sur les décisions municipales.

La mairie PS paraissait indéboulonnable pour nous autres jeunes militant.e.s, agissant sur le terrain depuis 15 ans tout au plus. Nous avions commencé nos luttes sous l’ère Destot, et celui-ci semblait enchaîner les mandats à l’infini. Jérôme Safar avait attiré notre attention dès l’occupation du théâtre municipal le Rio, en 2003 : il était alors adjoint à la culture et, beau parleur, il avait promis de ne jamais vendre le bâtiment, qui est aujourd’hui propriété privée de Glénat. Bien plus tard, il s’était illustré dans le lancement pernicieux d’un vaste chantier de vidéo-surveillance. Plus les années passaient, plus nous le voyions monter dans la hiérarchie. A chaque apparition publique il nous faisait l’effet d’une caricature de jeune politicien, ambitieux, sûr de lui, très fort en rhétorique, inarrêtable dans sa course au pouvoir. L’entre-deux tours a été un coup de théâtre, lorsque son carriérisme s’est soudainement retourné contre lui, l’amenant à refuser une fusion de sa liste avec celle de Piolle. Il pensait pouvoir gagner alors qu’il était arrivé deuxième au premier tour. Au final il a essuyé une défaite cuisante : 40% des votes pour Piolle, 27,5% pour Safar. Plusieurs d’entre nous sont allé.e.s ce soir-là aux abords du local du PS pour savourer l’image d’un jeune loup qui mange ses canines. Quelle revanche extraordinaire face à un establishment local qui avait été, des années durant, si méprisant face aux luttes locales ! Quelle joie de découvrir que 20000 grenoblois.es n’avaient que faire de l’avenir mégalopolaire maintes fois vanté par les socialistes et avaient préféré l’optique « gauchiste » de Piolle !

Car si nous détournons les yeux des élu.e.s et si nous les portons sur les électeurs et électrices, le tableau est singulier. Qui sait quelle part de cet électorat voulait « juste du changement », « sanctionner le gouvernement », tombait sous le charme d’une tête de liste affable, voulait seulement une qualité de vie estampillée bobo. Mais quand même. En pleine « vague bleue », voilà que le « vote protestataire » se porte à gauche de la gauche à Grenoble : il y a de quoi deviner bon nombre d’allié.e.s ponctuel.le.s ou durables dans notre bonne vieille cuvette, et disons-le clairement, ça fait plaisir. Et c’est peut-être le signe que l’effervescence activiste révolutionnaire à Grenoble, loin de la marginalité supposée de ses positions, a participé à la construction d’un sens critique populaire à l’échelle locale.

« C’est que le pouvoir est maudit et c’est pour cela que je suis anarchiste » (Louise Michel)

Nous avons exposé pourquoi nous nous permettions de nous réjouir de la victoire de la liste « Grenoble, une ville pour tous ». Maintenant, quand nous considérons les six prochaines années, un mot revient partout autour de nous : « vigilance ».

Plusieurs des nouveaux et des nouvelles élu.e.s sont issu.e.s de la société civile. Ce côté « novice » est un gage de sincérité mais peut être aussi une faiblesse. Pas parce qu’ils et elles seraient « inaptes à gouverner » : la mairie regorge de technicien.ne.s pour les entourer dans leurs tâches (ou même les faire à leur place). Ce qui nous interroge plus, c’est le potentiel manque de culture politique d’une partie de ces personnes. A ces échelles de pouvoir, qui ne sont pas anodines, de gros marchés publics, des intérêts très forts et des pressions lourdes sont en jeu : des valeurs très solides et une fine capacité d’analyse économique et politique semblent indispensables pour être capables d’y résister. Est-il d’ailleurs seulement possible d’y résister ? La maxime de Louise Michel nous alerte sur le poids d’une structure pyramidale qui fait obstacle aux individus intègres, les menant soit à se conformer aux exigences dominantes, soit à gicler.

Quant aux élu.e.s plus expérimenté.e.s sur la liste Piolle, il y a aussi de quoi se méfier. PMO les accuse d’aller dans le sens de la technopole. Pour notre part, c’est le nom de Maryvonne Boileau qui nous a fait frémir : nous l’avons connue il y a quelques années, présidente d’Actis, et elle avait la main leste sur les expulsions de squats.

