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La PMA n’est pas naturelle, le couple hétérosexuel et ses enfants biologiques non plus

Il y a quelques temps, un article intitulé Ni Manif pour tous, ni reproduction artificielle de l’humain était publié sur de nombreux sites alternatifs. Cette tribune, signée par Alexis Escudero et Pièces et Main d’Œuvre, semble avoir pour vocation l’amorce d’un débat autour de la procréation médicalement assistée (PMA). C’est là le seul point avec lequel nous nous accordons avec les auteurs de l’article : un débat sur le sujet est nécessaire. Voici donc quelques éléments de réflexion.

Procréation médicalement assistée et égalité

A l’heure actuelle, en France, la PMA est ouverte aux couples hétérosexuels infertiles ou porteurs d’une maladie grave susceptible d’être transmise à l’enfant. L’objectif est de pallier à une impossibilité physique à concevoir par le biais de différentes techniques médicales (stimulation ovarienne, insémination artificielle avec spermatozoïdes du conjoint ou ceux d’un donneur, fécondation in vitro). C’est une procédure longue, fortement médicalisée, souvent douloureuse physiquement et/ou psychiquement et qui se solde fréquemment par un échec ou un abandon de la procédure [1].

La PMA n’est donc pas exactement une solution miracle et peu fatigante destinée uniquement à la caste des bourgeois riches et eugénistes pressés d’obtenir l’enfant idéal par catalogue et aucune femme n’y a recours parce qu’elle trouve cela plus agréable que d’avoir une relation sexuelle avec son conjoint. Si des dérives eugénistes existent, elles ne justifient ni de généraliser hâtivement sur des situations complexes, ni de mépriser les souffrances de personnes qui ont été contraintes de recourir à cette béquille technologique (béquille qui est plutôt une jambe de bois c’est-à-dire, pour ceux qui y ont recours, un truc bancal et bourré d’échardes).

Plusieurs mouvements LGBTI [2] revendiquent aujourd’hui l’accès à la PMA pour les couples de lesbiennes et pour les femmes célibataires, ainsi que la reconnaissance légale des enfants nés ainsi d’une part, et de leurs parents d’autre part. Il s’agit bien de réclamer l’égalité. Une égalité subversive qui mettrait à mal le modèle patriarcal de la Famille Papa Maman. Une égalité qui permettrait aux lesbiennes et aux femmes célibataires de ne plus être soumises au cadre du mariage, au bon vouloir du copain qui éjacule dans un pot de yaourt [3] ou de devoir consentir à des rapports sexuels plus ou moins souhaités dans l’espoir de tomber enceintes. Il s’agirait bien d’avoir les mêmes droits et d’éviter la PMA à deux vitesses où soit l’on a les moyens de se payer les services d’une clinique à l’étranger, soit on bricole à la maison.

Revendiquer le droit à la PMA ce n’est pas revendiquer le droit à acheter du sperme, des ovules ou des embryons sur catalogue, c’est revendiquer le droit à une prise en charge médicale plus respectueuse, basée sur la gratuité et l’anonymat du don, envisagée non pas comme une solution miracle mais comme une possibilité délicate et complexe.

Contre un certain naturalisme [4]

Il y a longtemps que la procréation n’est plus un phénomène naturel. Les femmes ont lutté et continuent de se battre pour le droit à l’avortement, à la contraception, pour la liberté d’être autre chose que des matrices fécondables et fécondées, pour la possibilité d’exister. Il est parfaitement valable de s’opposer à la toute puissance que l’industrie, notamment pharmacologique, tente d’exercer sur nos corps et nos vies. Mais refuser la pilule parce qu’elle produit des déchets toxiques et provoque la féminisation de la population ou refuser la PMA parce qu’elle suppose l’utilisation de la génétique, c’est prôner un retour en arrière dangereux au lieu d’envisager une réappropriation des outils confisqués par l’industrie pharmaceutique [5].

En matière de parentalité, rien n’est naturel [6]. Faire des enfants au sein d’un couple hétérosexuel, les élever, les aimer et en tirer une satisfaction suprême ; c’est une injonction sociale, pas le rêve uniformément partagé de l’espèce humaine. Il s’agit donc là d’un construit social, d’un fait culturel. Si de nombreuses personnes souffrent du fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants et dramatisent leur stérilité ou si d’autres ont sans cesse besoin d’expliquer qu’elles n’ont pas envie d’en avoir et que cela ne fait pas d’elles des êtres égoïstes, c’est aussi parce qu’on nous intime quotidiennement l’ordre de procréer pour être des êtres épanouis et qui se réalisent (en ce sens le fameux « désir d’enfant » dont nous rebat les oreilles n’est pas une aspiration biologique et personnelle mais une réponse socialement construite à une injonction culturelle).

Progresser c’est accepter que certaines personnes souhaitent avoir des enfants avec lesquels ils ont un lien biologique, que d’autres préfèrent l’adoption, que d’autres encore ne veulent pas d’enfant. Séparer ces comportements entre ceux qui seraient naturels et ceux qui seraient culturels pour sous-entendre que les premiers sont bons et les seconds mauvais, que cela soit au nom du refus de la tyrannie technologique ou d’une quelconque morale religieuse est tout aussi réactionnaire et, surtout, dangereux.

