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Redonner un sens au tourisme, ou redonner un sens à nos vies ?

Tract distribué lors du 35 éme festival du film de montagne à Autrans du 5 au 9 décembre 2018.

Le débat-rencontre « Transition du tourisme : reconstruire du sens collectivement » que la 35e édition du Festival International du Film de Montagne à Autrans propose nous a interpelés et c’est pourquoi nous intervenons. En effet, nous nous intéressons au tourisme et à sa critique au sein d’un collectif grenoblois et cherchons également à « reconstruire du sens collectivement ».

Mais contrairement à ce qui est proposé dans l’intitulé de ce débat, nous ne pensons pas qu’une « transition du tourisme » soit porteuse de sens. Nous pensons que celui-ci se trouve d’abord là où l’on vit, dans ce que l’on fait, dans ce qui construit notre réalité quotidienne, en répondant à des besoins réels directs, sans l’intermédiaire de l’argent qui n’a finalement pour seul but que son accumulation. Ceci est à l’opposé de la logique touristique qui nous conduit à être dans une vision surplombante et
détachée de ce qui nous entoure, à vouloir rentabiliser son voyage et ses « expériences » quelle que soit l’apparence sociale qu’elles puissent avoir. Aujourd’hui la vie en montagne est pratiquement dépendante d’un tourisme qui s’est développé à partir de la fin des années 1960 et s’est accentué une fois que les villages de montagne se sont drastiquement, voir totalement vidés. Nous pensons qu’une transition du tourisme n’adaptera pas la montagne aux besoins de celles et ceux qui y vivent, mais sera seulement une béquille pour les maintenir dans ce modèle capitaliste qui nous pousse à nous vendre pour pouvoir survivre.

Nous trouvons honnête de relativiser la notion de « voyage » et de le questionner. Mais devrait-on et pourrait-on « lui redonner ses titres de noblesse » ? Et de quel titre de noblesse parle-t-on ? Doit-on circonscrire le tourisme à un simple réaménagement de ce qui existe ? Ne doit-on pas le
questionner dans ses fondements ? L’idée de tourisme est-elle devenue si naturelle et greffée aux esprits qu’il n’est plus pensable de supposer un monde sans ? Le tourisme n’est-il pas un des éléments majeurs qui a transformé le territoire en décor, une fois qu’à l’après-guerre l’agriculture intensive des plaines ait désertifié ces territoires ? Dès lors, quelle « vie des vallées », quels « savoir-faire », quelle « richesse de la montagne » espère-t-on encore défendre ou promouvoir grâce au tourisme de montagne ? Cela ne fait-il pas belle lurette que les quelques « savoir-faire » des montagnards qui ont été conservés ne correspondent plus à aucune réalité des besoins de leur communauté ? Ne répondent-ils pas principalement aux besoins du marché touristique ? Idéalisée, la vie montagnarde « d’antan » est brandie pour nous distraire et nous donner à rêver de traditions passées. Ceci est peut-être fort divertissant mais n’est qu’une adaptation d’activités en fonction des nouvelles exigences touristiques.

Le dépeuplement des montagnes et la conversion d’une production vivrière vers une économie capitaliste a anéanti définitivement les cultures montagnardes. Celles-ci ont tout bonnement disparues. Que l’on ne s’y trompe pas, valoriser « la vraie richesse de la montagne » consiste simplement à réduire la vie des humains à une pauvre vision économique qui se soucie en apparence seulement de ce qui fait de nous des êtres sensibles. Il ne nous reste plus qu’une culture folklorisée faisant de la
montagne un gigantesque Disneyland où chacun doit apprendre à tenir un rôle pour divertir les visiteurs. L’économie touristique en prenant le pas sur toutes les autres formes d’activités, a conduit les habitants prolétarisés des vallées à être dépendants du flux touristique. Il suffit de s’y rendre « hors saisons » pour comprendre le néant social et économique dans des villes-stations fantômes.

Pour nous contacter : anti-tourisme riseup.net


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