Il est donc permis de craindre des déceptions ces prochaines années. Des promesses trahies ; des « tournants de la rigueur » ; des élu.e.s accroché.e.s à leur poste et leur salaire plutôt qu’au projet politique initial ; des lignes politiques finalement pas si différentes de celles du PS.

Quel est le meilleur antidote contre la déception ? L’abandon de toute attente. Au risque de répéter un poncif anarchiste, gardons-nous de nous reposer sur nos élu.e.s, même si ces personnes ont l’air bien intentionnées. De toutes façons la question importante n’est pas « qui » on met aux sièges du Conseil, mais la structure elle-même. C’est la démocratie représentative que nous voulons abolir, pour gouverner nous-mêmes. Et ni Piolle ni ses co-listier.e.s n’ont publiquement exprimé le désir d’une transformation sociale globale.

C’est nous qui menons la danse.

Mais ne crachons pas non plus dans la soupe. Les mesures de la nouvelle municipalité, si elles sont un tant soit peu conformes à ce qui a été annoncé, devraient freiner la hausse des prix du chauffage, des transports, des loyers, de l’électricité. Elles devraient permettre aux enfants de vivre leurs journées dans des écoles moins surpeuplées, moins anxiogènes. Elles devraient limiter même l’agressivité du milieu urbain, en diminuant la pub, la place de la voiture, les nouvelles constructions. Pour la plupart d’entre nous, et surtout en bas de l’échelle sociale, ces bols d’air ont du poids dans une existence où l’on doit batailler de tous les côtés.

Ces acquis nous endormeront-ils ? C’est l’éternelle question des victoires partielles : par exemple celles que l’on obtient suite à une lutte syndicale. L’essentiel n’est pas dans la victoire elle-même, mais dans la force et l’autonomie des liens entre les personnes qui luttent. Il ne tient qu’à nous de ne pas nous endormir et de faire de cette victoire politique partielle un tremplin pour nous relancer vers les objectifs suivants. Nous nous appuierons sur l’expérience rouge et verte qui s’ouvre aujourd’hui pour fourbir nos armes, nous renforcer, et reprendre de l’élan. Pas seulement en jouant les éternels aiguillons critiques de la « gauche de la gauche », mais avant tout en continuant à nourrir les dynamiques collectives sur le terrain.

Piolle n’a-t-il pour horizon qu’un capitalisme vert, « à visage humain » ? Qu’importe. Ce qui importe n’est pas son horizon mais le nôtre. Nous savons que l’écologie, la liberté de créer et l’égalité sociale impliquent, pour avancer réellement, d’en finir avec l’économie capitaliste, c’est-à-dire le poids du profit privé sur la production collective, et l’existence d’un marché du travail et des capitaux. Nous savons que la lutte contre les rapports de dominations sera inachevée tant qu’existeront des classes, qu’elles soient sociales ou de genre. A nous de continuer dans cette direction.

Le pouvoir politique n’est jamais le cœur du changement social, et nous savons que plus d’un co-listier de Piolle le sait. Le cœur du changement social se trouve dans la population. Le pouvoir politique ne vient qu’au deuxième plan : il peut refléter l’état d’avancement d’un mouvement social, il peut relayer ses revendications en haut lieu, il peut redonner du courage, il peut protéger des initiatives contre la pression capitaliste, il peut freiner certaines oppressions. Il souffle où va le vent : si le tissu social est apathique il se tourne contre lui. Quand le tissu social est fort, il le suit. Donc nous n’attendons rien de Piolle, et nous ne lui en voulons pas non plus de ne pas être assez radical.

L’initiative qui compte, et qui marche, c’est toujours celle de la base. Ce sont les rapports solidaires, dignes, libres, que nous construisons au quotidien, dans nos quartiers, nos lieux de travail, nos réseaux d’ami.e.s ou nos familles, en lien avec un projet social conscient et discuté sans relâche.


envoyé le 5 avril 2014 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Compléments
  • 6 avril 2014 12:45

    « - la victoire de Piolle n’est pas celle d’un homme et d’un parti, mais celle d’un vivier militant local, »

    oui, le « vivier militant local » met depuis des années des politiques de tout bord devant leur responsabilités et ça a forcement joué pour avoir ces résultats mais il faut pas oublier le « vivier bobo-ingé à tendance écolo » qui a du passer du vote PS-Destot au vote Vert-Piolle