Victor Madeleine & Samira Drexler

P.-S.

Nous avons récemment lu l’ouvrage d’Alexis Escudero La reproduction artificielle de l’humain et nous n’en sommes pas revenus... Ce que nous y avons trouvé relève du confusionnisme le plus évident. En juxtaposant des idées parfois intéressantes l’auteur construit ainsi par raccourcis, extrapolations, décontextualisations et amalgames un discours paranoïaque et, sous couvert de critique radicale de la technologie, totalement réactionnaire. Nous n’avons pas ici souhaité faire une réponse frontale à ce texte mais nous dénonçons clairement l’entreprise à laquelle se livre Alexis Escudero et les idées misogynes, LGBT-phobes et naturalistes qu’il répand en se revendiquant des idées libertaires alors que ses propos le classent dans la catégorie des défenseurs de l’ordre établi et de la morale la plus rétrograde qui soit.

Notes

[1] Voir à ce sujet un article paru dans le numéro d’octobre du magazine Causette, dont l’introduction est disponible en ligne.

[2] LGBTI : Lesbiennes Gays Bis Trans Intersexes

[3] Chacun jugera ici des propos d’Alexis Escudero sur le sujet. Il écrit ainsi dans son ouvrage « Avec l’insémination artificielle tout est tellement plus simple ! Un coup de téléphone et le sperme est livré à domicile. L’abolition du coït entre mâle et femelle supprime du même coup les risques de maladies sexuellement transmissibles. Plus besoin surtout d’entretenir un mâle à l’année, ce qui est contraignant et coûte trop cher pour le peu de fois qu’on s’en sert (et imaginez en plus s’il ne fait pas la vaisselle) » (La reproduction artificielle de l’humain, p.89). Pour notre part nous ne sommes pas encore revenus d’un tel concentré de sexisme, de lesbophobie et de beauferie assumée.

[4] Le naturalisme donne une valeur morale à ce qui est désigné comme « naturel », qui serait par conséquent intrinsèquement bon et donc supérieur ou meilleur que ce qui est désigné comme « culturel ». Pour les tenants du naturalisme, il conviendrait donc d’obéir à la nature et de s’opposer à la légitimité des faits culturels et des construits sociaux. C’est notamment le courant de pensée de référence des tenants de la Manif pour Tous et des opposants à la supposée « théorie du genre ».

[5] En 2008, Beatriz Preciado, philosophe et féministe, proposait de « mettre en pratique un féminisme moléculaire et post-pornographique » dans un texte foutraque et jubilatoire qui propose notamment une autre utilisation des hormones pharmaceutiques. Quitte à rêver de révolution, on peut préférer celle-là.

[6] D’ailleurs l’idée même de nature est une construction sociale. Pour reprendre les mots de Gaston Bachelard, « rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit ».


envoyé le 19 octobre 2014 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Compléments
  • 19 octobre 2014 12:57

    Bonjour,

    L’intro de cet article sur le site original (La Rotative) précisait :
    « Il y a quelques temps, un article intitulé Ni Manif pour tous, ni reproduction artificielle de l’humain était publié sur la Rotative. Cette tribune, signée par Alexis Escudero et Pièces et Main d’Œuvre, semble avoir pour vocation l’amorce d’un débat autour de la procréation médicalement assistée (PMA). C’est là le seul point avec lequel nous nous accordons avec les auteurs de l’article : un débat sur le sujet est nécessaire. Voici donc quelques éléments de réflexion. »

    Pour qu’un débat soit possible, il faut que tout le monde puisse causer. Par « tout le monde », je veux dire, tous les participants au débat. On s’accordera sur le fait que les réacs type Manif pour tous ou les fachos type Printemps français doivent être tenus loin de nos débats. Par contre, si un débat sur la PMA doit avoir lieu à gauche, ou bien chez les libertaires, il serait bon que tous les gens de gauche, ou tous les libertaires, puissent s’exprimer.


    Or,
    si on veut débattre, on peut le faire sur internet (en mode forum), ou par voix de textes construits, ou encore de vive voix. Et dans ce(s) cas il faut 1/ que des lieux ou des sites accueillent ce débat (et j’ai l’impression que c’est la vocation des sites du genre Indymedia ou Rebellyon) et 2/ qu’on évite de s’insulter en se rejetant hors du champ du débat (exemple : "Escudero tient des propos misogynes, homophobes, lesbophobes, transphobes, masculinistes, naturalistes etc etc etc etc etc).


    En bref, si on veut un débat, il faut des lieux, des participant-e-s, et des arguments.

    L’article « Contre La Manif pour Tous, contre le Collectif pour le respect de la personne - Contre la reproduction artificielle de l’humain » (d’Alexis Escudero et PMO) vient semble-t-il d’être retiré de Rebellyon par le collectif éditorial ; comment un débat est-il possible si les libertaires qui amènent le débat se font sortir du débat sous le prétexte qu’ils ne sont pas libertaires ?
    J’en perds mon latin.

