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ÉTErnel recommencement ?
envoyé le 05/07/18 Mots-clés  Répression / Contrôle social  Révoltes / Luttes sociales 

Chaque été réserve son lot d’assassinats policiers. Le 3 juillet 2018. 20h30, quartier du Breil à Nantes. Un homme de 22 ans, au volant de sa voiture, se fait buter à bout portant par les flics, lors d’un contrôle. Ça aurait pu être toi, un proche, un de tes potes...

Comme à chaque fois dans de pareilles circonstances, l’État et ses flics n’hésiteront pas à dissimuler les faits ou à justifier un énième meurtre dont ils sont les seuls responsables : ils tenteront de justifier sa mort en affirmant que c’était un voyou, un criminel qui subvenait à ses besoins par les chemins de l’illégalité, qu’il a cherché à tuer un flic en l’écrasant... Nous répondons d’une part qu’on se fout de la vie de ces flics qui pourrissent notre existence en permanence. D’ailleurs, ne sont-ils pas payer à recevoir (un peu de) la violence sociale qu’ils exercent au quotidien ? D’autre part, ce sont les riches et l’État qui définissent dans ce monde ce qui est légal ou pas, ce qui est bien ou mal, ce qui est punissable ou pas. On se fout également de savoir s’il serait considéré « innocent » ou « coupable » : ces termes ne sont pas les nôtres et nous refusons de parler le langage du pouvoir et de sa justice.

S’en est suivie une révolte dans plusieurs quartiers nantais. Les flammes et les caillasses ont brisé la paix sociale tant souhaitée par les assoc’ et autres travailleurs sociaux. Des bâtiments de l’État et du Capital (annexe de la mairie, bibliothèque, Maison des Associations, centre commercial...) ont été livrés aux flammes vengeresses, des rangées d’uniformes casqués se sont en retour mangé pierres et cocktails Molotov. Pas de banderoles ni de tracts. Parce que quoi de plus audible dans de pareilles circonstances que de parler le langage de la révolte contre tout ce qui nous opprime ?

Où la police sévit est piétiné toute dignité humaine. Son action quotidienne renforce notre aversion pour cette institution. Elle marque la chair, incarcère, tue. Elle ne sait que briser des vies.

Alors quoi de plus naturel que d’éprouver une haine viscérale pour ces brutes en uniforme et de leur rendre la monnaie de leur pièce au moment venu ? Elles qui ont fait le choix de défendre coûte que coûte les riches et les dominants, de se défouler et de s’acharner sur celles et ceux qui galèrent, n’ont pas les bons papiers ou le bon faciès, qui trouvent des subterfuges (illégaux) pour survivre ou se lancent dans l’arène incertaine de l’émeute.

Mais comme après chaque assassinat policier, des voix s’élèveront à la fois pour ramener le calme, que ce soit à travers celles de la sacro-sainte famille de la victime, des mères ou des grands frères, des chefs religieux et communautaires qui veulent nous faire accepter cette misère mortifère sans broncher, en brisant les éclats d’individualités sauvages et révoltées, mais aussi pour réclamer justice, ce qui consiste à demander à l’État de reconnaître un crime et/ou de punir le flic à la gâchette facile, alors même que c’est l’État qui l’a armé et lui a étendu ses possibilités de « légitime défense », l’a mandaté pour faire respecter son autorité. N’attendons rien de la part de l’État. Quant à la vérité, on la connaît depuis trop longtemps : l’État et sa police sera toujours l’ultime rempart à un monde de liberté.

C’est en faisant table rase de ce système de domination (police, justice, travail, prison, propriété, argent...) que nous pourrons enfin vivre vraiment.

En attendant, soufflons sur les braises de toute révolte contre la police et le monde qu’elle défend !

QUE CE MONDE D’AUTORITE REPOSE EN CENDRES !


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