  • 6 avril 2014 23:55, par Un anarchiste

    Que les écotechs et citoyennistes accèdent au pouvoir en récupérant dans les urnes les luttes de terrain des militants radicaux, on le savait depuis longtemps. Mais fallait-il vraiment que des « anarchistes » se félicitent publiquement d’être les supplétifs et pourvoyeurs de voix d’Europe Ecologie-les Verts ?
    Cette autosatisfaction (« Et c’est peut-être le signe que l’effervescence activiste révolutionnaire à Grenoble, loin de la marginalité supposée de ses positions, a participé à la construction d’un sens critique populaire à l’échelle locale ») est le meilleur moyen de continuer à s’aveugler sur le bilan de 10 ans de luttes anarchistes à Grenoble et sur leur influence réelle. Elle garantit qu’on ne se donnera pas trop de mal pour forger les armes qui nous permettraient peut-être un jour de peser réellement dans la vie de la cité.

    Mais certains anarchistes se contentent si bien de l’ivresse du pouvoir par procuration...

  • Un anarchiste ne vote pas, il ne vote pas par ce que ça le dégoutte, pour des tas de raisons que vous semblez ignorer, et par ce qu’il n’est pas « inscrit », sur leurs listes.
    Manifestement, vous étiez « inscrits », ne vous étonnez pas du résultat, ça devait vous arriver un jour ou l’autre.
    Tirez en les conclusions vous mêmes, et adhérez au FdG ou au NPA, vous y vivrez une fructueuse carrière d’oppositionnel, ils ne demandent que ça.
    Vos déclarations ne font que confirmer, l’état de décomposition avancée de l’anarcho-tourisme politique, pratiqué à Grenoble.

  • 7 avril 2014 16:40, par un parmi d’autres

    Etait-ce bien la peine, durant toutes nos batailles des dernières années, de revendiquer haut et fort « l’autonomie des luttes », de rester défiants et défiantes envers les politiciens de toutes couleurs, d’inscrire nos luttes dans une perspective libertaire ?
    Etait-ce bien la peine, si au lendemain des élections, on publie des communiqués de soutien à la nouvelle municipalité en la déclarant héritière de toutes ces batailles ?
    Qu’est-ce qu’on gagne à faire ça ? Qu’est-ce que les luttes gagnent ?
    Et surtout, qu’y perdent-elles ?

    Eric Piolle n’a pas besoin du soutien des anarchistes : de toutes façons il est déjà élu. Eric Piolle est maintenant un paramètre à prendre en compte.
    Publier un communiqué de soutien à la municipalité « rouge et verte » sur Indymédia, ce n’est pas prendre en compte un paramètre. C’est se rallier, faire allégeance politique. C’est se déforcer.
    Peut-être que de nombreuxz anarchistes grenoblois-es ont voté Piolle. Peut-être seulement deux ou trois (j’ai des noms). Mais de là à revendiquer politiquement et en tant qu’anarchistes un soutien à EELV et cie, en les déclarant héritiers de nos luttes, il y a un gouffre.

  • 7 avril 2014 18:01

    Oui Bof...

    Eric PIOLLE élu avec 23,19 % des inscrits, pas de quoi fanfaronner.
    Cette liste c’est une bonne partie des anciens des précédentes mandatures de Michel DESTOT !
    Liste citoyenne ? Oui pour quelques-unes quelques unes, mais pour la plus part ils étaient ou sont encore encarte-e-s chez les Verts EELV.
    Bref une liste bric a brac pour faire jolie.
    Du neuf avec du vieux, un peu de marketing (beaucoup), un gendre idéal (?) et vous obtenez
    une mairie bobo vert après une mairie bobo rose.

    On a cloné Michel DESTOT !

    Juste au passage le clientélisme est déjà en marche à La Villeneuve !
    Pour faire taire certain sur la faillite de LA MAISON DES HABITANTS DES BALADINS,
    on leur propose emploi et logement !

    Vive la démocratie !