    Que le débat soit chaud,
    Que des gens soient heurtés dans leurs convictions,
    Que des gens soient heurtés dans leurs pratiques,
    Que nous ayons des divergences politiques entre nous,
    Que le ton de certains participant-e-s soit vif,
    Qu’on s’engueule pour de vrai,
    c’est pas toujours facile et ça va tous et toutes nous faire réfléchir et peut-être avancer.

    Mais pour cela il faut que le débat ait lieu.
    On ne peut décemment pas laisser à la droite et à l’extrême-droite la critique de la PMA et de la GPA. Ils la feront (la font déjà) avec leurs arguments en effet homophobes et naturalistes.
    Escudero ne s’inscrit clairement pas dans cette dynamique (entre autres, écouter http://www.franceculture.fr/œuvre-...). L’assimiler à la Manif pour tous, c’est rater la compréhension de ce qui se joue politiquement en ce moment (et accessoirement à mon avis faire preuve de mauvaise foi).
    Enfin, que des gens veuillent l’assimiler, pourquoi pas. Mais ou ce débat aura-t-il lieu ?
    De nombreuses (pas toutes) associations LGBT ont fait leur la revendication du droit à la PMA et à la GPA. Contester ces technologies revient-il à être homophobe ? Dans ce cas il y a des lesbiennes féministes lesbophobes et anti-féministes (Marie-Josèphe dans son livre « Adieu les rebelles » par exemple). Donc l’argument disqualifiant « lesbophobe » ne marche pas : c’est un débat politique. Ayons le courage de l’avoir. Engueulons-nous. Pointons nos désaccords. Mais par pitié ne laissons pas ce débat sous le tapis en disant que celles et ceux qui veulent l’avoir sont des fascistes homophobes.

    C’est une chose d’employer des arguments (que je trouve) de mauvaise foi, c’en est une autre d’empêcher le débat en disqualifiant les adversaires et en exigeant qu’ils disparaissent et qu’ils soit rejetés de notre communauté politique.

    Signé :
    un anarchiste globalement d’accord avec les idées développées par Escudero et trouvant son ton un peu trop pamphlétaire ; et qui aimerait bien qu’on se cause des problèmes plutôt que de faire comme si ils n’existaient pas.

  • 20 octobre 2014 09:49

    Ce texte se veut une réponse à la publication d’un tract contre la manif pour tous et contre la reproduction artificielle de l’humain par Escudero et PMO. Il multiplie les critiques de mauvaise foi, caricature les propos des auteurs pour mieux les attaquer, et répond à côté de la plaque. Démontage en 4 points, citations à l’appui.

    — -

    1- « La PMA n’est donc pas exactement une solution miracle et peu fatigante destinée uniquement à la caste des bourgeois riches et eugénistes pressés d’obtenir l’enfant idéal par catalogue et aucune femme n’y a recours parce qu’elle trouve cela plus agréable que d’avoir une relation sexuelle avec son conjoint. Si des dérives eugénistes existent, elles ne justifient ni de généraliser hâtivement sur des situations complexes, ni de mépriser les souffrances de personnes qui ont été contraintes de recourir à cette béquille technologique »

    PMO ou Escudero n’ont jamais prétendu que la PMA était une partie de plaisir. Dans le livre d’Escudero, on trouve notamment ce témoignage :

    « J’ai deux enfants, deux bébés nés par ICSI (fécondation in vitro [FIV] avec injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) nés en 2008 et 2011. Mon parcours d’AMP a commencé en 2004 et j’ai eu mon premier enfant au bout de 11 tentatives : 5 inséminations, 1 FIV qui n’a pas produit d’embryon, 5 ICSI. Au fil des mois, l’AMP c’est une vie rétrécie, rythmée par les injections quotidiennes, les prises de sang, les transferts et les règles qui, inéluctablement, arrivent. Les règles peuvent arriver n’importe quand, avant un rendez-vous professionnel important, un 31 décembre chez des copains, et c’est à chaque fois un chagrin sans nom. Chaque jour de règles est une punition. »

    Et cette citation d’Agacinski :

    « Dans bien des pays où prospère l’industrie des bébés, on laisse largement dans l’ombre le fait que le “don d’ovocyte” n’a rien d’une partie de plaisir : il suppose d’abord un blocage des ovaires grâce à un traitement spécial (leuroprolide) qui peut provoquer des effets secondaires, comme la tacchycardie ou la baisse de densité osseuse. On pratique ensuite des injections quotidiennes pendant au moins dix jours pour stimuler les ovaires et produire suffisamment d’ovocytes (une femme n’en délivre normalement qu’un par cycle). Ce traitement est dangereux puisqu’il est capable de provoquer un syndrome d’hyperstimulation ovarienne (OHSS) dont les formes peuvent être légères, mais aussi sévères, voire mortelles. Les femmes qui subissent ce traitement à des fins personnelles, pour augmenter une fertilité insuffisante ou dans le cadre d’une fécondation in vitro, ne cherchent pas à obtenir plus de 7 ou 8 ovocytes, mais celles qui vont vendre leurs cellules à Kiev ou à Chypre savent qu’elles auront droit à une prime si elles produisent davantage. »

    D’ailleurs, pour certaines camarades féministes le fait que ces souffrances soient toujours supportées par des femmes, et infligées par une institution médicale patriarcale constitue à lui seul un réquisitoire contre la reproduction artificielle.