  • 8 avril 2014 13:04, par Un vieil anar qui n’a pas voté Piolle

    Même si je ne vote pas car je ne crois pas au changement de société par le haut, je salue l’honnêteté des rédacteurs de cet article ainsi que leur ouverture d’esprit (qualité faisant hélas défaut à trop de compagnons, en témoignent les différents commentaires méprisants).

    Alors que certains opposants décortiquent de manière rigoureuse la situation sociale et politique mais malheureusement par un tout petit bout de la lorgnette (ex avec la technologie), et ont donc une vision extrêmement réductrice de la complexité sociétale, les anarchistes rédacteurs du texte analysent de manière juste que dans certains domaines pénibles au quotidien (chauffage, transport, loyer, électricité, école...) la situation devrait s’améliorer.
    Ils ont aussi la lucidité de penser qu’il ne faut de toute façon pas se reposer sur les élus, rester vigilants et poursuivre les luttes (convergentes de préférence, pour peser plus) car comme ces anars qui ont voté pour la liste du « vivier militant » l’indiquent : quand le tissu social est fort, le pouvoir politique le suit et peut freiner certaines oppressions.

    Dans la grande majorité des autres communes de France, c’est plutôt du côté de l’extrême droite que la balance a penché, alors à choisir, je préfère le résultat grenoblois.
    Et pourquoi le bouillonnement activiste présent sur la cuvette ne finirait-il pas par influer les opinions de la masse ? C’est bien un de ces objectifs, non ? S’il avait pour seul but de flatter les convaincus, il n’aurait aucune utilité. Ce n’est pas faire allégeance au pouvoir politique que de constater cela. Sans se voiler la face pour autant, une longue (peut-être interminable ?) bataille nous attend encore, mais pour moi ce sont les prémices de nouvelles pensées qui se mettent en place.

  • Safar, habituellement si prompt à gloser sur l’actualité sur son blog est encore tout abasourdi de sa défaite.
    En finir au moins pour 6 ans avec cette classe dirigeante de pseudo-gauche qui a toujours méprisé les luttes locales, et voir l’orgueil de ce maître de la langue de bois se prendre une grosse claque, c’est vrai que c’est assez jubilatoire !
    http://jeromesafar2014.fr/

  • 8 avril 2014 18:16, par Juliette

    Le groupe des anarchistes comme tout groupe humain n’échappe pas à la règle de l’éventail d’idées et de positions en son sein.
    Alors s’il y a des anars qui ne votent pas et qui l’assument très bien, si d’autres votent exceptionnellement et expliquent leur motivations, très bien aussi.
    C’est positif cette diversité qui permet de lutter contre le pensée unique.
    La FA n’est pas une fédération figée faite de militants qui seraient toujours d’accord sur tous les sujets, n’est-ce pas ce qui fait la richesse d’un collectif ?
    Sinon c’est la consanguinité cérébrale qui n’est jamais bien fertile en matières d’idées émancipatrices et anti-aliénantes.

  • 8 avril 2014 18:46, par Mauvaise élève

    Je vois bien que je ne serai jamais anarchiste. Je ne vote pas, je ne défends pas l’école « publique » d’aujourd’hui, je ne me réjouis pas d’une participation « citoyenne » à la gestion des nuisances.

    En revanche, je sais une chose que même les plus impudents des apprentis commentateurs politiques devraient savoir. « Grenoble » n’a pas basculé « à gauche de la gauche ». « Grenoble » ne signifie rien. Les électeurs de 2014 ne sont plus ceux de 2008, encore moins ceux de 1995. La population de cette ville connait un double mouvement sous l’effet de la technopolisation - bientôt démultiplié par la métropolisation : implantation de cadres à durée de séjour limitée (3, 5, 8, 10 ans), expulsion vers les communes extérieures, de plus en plus lointaines, des couches modestes et pauvres.

    Les pauvres qui s’en vont voter ailleurs (quand ils ne s’abstiennent pas) ne peuvent hélas pas ajouter dans les urnes leurs bulletins à ceux des anarchistes. Ce qui, Bakounine nous préserve, nous évite la honte d’un vote croissant pour l’extrême-droite. Ceux qui votent comme nos anarchistes grenoblois, ce sont les cadres des labos adhérents d’associations humanitaires pour l’Afrique, les créateurs de start up abonnés de la MC2, les entrepreneurs en gestion des fractures sociales, en SCOP avec un compte à la Nef. La victoire de Piolle est celle d’une ville allégée des plus faibles, pilotée par des gagnants à bonne conscience. Puisqu’ils sont de gauche. Heureusement qu’on a des anarchistes pour nous expliquer la vie, tout de même.

  • 9 avril 2014 07:01, par Roaringriri

    A chaque fois que des anarchistes© ont fait le choix de « soutenir », ou même de ne pas condamner, un pouvoir bureaucratique, ils ont détruit leur propre mouvement, et en ont pris plein la gueule, par ceux là même qu’ils avaient arrêté de combattre.
    Qu’il s’agisse d’Italie, de Russie, de France ou d’Espagne, s’aventurer sur le terrain de l’ennemi, ou même simplement proposer une trêve unilatérale, au nom du « réalisme », les a conduit à un désastre.
    Le mouvement militant se casse en deux, et les « sympathisants » se dégouttent avec raison.
    « Tout pouvoir est maudit ». Il faudrait s’en souvenir avant le désastre, et pas seulement après.
    On sait bien que ce genre de dérives, est le résultat d’une croissance du mouvement, qui incapable d’envisager sa propre bureaucratisation, pensant être protégé par son discours, finit par agréger des ambitieux qui jouent leur propre partie. Des gens ne pouvant trouver sur le terrain de l’anarchisme de quoi occuper leurs envies de reconnaissance sociale, vont la chercher chez leurs ennemis.
    La médiocrité militante des anars grenoblois, rend leur trahison plutôt risible, on est loin des anarcho-syndicalistes qui adhèrent au PC, ou qui à l’inverse, 30 ans plus tard, renforcent un syndicat financé par la CIA, au nom de l’anti-communisme. Sans parler de la trajectoire d’un Onfray.
    Là, on est quand même dans la militance bas de gamme.

  • 9 avril 2014 11:14, par un partisan de l’union plutôt que de la division

    L’« expulsion vers les communes extérieures, de plus en plus lointaines, des couches modestes et pauvres » est à relativiser quand on sait que Grenoble compte un taux de logements sociaux élevé (supérieur aux 20% de la loi SRU) et supérieur à de nombreuses villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Bordeaux, Toulon...) et même supérieur à de plus petites communes de l’agglo (Fontaine, Sassenage, St-Egrève, Gières, Eybens...).
    Pour côtoyer un certain nombre de chercheurs et autres « cadres des labos », j’ai pu faire le constat que ce n’est pas pour Piolle qu’ils ont voté majoritairement mais pour Safar qui, dans la droite ligne tracée par son mentor Destot, promettait beaucoup plus d’avantages à cette catégorie de la population que la liste EELV-PDG-Réseau citoyen-Alternatifs-Ades-Gauche anticapitaliste. Et oui ça fait une longue liste de courants divers et variés et c’est aussi une des raisons de leur victoire (en plus du vote sanction du PS au niveau national) car c’est rare que différentes tendances plus à gauche que le PS parviennent à unir leur force plutôt que de toujours être dans la division. Et là se trouve probablement une des clés de la réussite des luttes. Alors si des anars veulent se joindre au mouvement, ils sont les bienvenus, on ne sera jamais de trop pour pourfendre le capitalisme. Que d’autres poursuivent leur combat loin des partis politiques est aussi indispensable. Un changement de société à la fois par le bas et par le haut n’est-il pas le meilleur moyen de garantir une réelle transformation sociale et écologique ?

  • 10 avril 2014 11:44, par un anarchiste qui a voté Piolle et qui a participé à écrire l’article (...)

    Notre article a suscité une belle volée de commentaires véhéments. Certain·e·s semblent avoir le mépris facile. Peut-être qu’ils ou elles ont été tellement énervé·e·s par notre titre (« nous saluons le changement de municipalité ») et notre signature sacrilège (« des anarchistes qui ont voté Piolle ») qu’ils ou elles ont lu le texte en diagonale.