    –—


    2- « Mais refuser la pilule parce qu’elle produit des déchets toxiques et provoque la féminisation de la population ou refuser la PMA parce qu’elle suppose l’utilisation de la génétique, c’est prôner un retour en arrière dangereux au lieu d’envisager une réappropriation des outils confisqués par l’industrie pharmaceutique. »

    Ni PMO ni Escudero n’ont prétendu qu’il fallait refuser la pilule parce qu’elle provoquerait la féminisation de la population. Escudero mentionne les hormones de synthèse « utilisées chez l’humain (traitements médicaux, traitements de l’infertilité), mais surtout dans l’élevage industriel. » Il n’est pas question de la pilule. Et pour cause, l’article cité en source et intitulé : « Are Oral Contraceptives a Significant Contributor to the Estrogenicity of Drinking Water ? » explique justement que la pilule n’a qu’une influence négligeable dans la pollution hormonale. Ce sont – si l’on en croit cette étude - les hormones utilisées dans l’élevage qui posent problème.

    Venons en à la « réappropriation des outils confisqués par l’industrie pharmaceutique ». Si vous parlez de l’insémination artificielle : allons-y gaiement : c’est la technique du pot de yaourt et sa médicalisation est une aberration. Escudero n’y est {a priori} pas opposé puisqu’il précise en introduction que l’insémination à domicile n’est pas la PMA. En revanche, je vous souhaite bien du courage pour vous réapproprier la fécondation in vitro. Précisons d’abord que ces outils n’ont jamais été « confisqués » par l’industrie pharmaceutique : ils ont été pensés et mis au point par elle pour elle. Ils n’ont jamais été à la portée des sans pouvoir. La FIV et le diagnostic pré-implantatoire nécessitent des laboratoires, des outils technologiques, des savoir-faire qui ne sont pas appropriables par le commun des mortels. Ils nous condamnent à la soumission aux experts pour pouvoir procréer. Des experts en blouse blanche, généralement masculins, et qui au final prendront toujours les décisions à la place des couples, et des femmes en particulier.

    –—

    3- « En matière de parentalité, rien n’est naturel. Faire des enfants au sein d’un couple hétérosexuel, les élever, les aimer et en tirer une satisfaction suprême ; c’est une injonction sociale, pas le rêve uniformément partagé de l’espèce humaine. Il s’agit donc là d’un construit social, d’un fait culturel. Si de nombreuses personnes souffrent du fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants et dramatisent leur stérilité ou si d’autres ont sans cesse besoin d’expliquer qu’elles n’ont pas envie d’en avoir et que cela ne fait pas d’elles des êtres égoïstes, c’est aussi parce qu’on nous intime quotidiennement l’ordre de procréer pour être des êtres épanouis et qui se réalisent (en ce sens le fameux « désir d’enfant » dont nous rebat les oreilles n’est pas une aspiration biologique et personnelle mais une réponse socialement construite à une injonction culturelle). »

    Vous laissez entendre que PMO et Escudero ignorent cela. Mais c’est exactement ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent « d’injonction sociale à la maternité/paternité » ou disent que « Faire des enfants n’est ni un droit, ni une obligation. ». PMO expliquait cela – et mieux que vous - il y a 10 ans déjà :

    « On reste perplexe devant tant d’acharnement procréateur. Devant ce désespoir des bréhaignes. Peut-on suggérer qu’il n’y a nulle honte à la stérilité, nulle gloire à la génération, nul impératif moral ou physique à se reproduire ? Que l’infécondité n’entraîne ni douleur, ni dégâts corporels ? Que des dizaines de maux autrement cruels nous harcèlent, ne serait-ce que du point de vue médical, qui exigeraient les moyens gaspillés dans ces hautes technologies populatoires ? Que la civilisation, enfin, n’est pas un haras ?

    On ne fait plus, en Occident du moins, d’enfants bâtons de vieillesse. On en fait peu pour les allocations. On n’invoque plus guère la nécessité de transmettre l’héritage, de perpétuer le nom ni la lignée - plus souvent la volonté de sceller le couple -, mais « La Vie » , « l’Amour de la Vie », « des Enfants » , côtent au plus haut de la bourse des valeurs.

    Ce que disent en fait les géniteurs, c’est que pour cet acte au moins, ils se replient en deçà de l’intellect, dans l’instinct animal, voire dans le mécanisme végétal. Ils font des enfants comme les arbres portent des fruits, et les animaux, des petits. Cékomça. Et questionner cette pulsion inéluctable les « agresse » jusqu’au sacrilège, tant le sacré, ultima ratio , finit toujours par ressortir. Dans la plus technifiée des sociétés, ils affectent ainsi avec cette nature à qui ils payent leur dû à bon compte, un lien privilégié, ineffable et prestigieux.