    Qu’on se rassure : nous n’avons nullement pondu ici un « communiqué de soutien » à la nouvelle municipalité et encore moins à EELV. Justement nous nous sommes efforcé·e·s de détourner les projecteurs du parti vert-capitaliste pour mettre l’accent sur d’autres facteurs qui ont concouru à la victoire de Piolle. La question qui nous intéresse ne concerne pas les nouveaux et nouvelles élu·e·s, mais ce qui s’est passé dans la population grenobloise le 30 mars 2014 et avant. Cette claque électorale locale pour le PS et la droite peut-elle être analysée comme une victoire partielle pour un mouvement qui vise un changement social global ? Et si oui, est-on en droit de s’en réjouir publiquement ?

    Au lendemain de l’élection ont fleuri sur Indymedia-Grenoble des articles critiques plutôt centrés sur le nouveau maire, tant mieux. La critique sociale, c’est essentiel, c’est sain, et chez les radicaux/ales, « on » sait faire. Parfois ça sent un peu trop la compétition à-celui-qui-sera-encore-plus-critique-que-la-gauche-critique. Mais le risque principal de ne développer QUE cet angle de vue, c’est de nourrir le cynisme et le fatalisme. Le réflexe de la vision du verre à moitié vide, où le technopatriarcapitalisme est toujours l’acteur principal de la scène, ce réflexe nous désarme et nous bouche toutes les issues. Evidemment le danger inverse serait une sorte d’arrivisme, où le moindre fait social (par exemple, des voitures qui crament) serait benoîtement interprété comme « la preuve que la révolution est en marche ». Je trouve important de développer une pensée dialectique, où s’articulent d’une part l’analyse critique, et d’autre part la capacité de repérer les germes de subversion hors des milieux autorisés. Et ces germes sont par définition confus, incomplets, bobo, vulgaires, contradictoires : sinon ce ne serait plus des germes.

    Piolle et EELV veulent-illes récupérer « nos » luttes ? Peut-être. Mais ce qui doit nous occuper, ce n’est pas le spectacle du machiavélisme et autres cruautés des classes dominantes, mais nos initiatives. Cessons de nous offusquer quand nous voyons que le marché ou les politiciens reprennent « nos » belles idées, c’est leur triste métier. Ce qu’ils ne répriment pas, ils le récupèrent, nous le savons par cœur. Par nature, le capitalisme se jette sur tout besoin social qui émerge en se frottant les mains (« chouette ! Un nouveau marché ! ») et en le vidant si besoin de la seule chose qui peut le menacer vraiment, c’est-à-dire une visée globale, qui poserait explicitement un autre fonctionnement social et économique que le sien. Pour le système en vigueur, le bio c’est super tant que ça reste dans le cadre du marché capitaliste et du profit privé. Et alors ? Ca n’empêchera pas les paysan·ne·s sincères de continuer à faire du bio (labellisé ou non) et de continuer à agir, collectivement, pour mettre à bas l’industrie agro-alimentaire et produire et transmettre la nourriture sur de nouvelles bases.

    N’en déplaise peut-être à PMO ou au Postillon, la diffusion de leurs remarquables enquêtes critiques prend une ampleur étonnante et se répercute sans doute parfois, pour des lecteurs et lectrices, dans des gestes politiques discutables (par exemple le vote), mais plus habituels et plus accessibles que la participation à des collectifs radicaux qui n’ont pas de porte d’entrée. Cessons de nous en plaindre. A Grenoble, depuis des années, nous essayons de populariser des réflexions et des pratiques, et ces élections municipales nous font penser qu’effectivement, peut-être, dans une certaine mesure, elles font écho chez une partie des habitant·e·s et elles se diluent (l’ambiguïté du terme est volontaire) dans le microcosme local. L’ambiance ici change un peu. Ce n’est pas rien ! En quoi cela nous empêcherait-il de continuer à pointer, avec précision, ce que nous voulons au-delà ?

    Nous n’avons pas appelé à voter Piolle. Mais personnellement j’ai voté pour sa liste et je pense qu’il est important de l’assumer. Cela fait des années que je n’avais pas voté. Si les anarchistes partagent une volonté d’atteindre l’autogestion généralisée, donc une critique nette de la démocratie représentative, les modes d’action employés se discutent au cas par cas, en pondérant leur sens, leurs conséquences, le monde qu’ils font exister. Nous ne sommes pas toujours d’accord entre nous là-dessus et chaque nouvelle situation donnera lieu à débat : il n’y a pas de recette et tant mieux. Pour nous il était important de faire savoir aux lecteurs et lectrices d’Indymedia-Grenoble que tou·te·s les anarchistes ne sont pas des fétichistes de l’abstention. Ni du municipalisme libertaire, d’ailleurs. Ni de la violence émeutière, et ni de la non-violence. Ni du squat, et ainsi de suite.

    Mais bon, l’actualité n’est plus vraiment au débat sur voter Piolle ou non... Puisque je ne porte pas mes attentes sur la nouvelle municipalité, le débat qui m’intéresse portera plutôt sur les moyens, dans ce contexte politique local relativement neuf, de continuer à construire un tissu social autonome de qualité et une visée révolutionnaire explicite. Continuer la lutte, quoi. Et ce débat a déjà commencé, hors internet.

    P.S. Pour info, nous ne sommes pas à la F.A. :) (cf. un des commentaires ci-dessus)

  • 12 avril 2014 10:19, par Le local autogéré

    Certains des commentaires précédents sont qualifiés de méprisant. Ils
    sont pourtant bien mesurés quand l’article qui les a suscités est lui
    une belle preuve du mépris.

    Le mépris de toutes les personnes qui font face chaque jour à la
    violence de l’Etat et de tous les rouages qui l’animent de haut en bas,
    dans les commissariats, les taules, à pôle emploi, à la CAF, à la mairie
    comme à la région.

    Le mépris de la réalité d’un monde capitaliste dont le lavage
    écolo-socialiste ne fait que recycler la vieille recette de l’invention
    de nouveaux besoins pour dégager de nouveaux profits.

    Le mépris de l’Histoire et des enseignements qu’il est pourtant facile
    de tirer des décennies de fantasme d’une sociale-démocratie qui a
    toujours cru qu’elle saurait utiliser le pouvoir d’une manière
    intelligente, contrairement à la méchante droite. Et puis, combien de
    temps devrez-vous voter Piolle pour que le monde change si dans 6 ans,
    tout reste encore à faire malgré toutes les luttes que vous aurez su
    mener sous les auspices favorables d’une municipalité que vous saluez ?

    Le mépris de tou/tes les anarchistes entaulé/es car ils/elles ont osé
    réclamer de manière radicale la liberté
    Elles, oui, nous les saluons haut et fort !

  • 14 avril 2014 21:45

    nous parlons ici de moyens d’actions qui nous restent face à cette nouvelle municipalité. tous les jours nous essuyons des refus face à leurs bons engagements, tous les jours nous devons re discuter de nos positions au sein même de nos collectifs par la cause de ce nouveau maire...
    bien sûr que personne n’est dupe de ses actes mais tout le monde a voulu y croire pour une fois, et cette fois ci nous nous retrouvons au pied du mur divisées et faibles puisque certaines sont dans la mairie...
    ne justifions pas nos actes individuels (comme d’avoir cru que cette liste nous aiderait) comme des actes politiques qui sont forcément dûs à nous et qui nous aiderons dans le futur, piolle reste et restera un homme politique, nous ne serons jamais du même bord sinon il nous reste plus qu’à nous présenter aux élections...

  • 15 avril 2014 18:57

    Petite réaction a chaud sur l’article et les differents messages :
    Ayant rencontré Piolle le soir de son élection pour les expulsions des hébergements d’urgences, je vous rassure :
    IL NE FERA RIEN
    Après nous avoir sorti le grand jeu « Moi aussi j’ai était militant » et « moi aussi on m’a déjà bloqué à l’entrée de la mairie », lui et sa clique (dont un certain Enzo, étudiant en philosophie et homme de l’ombre de Piolle, une sorte de « spin »doctor« qui a crée »l’image Piolle") se sont empétrés dans leurs contradictions : etre dans les bons souliers de la pref (PS) ou garder une image gaucho-verdissant d’ex-militant : Et hors caméra la réponse fut brève et pour une fois sans langue de bois : il ne fera rien pour les sans-logis. (1500 personnes selon lui).
    N’ayez crainte, on sera toujours plus nombreux à squatter sa mairie, non pas pour lui demander, le supplier ou avoir de « l’espoir » mais pour le faire tomber, le mettre lui et sa bande devant les contradictions entre leurs discours et la réalité de leurs actes.
    Certain-es me dirons qu’il faut de la tempérance et relativiser les choses et qu’avec se genres de propos c’est le FN qui gagne.