    Vous pensiez vous faire vous même ? Qu’on ne naissait point mère, père, voué à l’instinct génésique ? Repentez-vous. Le prêchi-prêcha New Age (Mère Terre, Gaïa), mâtiné d’éco-féminisme (la « nature féminine » ), revigore le radotage religieux. Votre corps décide pour vous. Que dis-je votre corps ! Vos gènes, dont votre corps n’est que l’éphémère véhicule, imposent leur transmission. Vous voici en dette, somme de rendre la Vie que vous avez reçue, au motif de perpétuer celle-ci, l’espèce, ou de faire à un inconnu (l’Enfant), le don que des inconnus (les parents), vous ont fait. Et quand bien même vos gènes défailleraient, que votre corps se refuserait à la reproduction, on a vu que la technologie volerait à votre secours pour remédier à cette terrible souffrance psychique : le mal d’enfant. »

    ( http://www.piecesetmaindœuvre.com/... )
    –—

    4- « Séparer ces comportements entre ceux qui seraient naturels et ceux qui seraient culturels pour sous-entendre que les premiers sont bons et les seconds mauvais, que cela soit au nom du refus de la tyrannie technologique ou d’une quelconque morale religieuse est tout aussi réactionnaire et, surtout, dangereux. »

    Encore une fois, ce n’est pas du tout ce que fait Escudero. Pas plus que PMO. Vous travestissez leur propos. Escudero ne cesse de répéter que la nature n’est ni bonne ni mauvaise, et que la nature n’est pas un critère qui doit intervenir dans les choix politiques. Voyez ce passage du livre :

    « Dans le sillage des Lumières, la gauche avait fait sienne l’idée qu’un ordre naturel, quasi-divin, devait céder la place à la Raison « la faculté de bien juger, de discerner le vrai du faux, le bien du mal », pour organiser la société des hommes. Elle pensait à juste titre que le caractère naturel ou non d’un objet – sa « naturalité » – ne constituait pas un critère moral et politique pertinent pour décider de l’organisation de la cité. »

    C’est tout de même assez clair non ? Relisez aussi cet extrait de son interview dans la décroissance (publiée sur le site du Monde à l’Envers) :

    « La gauche confond nature et idée d’ordre naturel. La nature c’est ce qui naît, l’inné, ce qui est donné à chacun à la naissance et n’est le produit ni de la construction sociale, ni d’un quelconque artifice. Cette nature existe évidemment et nous impose de nombreuses contraintes : une femme ou un homme seul ne peut pas faire d’enfants, deux hommes ou deux femmes non plus. L’ordre naturel en revanche est un fantasme, qui légitime les inégalités sociales au nom de la nature.

    La gauche libérale jette la nature avec l’eau du bain. Croyant couper l’herbe sous le pied de la droite et des réactionnaires, elle rejette en bloc les contraintes biologiques et physiologiques qui s’imposent à nous (pour le pire et pour le meilleur), et qui font de nous des êtres humains, des animaux politiques. Elle développe une conception de la liberté exclusivement libérale, individuelle et consumériste, qui fait de l’abolition de la nature son unique critère. Est bon ce qui est artificiel, est mauvais ce qui est naturel. Évidemment, le recours au marché et à la technologie est l’unique horizon de cette fausse liberté.

    Or la nature n’est ni bonne ni mauvaise, et l’abolition de la nature n’est pas synonyme d’émancipation. A l’ère du capitalisme technologique, la lutte pour l’émancipation de la nature qui fut facteur d’émancipation, se paye désormais au centuple en soumission au capitalisme et à la technologie. »

    En somme : Escudero explique que s’émanciper de la nature n’est pas en soi un progrès. Pas plus que de se conformer à la nature n’est quelque chose de positif. Tout est question de choix politique : préfère t-on accepter certaines contraintes biologiques ou physiologiques ou nous soumettre à l’État, au marché et à la technologie ? Dire cela, ce n’est pas être naturaliste ou réactionnaire.

    –—

    En somme : que de « raccourcis, extrapolations, décontextualisations et amalgames » produisant « un discours paranoïaque » dans votre article ! Ce que vous reprochez à Escudero s’applique à l’essentiel de votre propos.

    J’espère que vous saurez en tenir compte. Car ces précisions apportées, un vrai débat peut commencer. Il y a en effet de gros désaccords entre vos positions et celles de PMO/Escudero. Pour ne citer que les plus importants :

    → Vous semblez faire confiance à l’État, pour réguler le marché de la PMA et limiter les dérives eugénistes de la PMA. PMO et Escudero non.
    → Vous invoquez l’égalité pour justifier l’ouverture de la PMA aux lesbiennes et femmes seules – en somme aux femmes fertiles. Escudero dirait que vous confondez égalité politique et identité biologique, et que cette conception ouvre la voie au transhumanisme.
    → Vous semblez penser que la technologie est neutre, et que les sans-pouvoir pourraient se la réapproprier. Escudero et PMO, c’est tout le contraire.

    C’est de cela qu’il faut parler. Mais avec un minimum d’honnêteté.

  • 20 octobre 2014 09:51

    J’ajoute que la note n°3 de l’article détourne une citation d’Escudero de manière complètement malhonnête. Escudero parle à ce moment-là des bovins, et vous reprenez ses propos en faisant croire qu’il parle des humains. Oui, pour les agriculteurs, c’est tellement plus simple de recourir à l’insémination artificielle, alors que ce n’est pas le cas pour les humains. Et la boutade sur la vaisselle prend un tout autre sens avec des taureaux : elle joue alors sur l’anthropomorphisme.

    La citation dans son contexte complet :

    Chez les bovins, il n’a pas fallu attendre que la pollution chimique stérilise l’ensemble des bestiaux, pour faire de la reproduction artificielle la seule et unique façon de se reproduire. Dès les années 1940, la rationalité technicienne qui s’étend à l’agriculture pousse les paysans – désormais « exploitants agricoles » – à adopter l’insémination artificielle. En quelques années, la majorité d’entre eux opte pour le procédé.

    « Avec 5 258 136 vaches inséminées artificiellement en 1961 (4 622 147 en 1960, 3 964 687 en 1959) la France se classe au troisième rang dans le monde pour le nombre, alors qu’elle ne tient que le cinquième rang pour le pourcentage du cheptel soumis à cette technique. […] Quatre-vingt-quatre centres d’insémination fonctionnent en France en 19611. »

    Avec l’insémination artificielle, tout est tellement plus simple ! Un coup de téléphone et le sperme est livré à domicile. L’abolition du coït entre mâle et femelle supprime du même coup les risques de maladies sexuellement transmissibles. Plus besoin surtout d’entretenir un mâle à l’année, ce qui est contraignant et coûte trop cher pour le peu de fois que l’on s’en sert (et imaginez en plus s’il ne fait pas la vaisselle). Mais le véritable intérêt de cette technique est d’améliorer le rendement des troupeaux en offrant aux agriculteurs le meilleur matériel génétique.

  • 21 octobre 2014 09:40, par idiot sans diplômes

    bonjour, je comprend que l’hypothèse de pouvoir fabriquer des être humains industriellement un jour fasse froid dans le dos.
    Mais comprenez bien que la position de Pièces et Main d’Œuvre sur la PMA illustre d’abord, et c’est ce qui énerve beaucoup de monde, leur dogmatisme insoutenable politiquement et concrètement :
    selon PMO on ne doit pas transiger avec La Technologie mais s’opposer frontalement à tout. Tout ceux et celles qui cherchent des alternatives ou des réappropriations dans certains domaines, et qui ne disent pas non à TOUT ce qui est technologie, ceux-là et celles-là seraient des méchants transhumanistes. J’invente rien, vous pouvez l’entendre de la bouche même des 2 leaders du groupe.

    Elle pose beaucoup de problèmes cette ligne politique, car d’abord oui il faut s’opposer à certaines technologies (nanotechnologie, biologie de synthèse, OGM j’en passe...) qui en pratique nous amènent plus la mort et l’esclavage que de réels bénéfices émancipateurs. Mais sur le fond, une des perspectives critiques fondamentales que PMO a réussit à faire presque complètement disparaitre, c’est que l’évolution de la technique apporte d’abord des paradoxes pour l’humanité : avancées qui nous libèrent sur certains points et paradoxalement nous entravent sur d’autres. Toute l’histoire de la technique est faite de ça. Donc les thèse dogmatiques et à la limite de la conspiration (tout ce qui est contre nous est transhumaniste), ça devient vite ridicule.
    Autant je pense qu"il est bon de contrer l’idée que la technologie est toujours neutre, qui est un non sens et qui nous empêche d’avancer de façon critique, autant l’inverse, PMO et le non catégorique à tout, ça ne fait PAS avancer la construction d’un esprit critique grenoblois. Et je ne suis pas ingénieur pour dire ça ;)

    Autre chose, d’un point de vue purement pratique PMO utilise indymedia, distribue des textes radicaux en PDf et fait touner un site web, autant d’outils qui ont aussi beaucoup participé à l’impact de leur discours, et autant de « technologies » qui, si on s’en réfère aux ouvrages de PMO fonctionnent en grande partie grâce à de vilains hacker transhumanistes. C’est pas un peu consternant cette contradiction alors qu’il est préconisé par la vraie doctrine PMiste de ne même pas collaborer avec le méchant milieu de l’informatique « libre » par exemple ? Bref...

    En résumé :
    PMO a fait un bon travail de synthèse d’articles et de connaissances sur des sujets que peu de personnes suivaient il y a 10 ans, comme les nanotechnologies entre autres. C’est pour ça qu’ils/elles sont une référence aujourd’hui.
    Mais aujourd’hui PMO est à coté de la plaque, c’est mon avis personnel, mais je crois qu’il est partagé par quelques autres personnes. Leurs prises de positions pour un certain « patriotisme révolutionnaire », contre la musique électronique qui ferait de nous des machines, contre les hackers qui seraient absolument tous/tes des transhumanistes déguisés, et aujourd’hui contre la PMA avec un argumentaire naturaliste, sont de bien tristes exemples...

  • 21 octobre 2014 09:44, par idiot sans diplômes

    ...erreur erreur : dans mon dernier commentaire j’ai parlé de l’argument « patriotique révolutionnaire » de PMO, je voulais dire « patriotisme républicain ». Pour les curieux et curieuses c’est là : http://www.piecesetmaindœuvre.com/...