    Foutaises !

    , Ne me demandez pas de me taire quand la violence, la barbarie, le mépris et le mensonges nous sont crachés à la gueule par ce genre de louvetau affamé de techno-pouvoirs grenoblois et de salaire conséquent.
    Anarchiste ou pas, moi et beaucoup d’autre nous sommes contre TOUS les pouvoirs, de gauches comme de droites et nous ne sommes pas « un contre-pouvoirs » mais une myriade de personnes essayant au maximum de nuire à toutes celles et ceux qui chercheraient à obtenir la moindre parcelle de gouvernance sur autrui.

  • 16 avril 2014 12:36, par Bayou

    En partant du principe qu’on est contre tous les pouvoirs et qu’on cherche à leur nuire, on est dans une position telle que lorsqu’on rencontre un de ces détenteurs de pouvoir, on n’aura de toute façon aucune confiance en son discours, et on lynchera allègrement et {a priori}, donc avant même que toute action soit engagée.
    Rien de plus logique.

    Je me demande si la caricature de la nouvelle municipalité dépeinte par certains commentaires (mépris, barbarie, violence…) est le symptôme d’une haine viscérale envers le monde politique ou le symptôme d’une paranoïa qui découle d’un mal être social, par ailleurs pleinement légitime dans le monde dans lequel on vit.

    J’ai lu un peu plus haut : « piolle reste et restera un homme politique ». D’abord, un rappel : la municipalité n’est pas composée que de son maire mais aussi du Réseau citoyen, de la Gauche Anticapitaliste, du Parti de gauche, de l’Ades… Ensuite, tout dépend de ce qu’on entend par « politique ». Piolle n’est pas un de ces hommes politiques retors et condescendants qui trustent le pouvoir. Il n’a fait son entrée à EELV qu’en 2009. Pourtant, il a un long parcours de citoyen engagé à son actif :

    - parent d’élève engagé à la FCPE,
    - cofondateur en 2005 d’un collectif d’aide aux familles sans-papiers (affilié à RESF),
    - il a pris position contre la démolition du Lycée Mounier, contre la construction de la Rocade Nord, contre les opérations dispendieuses liées à la candidature de la ville aux Jeux olympiques.
    - En février 2011, alors qu’il était cadre dirigeant chez Hewlett-Packard, il a été licencié par son entreprise pour s’être opposé à un plan de délocalisation. Rien de moins que 600 salariés sur 1600 se sont mobilisés pour le soutenir.
    - En 2012, il est cofondateur avec Edgar Morin et Pierre Larrouturou entre autres, du collectif Roosevelt (association qui aspire à la construction d’une société plus juste et plus solidaire).

    Une des premières mesures qu’il a prise lundi 14 avril 2014 a été d’annuler l’augmentation de salaire de 25% votée aux élus par la précédente municipalité.

    Bref, je ne cherche pas à le défendre mais tout ça est assez proche des positions de beaucoup de lecteurs d’Indymedia, si je ne m’abuse.

    Alors certes ce n’est pas un anarchiste ni un sous-commandant Marcos et on pourra toujours critiquer la nouvelle municipalité - et heureusement qu’on la critiquera – la démocratie ne se résume pas à un bulletin dans l’urne. Mais il me semble qu’il faut tout de même établir une distinction entre certains faits politiques, entre certaines personnes publiques car l’amalgame n’est jamais signe de réflexions pertinentes et conduit trop souvent à des erreurs de jugement.

    Quoi qu’il en soit, il faudra attendre pour constater, sur le long terme, de quoi est capable l’alliance verte, rouge et citoyenne forgée à Grenoble. Et si la déception est au rendez-vous, elle dégagera.

    Mon commentaire déplaira probablement à certains partisans de la destruction totale de la société actuelle, dont les arguments peuvent d’ailleurs être pertinents mais relèvent surtout d’un monde à créer ex-nihilo plutôt que de se démerder avec celui qu’on a entre les mains.


Commentaires modérés à priori

Les compléments de cet article sont modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'aprè;s avoir été validée par un membre du collectif.

Saisissez votre compléments

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


copyleft Copyleft Indymedia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.2.3
Top