  • 22 octobre 2014 16:13, par Mirella

    Pour être lectrice de PMO depuis quasiment les premiers textes (de mémoire, je dirais 2003/2004), je suis consternée de tes commentaires qui prouvent, a minima, que tu ne lis pas PMO mais sans aucun doute les commentaires qui circulent avec tant de délectation ignorante sur le web.

    PMO critique la technologie et pourtant utilise Internet ? Dingue ! personne n’y avait jamais pensé !
    Hélas pour toi, ils ont pris la peine de répondre à cet argumentoc et de développer en longueur cette question dans la postface de leur bouquin sur le téléphone portable. Mais il est vrai que cela nécessite de lire un livre de PMO.

    Ce que je préfère, dans ton commentaire non diplômé, c’est ça : « Une des perspectives critiques fondamentales que PMO a réussit à faire presque complètement disparaitre, c’est que l’évolution de la technique apporte d’abord des paradoxes pour l’humanité : avancées qui nous libèrent sur certains points et paradoxalement nous entravent sur d’autres. Toute l’histoire de la technique est faite de ça. »

    En somme, tu nous apprends que la technologie (PMO parle de technologie et non de technique, et explique la différence « fondamentale » entre les deux, mais passons), donc, la technologie aurait des bons et des mauvais usages, tout dépend de ce qu’on en fait - et ça aurait échappé à nos luddites. Si ça se trouve, personne n’a jamais osé les informer de cette « perspective critique fondamentale », zut.

    A ce stade, ceux qui, comme moi, sont des lecteurs de PMO comme de bien d’autres auteurs du courant anti-industriel et critique des technologies depuis les années 50 n’éprouvent qu’un sentiment : la pitié lasse. Allez, peut-être un peu de colère aussi contre tant de mauvaise foi ignorante. Ton commentaire est la preuve par l’exemple de l’urgence de la proposition première de PMO : il faut réapprendre à penser par soi-même. A lire, à comprendre, à forger son propre raisonnement. Il y a du boulot.

  • 23 octobre 2014 16:44, par idiot sans diplômes

    Mirella : merci de votre pitié.

    je suis consternée de tes commentaires qui prouvent, a minima, que tu ne lis pas PMO mais sans aucun doute les commentaires qui circulent avec tant de délectation ignorante sur le web.

    Quelques textes de PMO me sont restés en travers de la gorge à vrai dire. J’en ai peut-être lu moins que vous, et peut-être que certains autres étaient vraiment très bons (avant que ça commence à devenir la grande conspiration transhumaniste ?). Mais certains de ces ouvrages en question sont déjà par moments si caricaturaux qu’ils effacent surement la médiocrité de mes propres commentaires...

    J’invite bien sur tout le monde à lire les textes de PMO pour se faire sa propoe idée. Mais par exemple, à titre d’amuse-gueule, un texte qui nous apprend que les artistes vendus sont des vendus, et que la Techno nous transforme en machines (un grand moment de réflexion) :
    http://www.piecesetmaindœuvre.com/...

    Et un autre, que PMO fait circuler sans en être l’auteur, qui nous apprend que les minorités qui ralent détruisent notre unité nationale :
    http://www.piecesetmaindœuvre.com/...

    J’ai pas le courage de chercher le texte sur les hackers, mais il plaira à tout-es les personnes politisées qui ont le malheur d’utiliser des logiciels libres en trouvant ça mieux que le modèle propriétaire...

    En somme, tu nous apprends que la technologie (...) aurait des bons et des mauvais usages, tout dépend de ce qu’on en fait

    Ce que je dis ce n’est pas exactement que la technologie a de bons et de mauvais usages. Si vous avez fait attention j’ai précisé que la pensée de la « technologie neutre » est à critiquer fortement. Ne me faites pas passer pour un naïf « neutre ». Il faut critiquer les technologies. Mais j’espère qu’après 10 ans de culture PMO on arrivera quand même un jour à le faire autrement que l’auteur Alexis Escudero.

    PMO critique la technologie et pourtant utilise Internet ? Dingue ! personne n’y avait jamais pensé !

    Je ne veux pas transformer les commentaires en messages personnels, mais par rapport aux ordinateurs et aux sites web, je me fous pas mal que PMO se soit justifié là-dessus en long et en large. Ce qui m’insupporte c’est qu’ils se permettent d’utiliser ces moyens tout en étant catégoriques envers tout-es ceux et celles qui cherchent des compromis acceptables ou intéressants (politiquement et stratégiquement) : « NON », « ça fait de nous des machines », « c’est le transhumanisme »... J’en ai assez entendu en public de la bouche des intéressés pour me permettre de rappeler ce qui vous semble à vous être le degré zéro de la réflexion. Et ça ne concerne pas que le domaine de l’informatique, mais bon c’est vrai que les personnes qui changent de sexe ne sont que des consommateur/ices qui s’ennuient, et les handicapé-es qui apprécient quelques améliorations de leurs conditions de vie sont déjà des disciples transhumanistes. En plus je sens que tout ces terrains là sont beaucoup trop triviaux pour vous pour être des vrais exemples des paradoxes techniques et technologiques dignes d’intéret.

    Faut vraiment m’excuser car j’ai pas fait d’études...

  • 24 octobre 2014 01:51, par idiot sans diplômes

    Allez après j’arrête promis. Le commentaire de mirella m’a un peu poussé à relire PMO et je ne résiste pas au plaisir de citer dans le texte :

    La technologie, c’est le front principal de la guerre entre le pouvoir et les sans-pouvoir, celui qui commande les autres fronts. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas d’autres fronts, mais que chaque innovation sur le front de la technologie entraîne en cascade une dégradation du rapport de forces entre le pouvoir et les sans-pouvoir sur tous les autres fronts.

    Il y a déjà tellement de raccourcis et d’approximations dans cette vision politique ultra-idéalisée que ça devient vraiment difficile de pouvoir apporter un peu de critique personnelle justement. Comment voulez-vous essayer de « penser par soi-même » quand PMO arrête la conversation avec cet argumentaire total.

    Savez-vous qu’il y a des domaines de la technologique ou certaines avancées créent des potentiels qui font précisément l’inverse de ce que vous prétendez là ? A savoir que des nouveaux outils ou protocoles renversent complètement le rapport de force dont vous parlez ? Un seul exemple, probablement le plus important pour ceux et celles qui scrutent les conditions propices au changement social, et probablement l’exemple le plus méconnu par PMO, est celui de la décentralisation informatique. Appliqué entre autres dans des protocoles tels que l’échange d’information en pair à pair, cela porte des germes de révolution politiques, économiques et sociales bien réels. Savoir si tous les changements sont bons est une autre histoire, mais en tout cas vous avez avec ça des exemples concrets des paradoxes dont je parlais. Si vous (mirella) ne voyez vraiment aucun intérêt à ça (la décentralisation informatique) c’est que malgré vos lectures des auteurs de référence vous n’êtes pas vraiment assez au courant. L’expérience pratique et la curiosité aussi ça forge l’esprit critique.

    Et pourtant, et pourtant, je suis d’accord sur le fait qu’on devrait arrêter et rejeter certaines recherches. Mais on ne peut plus en discuter sur les bases que posent PMO...

  • 25 octobre 2014 14:26, par Pouet

    Pour introduction, je tiens à préciser que je n’ai ni lu le livre d’Alexis Escudero ni ne suit PMO depuis 10ans mais trouve une source riche d’information et de réflexion dans leurs écrits. Et malgré une approche qui ne me convient pas entièrement, je trouve que leur critique de la technologie est à mettre en avant.

    - 
    Il me semble que la critique de fond apportée par cet article -mis à part un P.S un ptetre un peu bourrin- n’est pas une remise en question fondamentale de PMO et Alexis Escudero :

    ·il apporte simplement une nuance, primordiale selon moi, à leur discours qui se répand de plus en plus et qui, malheureusement, n’est pas toujours clair -ou pas bien compris selon eux...- pour le commun des mortels qui ne connaîtrai pas PMO et Alexis Escudero par cœur.
    En ce sens il a tout à fait sa place dans le « débat » -j’en ai marre des rappels à l’ordre quand on dépasse ses supposés règles, on est sur internet là, pas dans un squat de copains autonomes libertaires- sur la PMA.
    Et je crois qu’ici, à aucun moment ils n’ont été assimilé à la manif pour tous.

    - Ce serait une erreur de considérer que les luttes LGBTQI, féministes, antinaturalistes -et pas que les versions associatives nationales- sont si bien acceptées de nos jours, qu’il ne reste là dessus que les fanatiques de la Manif Pour Tous et qu’il faudrait ainsi dépasser ce stade « frein à la construction d’un véritable esprit critique »...
    Remettez les pieds sur terre et confrontez vous à la réalité et pas que dans dans vos milieux libertaires, universitaires, vos tranches d’âges etc...

    ·On peut tout à fait critiquer certaines dérives comme le cyber-féminisme, le transhumanisme, l’idée de l’égalité biologique contre l’égalité sociale etc... Mais il est vraiment important de clarifier son propos pour ne pas jouer le jeu en sens inverse, tous les gens qui vous lisent et vous écoutent ne sont pas forcément des alliés libertaires machin truc, et ce même sur des plateformes dédiées.
    Je suis pour le progrès social et je trouve important de le mettre en avant lorsque j’expose certaines idées contre une certaine forme de « progrès » que je critique, comme le le progrès technologique.

    - Signé :
    une personne qui n’aime pas qu’on signe en se mettant anarchiste ou libertaire pour avoir une couverture idéologique -Etienne Chouard se dit anarchiste...- et qui en profite pour dire qu’elle n’aime pas qu’on résume la remise en cause de l’idée de nature et l’antispécisme à quelques « divagations/maladresses » anti-écologie -bien que ce mot soit pourri par les réactionnaires de tous poil- et anti-prédation -bien que les chasseurs soient mes ennemis- parues dans les cahiers antispécistes, en fRance dans les années 90. Si bien sur je cerne bien de quoi il est question (c’est récurrent)...

    (désolé j’arrive pas à sauter des lignes)


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